Chalon sur Saône

Se gausser du mariage, ils l'ont fait à Chalon avec l'art et la manière !

C’était jeudi soir à Chalon-sur-Saône salle Marcel-Sembat le déclenchement de la saison 2017-2018 de Café-Théâtre. En la circonstance a-t-elle commis une infidélité à son quartier général, le Théâtre Piccolo, mais cela n’a pas eu l’heur de dérouter un public friand de perceptions jouissives approvisionnées par des sujets humoristiques. A l’instar de la comédie «Le mariage nuit gravement à la santé. »

Un tempo mené sans relâche

Place forte sur l’échiquier sociétal, le mariage, même s’il a perdu de son lustre et de son aura au fil du temps, résiste contre vents et marées à une position de hors-jeu. Dans la pièce, qui a fait florès dans la capitale, on retrouve tous les ingrédients vaudevillesques indispensables à son bon fonctionnement, avec des caricatures cousues de fil blanc, mais qui ont le don de mettre le public en mode euphorie. Les ficelles sont tellement grosses qu’il n’y a pas d’échappatoire possible, on va tout droit vers les rires répétitifs. «Les mariages c’est comme les enterrements, c’est bien seulement quand t’es pas dans la première voiture ! Le mariage c’est la dictature de l’amour.» Romain, fan de Sardou, s’apprête à fêter son trentième anniversaire en compagnie de sa douce, Sophie, même si  son compagnon se dit que « comme toutes les filles, elle est chiante. »

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes donc jusqu’au moment où la maman du garçon impose sa présence lors de cette soirée dédiée à son « rominou ». Et ce qui affermit l’histoire, c’est que depuis quatre ans qu’elle connaît l’existence de la dulcinée, jamais elle n’a consenti à la rencontrer, sous prétexte que le couple n’a jamais convolé en justes noces. Et pour cause, s’il n’a jamais voulu l’épouser, c’est simplement parce que le mariage est la première cause de divorce ! Irrécusable ! Micheline, la maternelle, imagine que son rejeton est à l’image du mâle protecteur et conforme au schéma de la société masculinisante. Or, il en va tout autrement, il est homme au foyer, tandis que sa compagne a un travail en bonne et due forme.

D’où les efforts considérables déployés par le premier cité pour faire croire qu’il est la copie conforme des aspirations de sa maman. Et lorsque la vérité éclate au grand jour, Micheline tombe des nues et accuse le coup : »Faire faire la cuisine à son mari ça ne se fait pas. C’est comme donner du travail aux fonctionnaires ! » De malentendu en équivoque sur un rythme très soutenu durant lequel l’interactivité joue sa partition, des comédiens descendant parfois dans la salle pour davantage d’intimité, la trame, truffée de répliques crevantes, aura tapé dans le mille, avec des rires comme s’il en pleuvait. Et l’épilogue allait se charger de remettre les pendules à l’heure, Sophie, ultime pirouette au changement de mœurs, effectuant sa demande en mariage.

Ouf ! L’énergie ainsi que la force de conviction déployées par les délicieux comédiens que sont Yan Richard (Romain), Elodie Wallace (Sophie, par ailleurs coauteur et metteur en scène), Emmanuelle Gracci (Micheline), Julien Gaetner (le patron de la busines woman) ne l’ont pas été en pure perte, et ce n’est que justice !

 

Les autres rendez-vous

  • « Chair de poule » (22,00 euros) le vendredi 16 mars à 20h au Théâtre Piccolo
  • « Classe ! » (22,00 et 25,00 euros), de Giroud et Stotz le vendredi 23 mars à 20h au Théâtre Piccolo
  • « Les Boutboul : bienvenue à Loose Vegas » (22,00 euros) le vendredi 25 mai à 20h au Théâtre Piccolo

 

A signaler que les spectacles de Thierry Garcia du 12 janvier et de Julie Villers du 26 janvier, sont annulés.  

                                                                                   Michel Poiriault

                                                                                   poiriault.michel@wanadoo.fr            

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