Chalon sur Saône

L'intersyndicale des enseignants du premier et second degré du Chalonnais dénonce "la politique libérale et rétrograde" du gouvernement.

Cet après-midi, une conférence de presse de l'intersyndicale des enseignants du premier et second degré a eu lieu à la Maison des Syndicats, à Chalon-sur-Saône. Info-Chalon vous résume les divers points abordés.

"Le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse poursuit sa politique libérale et rétrograde et ce, sans même tenir compte de l'expertise professionnelle des acteurs de terrain que sont les enseignants, ni de l'avis des organisations syndicales et plus généralement, de l'ensemble de la communauté éducative" pour l'intersyndicale des enseignants. Le projet de loi, dite «Blanquer», pour «une école de la confiance» est devenu, au fur et à mesure de ses évolutions, un texte qui, du point de vue des enseignants, s'il passe, bouleversera profondément le fonctionnement du système éducatif. Selon les organisations syndicales, ces transformations, par la méthode et leur contenu, vont accroître les inégalités mais aussi dégrader les conditions de travail du personnel éducatif sans répondre à l'absolue nécessité d'améliorer le service public d'éducation afin d'assurer la réussite de tous les élèves et l'élévation du niveau de qualification.


A l'invitation de l'intersyndicale des enseignants des 1ers et 2ds degrés de l'Éducation nationale, la conférence de presse a permis d'aborder l'ensemble des points de frictions. Étaient présents, entre autres, par ordre alphabétique, M. Philippe Bernard, représentant du SNES-FSU, M. Vincent Castagnino, co-secrétaire du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUIPP), Mme Catherine Chaveriat, secrétaire départementale du Syndicat national Force ouvrière des lycées et collèges (SNFOLC), Mme Alexandra Clabaut, responsable 1er degré à la CGT Educ'action, Mme Catherine Morice, responsable syndical du 1er degré du Syndicat National Unifié des Directeurs et des Instituteurs Force Ouvrière (SNUDI-FO) et Mme Myriam Peutot, secrétaire écoles au Syndicat des enseignants-UNSA (SE-UNSA).


Un projet de loi qui met à mal l'Éducation nationale


L'intersyndicale refuse la création des établissements publics des savoirs fondamentaux sans accord des communautés éducatives car ils supprimeront la fonction de directeur et cela réponds à une «logique autoritaire du ministre», comme le souligne M. Castagnino, dans la volonté de «piloter les écoles par un chef de proximité» ainsi que le refus de voir émerger des «mégastructures», regroupant des élèves de la maternelle au collège. Ces dernières s'accompagnant inéxorablement «avec la fermeture des écoles rurales», selon le responsable SNUIPP.


Les organisations syndicales refusent également la reprise en main de la formation des enseignants basée sur une conception du métier réduite à des fonctions d'exécution. L'Intersyndicale parle de «muselage de la parole des enseignants».


Autre point saillant, l'instruction obligatoire à partir de 3 ans.


Un «marqueur républicain», selon le ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer. Pourtant, la mesure ne concerne directement qu’une petite minorité d’enfants (moins de 3%). L’immense majorité des enfants âgés de 3 ans fréquentent déjà l’école maternelle. On trouve parmi eux, entre autres, des enfants handicapés qui ne peuvent être accueillis faute d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) dans les écoles.


Le mois dernier, à l’Assemblée Nationale, Jean-Michel Blanquer avait expliqué qu’il s’agissait d’une mesure sociale, car «la grande majorité des enfants concernés par la mesure sont issus de milieux défavorisés», mais aussi un moyen de lutte contre «les phénomènes sectaires et de fondamentalisme religieux», en particulier dans des familles qui empêchent les petites filles d’aller à l’école maternelle, ou qui envoient leurs enfants dans des «écoles clandestines».


Pour les parents, l’école obligatoire est gratuite et prend le relais de plusieurs prestations familiales, qui changent après 3 ans : le complément de libre choix du mode de garde pour l’emploi d’une assistante maternelle est divisé par deux et la prestation d’accueil du jeune enfant n’est plus versée. Pour l'intersyndicale, accueillir davantage d’élèves coûtera plus cher, un surcoût pour les finances publiques, obligeant ainsi les communes à financer des écoles maternelles relevant du secteur du privé.


«Joli cadeau fait au privé!», s'indigne Myriam Peutot.


Les organisations syndicales refusent également les pressions sur les collègues qui oseront contester la politique du ministre. Elles mettent en garde la fin de l'évaluation indépendante des politiques éducatives en supprimant le Conseil national d'évaluation du système scolaire (CNESCO).


«Cette réforme est un vieux serpent de mer», selon Mme Morice, estimant qu'avec la loi Blanquer attaque le statut d'enseignant et mène à la destruction des syndicats et de la défense des salariés, qui dénonce une société à deux vitesses. «Cette réforme est un tollé des professeurs contre la réforme», pour Mme Catherine Chaveriat.


64 postes seront supprimés, sur l'académie de Dijon, sans compter les stagiaires, au nom d'économies drastiques.


Les organisations syndicales, pour la priorité au service public d'éducation de qualité et de proximité, appellent les parlementaires à ne pas voter «la loi pour l'école de la confiance». Elles sont pour des perspectives ambitieuses pour tous les élèves et tous les jeunes et pour une véritable reconnaissance de l'ensemble des personnels de l'éducation.


Des actions sont prévues le samedi 30 mars prochain ainsi qu'une grève «avant les vacances à venir», le début avril — peut-être le 4 — sans oublier le 9 mai, pour l'ensemble de la fonction publique.


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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