Une bande dessinée éducative pour promouvoir et éduquer à la prévention de la tuberculose

En France la tuberculose n’est pas éradiquée. Bien au contraire... Afin d’inciter les parents à vacciner leurs enfants une BD vient d’être réalisée à l’occasion des 100 ans du BCG. 

 

Il y a quelques jours on a parlé vaccin dans le salon d’honneur de l’hôtel de ville de Chalon. Mais pas de celui qui nous intéresse depuis maintenant plus d’un an. On a parlé du BCG et de la maladie contre laquelle il immunise, la tuberculose. Car il  y a juste 100 ans, le 18 juillet 1921, à la crèche de l’hôpital de la Charité à Paris, le bactériologiste Albert Calmette et le vétérinaire Camille Guérin, de l’Institut Pasteur de Lille, testaient avec succès sur un nourrisson de mère tuberculeuse le premier vaccin contre la tuberculose, sur lequel ils travaillaient depuis 1908. Un vaccin qui allait passer à la postérité sous la dénomination de BCG pour « Bilié de Calmette et Guérin ».

Le parcours de santé d’une maman enceinte et de son bébé

A l’occasion du centenaire de cette grande première médicale, le docteur Cyrille Rault, responsable du CLAT 71 (Centre de lutte antituberculeuse de Saône-et-Loire), et Maryse Picart, en charge du secrétariat dudit CLAT, ont eu l’idée de réaliser une BD éducative, consacrée notamment à l’histoire de la tuberculose et à sa prévention à travers le parcours de santé d’une maman enceinte et de son bébé jusqu’au rendez-vous vaccinal. Cyrille Rault et Maryse Picart se sont occupés du scénario tandis que les dessins étaient confiés à l’illustratrice francilienne Luby.
Une idée résultant d’un constat surprenant. Alors que l’incidence annuelle de la maladie était en baisse constante depuis le milieu du 20e siècle, en France le nombre de cas de tuberculose par an a franchi à nouveau la barre des 5 000 en 2017 pour atteindre 5 092 cas en 2018. Rendue obligatoire en 1950, la vaccination par le BCG a été suspendue officiellement en juillet 2007. Rappelons que la tuberculose est une maladie infectieuse, qui peut toucher tous les organes, mais que la tuberculose pulmonaire est de loin la plus fréquente. Elle tue encore chaque année 1,2 million de personnes dans le monde, dont 500 à 600 en France.

Tirée à 7 000 exemplaires

En concevant cette BD les deux auteurs ont souhaité faire une œuvre vulgarisatrice destinée aux jeunes parents et visant à la promotion et à l’éducation à la santé des populations cibles du BCG : les enfants issus de l’immigration ou aux antécédents de tuberculose familiale. Tirée à 7 000 exemplaires, la bande dessinée, au titre évocateur « Le BCG contre la tuberculose : la Bienveillance d’un Centenaire interGénérationnel » va être distribuée dans un premier temps dans les maternités et services de pédiatrie de Saône-et-Loire et dans les CLAT de Bourgogne Franche-Comté.
Cela valait bien une réception, présidée par Gilles Platret, en mairie de Chalon pour lancer officiellement la BD. Avant de passer la parole à Marie Mercier, sénatrice de Saône-et-Loire, qui a joué un rôle important dans la concrétisation du projet, Gilles Platret a rappelé que ce n’était pas d’aujourd’hui que la lutte contre la maladie mobilisait les équipes de chercheurs.

Morts de la tuberculose

Dans un premier temps, la parlementaire, qui est aussi médecin, a souligné « On ne peut que prévenir si on veut gagner contre la maladie » et a qualifié la tuberculose de « maladie particulière ». Evoquant la Dame aux camélias, chère à Alexandre Dumas fils, laquelle n’est pas morte d’un chagrin d’amour, comme on pourrait l’imaginer, mais bel et bien de tuberculose, qui n’est pas « la maladie romantique du 19e siècle » et citant des morts de la tuberculose célèbres, comme Molière, Delacroix, les sœurs Brontë, ou encore Napoléon II. Le docteur Marie Mercier a également affirmé « Il faut 10 ans pour faire un médecin parce qu’il faut 10 ans pour apprendre la fragilité de la vie ».
Prenant à son tour la parole, Cyrille Rault a remercié différents partenaires, qui ont contribué financièrement au projet, tels que le Département, représenté par Amelle Deschamps, conseillère départementale de Chalon, le Rotary Chalon Saint-Vincent, représenté par Danièle Pierre-Guy, présidente, et Claude Mennella, vice-président, le Lions Chalon Saocouna, représenté par Elena Nicolas, présidente, et Janine Bertillier, présidente fondatrice, et la Ville de Chalon, qui était aussi représentée par Bruno Legourd, adjoint en charge des affaires sanitaires et sociales, et Dominique Rougeron, conseillère municipale déléguée aux personnes âgées et à l’accompagnement du handicap.
Etait également présent Pierre Desray, président de la délégation régionale Bourgogne Franche-Comté de la Croix-Rouge Française, autre partenaire, lequel a confié aux représentants de la presse locale une anecdote : au cimetière de Couches il existe un carré dit carré des tuberculeux. Jusqu’en 1974 l’ancien centre de soins de suite de la Croix-Rouge Française, implanté à Mardor, un hameau de Couches, a accueilli des tuberculeux dans son sanatorium et ces malades étaient souvent abandonnés par leurs familles par peur d’une contamination. 

Gabriel-Henri THEULOT



 
 

 

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche