Opinion
"Prédation des troupeaux : STOP aux contre-vérités, la situation mérite plus de dignité" demandent France Nature Environnement Saône-et-Loire, CM Terreco , Autun Morvan Ecologie.
Publié le 14 Avril 2023 à 17h39
La multiplication des prédations par le loup est un constat d’échec des pouvoirs publics.
Malgré la littérature scientifique, la désinformation orchestrée par certains nous conduit dans une impasse avant tout pour les éleveuses et les éleveurs qui subissent les conséquences de la prédation sur les troupeaux d’ovins et désormais de bovins. Néanmoins, nous appelons à la plus grande vigilance puisque l’hypothèse d’attaques des troupeaux par des chiens errants ne peut et ne doit pas être écartée.
Faut-il rappeler que le loup n’a pas été réintroduit en Bourgogne-Franche-Comté, comme ailleurs. Il est revenu dans les années 1990 en passant par le massif des Alpes depuis le noyau de population italien des Abruzzes. Disparu par empoisonnement et campagne de destruction dans les années 1930, il s’est implanté et déplacé grâce à la présence de milieux forestiers et à l’augmentation des ongulés sauvages (chevreuils, cerfs) qui représente 80 % de son régime alimentaire. Si actuellement le loup est sous un régime d’espèce protégée, ce n’est pas un cadeau fait aux écologistes, mais parce qu’il contribue à l’équilibre écologique et notamment à la régulation naturelle des ongulés sauvages.
Tout le monde, sauf celles et ceux qui nient les travaux scientifiques, s’accorde pour dire que les grands ongulés, dont les populations ont très fortement augmenté en Europe occidentale depuis une quarantaine d’années, contribuent à la perte de diversité et mettent eux aussi en péril l'avenir des forêts. Pourtant, la préservation des forêts est au cœur de la stratégie d’adaptation climatique.
La gravité de la situation pour les éleveuses et les éleveurs comme pour l’effondrement de la biodiversité dont nous dépendons, appelle à plus de rigueur et d’honnêteté dans les débats publics comme dans les solutions à apporter.
Cela fait déjà plusieurs années, en Saône-et-Loire comme en Bourgogne Franche-Comté, que la présence du loup est connue et que les prédations perdurent. Bien qu’en BFC, il n’existe que deux meutes (la meute du Risou et celle du Rû), cet enjeu n’a pas été pris à la racine. Les pouvoirs publics ont laissé imaginer que c’était un passage ponctuel et qu’avec un ou deux tirs nous allions nous débarrasser de la bête à problème. Or, nous le constatons, rien ne change et le désarroi s’accroît !
Il est temps de prendre à bras le corps la cohabitation entre le loup et les troupeaux en partant du principe que la présence du loup est une réalité géographique et un enjeu écologique. Traiter le loup comme une masse à réguler par des tirs, et non comme un élément de la biodiversité, avec un comportement qui lui est propre, sera en permanence un échec. C’est la situation que nous vivons depuis des années.
Les associations environnementales appellent à un débat honnête et objectif sur la situation; à prendre connaissance des travaux réalisés par l’Agence Régionale de la Biodiversité dans le cadre d’échanges pluralistes; à donner les moyens aux éleveuses et aux éleveurs de se protéger, notamment en zone de plaine, en prenant en charge les moyens de protection, y
compris pour les bovins, dans le futur PNA Loup. L’objectif étant de retrouver un équilibre vital entre toutes les espèces du vivant.
En Saône-et-Loire, comme ailleurs, nous restons fortement mobilisés pour que la démagogie et les mensonges cessent et pour ouvrir la voie vers des relations pacifiées et apaisées.
France Nature Environnement Saône-et-Loire, CM Terreco , Autun Morvan Ecologie.
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