Agglomération chalonnaise
N. T. Binh : un critique de cinéma de renom, présent tout au long du festival Chefs op’
Par Nathalie DUNAND
Publié le 05 Mars 2022 à 12h55
Vous l’apercevez souvent cette semaine dans les couloirs du festival Chefs op’ en Lumière, sur scène avant une projection, où il présente de nombreux films : N. T. Binh est une pointure, comme on dit, un vrai pro du cinéma. Son CV est impressionnant et ne se résume pas à quelques mots (lien ci-après).
Ça fait 30 ans que ce grand critique de cinéma vient à Chalon. Son lien avec la ville ? La Bobine, l’association chalonnaise florissante qui nous offre, toute l’année, un voyage dans le cinéma mondial. Sa présidente, Chantal Thévenot, le dit sans ambages : c’est grâce au soutien indéfectible de N.T. Binh que La Bobine a pu se déployer.
Le monde du cinéma, berceau de N. T. Binh
Ce spécialiste de renom baigne dans le monde du spectacle depuis l’enfance : « J’ai d’abord grandi dans le monde du théâtre. J’avais un parrain qui était un auteur dramatique à succès. Il s’appelait Marcel Achard. Dès ma petite enfance, j’étais habitué à voir les pièces de théâtre depuis les coulisses. C’est plus tard que j’ai compris qu’il avait été critique de cinéma. Jusqu’à la fin de sa vie, il est allé au cinéma, tous les jours. » se souvient N.T. Binh.
Pour situer ce critique de cinéma, évoquons un nom : la revue Positif, dont il est l’un des piliers depuis 1979. Une revue prestigieuse que Martin Scorsese présentait même comme « la meilleure revue de cinéma au monde ». Il y écrit sous le nom de Yann Tobin, notamment sur l’âge d’or hollywoodien, dont il est fin connaisseur.
N. T. Binh enseigne également le cinéma dans différentes universités. Producteur, réalisateur de documentaires (Alain Resnais, le cinéma britannique, l’œuvre de Bertrand Tavernier et bien d’autres sujets) et commissaire d’expositions, le 7eart a-t-il encore des secrets pour lui ?
Eh bien, comme tout chercheur passionné, il creuse inlassablement ses sujets. À ce jour, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages autour du cinéma, notamment sur Ernst Lubitsch, Ingmar Bergman, Claude Sautet, Jean Renoir, Joseph Mankiewicz ou encore le cinéma britannique.
Lors du festival, il donnait jeudi une conférence sur le sujet du dernier ouvrage dont il a assuré la direction : le Musical hollywoodien : histoire, esthétique, création (en vente à La Mandragore).
L’aventure du Festival Chefs op’
Ses nombreux contacts, en particulier son amitié avec le chef opérateur Éric Gautier (invité de la 1ere édition) ont permis le coup d’envoi de ce festival dédié aux directeurs de la photographie – unique en France, soulignons-le. « Dans cette profession, précise N. T. Binh, il y a une solidarité évidente. Il n’est pas rare qu’ils se relaient une collaboration avec un réalisateur quand ils sont pris par d’autres engagements. C’est un état d’esprit professionnel qui fait partie de leur métier : ils savent qu’un réalisateur est démuni sans un chef opérateur. » Ce qui explique que l’existence du festival ait été essaimée comme une trainée de poudre dans le milieu des chefs op.
Un couple mal connu : le chef op’ et le réalisateur
Le chef opérateur est catégorisé « technicien », mais son travail va bien au-delà. N.T. Binh souligne son rôle artistique essentiel auprès du réalisateur : « Le mot ”réalisateur”, s’il n’était pas déjà pris, serait plus approprié au chef opérateur. Car c’est lui qui, sur le plateau, réalise concrètement les rêves du réalisateur. Le chef op’ transforme en actions ce qui est à l’état d’idées dans la tête du réalisateur. Et c’est une tâche très délicate. »
Petit clin d’œil : et pour être un bon critique de cinéma, que faut-il ?
« Il faut aimer écrire. L’écriture est une discipline à part. Et bien sûr aimer le cinéma ! Aller voir des films pour aiguiser son regard, lire des critiques sur ceux qu’on a aimés par exemple, pour découvrir les outils d’une analyse. C’est comme pour la gastronomie, il faut savoir dire pourquoi on aime. »
Nathalie DUNAND
[email protected]
En savoir plus sur N. T. Binh (ouvrages, vidéo) : franceinter.fr
Ouvrage : Le Musical hollywoodien : histoire, esthétique, création, sous la direction de N. T. Binh et José Moure (en vente à La Mandragore).
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