Châtenoy le Royal

19 mars 1962 : la fin d’une guerre sans espérance !

Pas facile à admettre, pour un soldat du contingent (appelé ou rappelé), tout comme les soldats engagés, de comprendre parfaitement le sens de ce cessez-le-feu, signé à Evian le 18 mars 1962 et appliqué sur le terrain le 19 mars 1962. (Ordre du jour n°11 du général Ailleret, commandant des Forces Française en Algérie).

Pas facile parce que la plupart de ces jeunes de 20 ans, envoyés « là-bas » en Algérie, on su donner un sens à leur DEVOIR de soldat : défendre un territoire, certes colonie française en 1830, mais territoire français depuis 1848 de par les trois départements rattachés à ceux de Métropole et qui composaient cette terre algérienne : Constantine, Alger et Oran (d’est en ouest), les trois grandes et belles villes de cette Algérie.

Mais une guerre reste avant tout une guerre qui se définit comme étant un conflit armé entre des groupes qui peuvent être des Etats, mais aussi des groupes politiques. Ce fut le cas pour « les évènements d’Algérie », c’est ainsi que la métropole considérait cette tragédie humaine.
La France a défendu ce territoire parce qu’il était français et quoi que l’on puisse penser elle avait apporté du savoir-faire que ce soit de façon sociale, intellectuelle, éducative, voire religieux ou dans le domaine industriel et agricole. En 130 ans l’Algérie était devenue belle à visiter, à sentir, à vivre, à aimer. Il faut avoir vécu là-bas pour le comprendre, dont ces soldats qui ont laissé entre 29 et 30 mois de leur jeunesse de 20 ans, tout assurant la sécurité nécessaire au travers de ce qui sera appeler trop tard « la Guerre d’Algérie ».

Aujourd’hui les raccourcis sont vite faits. L’histoire est ainsi faite et c’est très regrettable, surtout quand il y a encore des hommes et des femmes qui ont vécu au coeur de ce drame et aujourd’hui se retrouveront devant les monuments aux Morts pour que l’on n’oublie pas les 30 000 soldats morts pour la France, les 65 000 blessés de ce conflit sans espérance, oubliant les quelques 50 000 harkis morts ou disparus ou encore ces victimes civils conséquence de cette ultime bataille d’arrière garde voulue par l’OAS sans compter ceux qui ont laissé tout, leurs biens, leurs terres et leurs morts.
Les hommes de cette dernière génération du feu sont de plus en plus épars, la vie leur a été épargné en terre algérienne, mais elle continue inexorablement son chemin qui les fera traverser pour aller sur l’autre rive.

Ce sont donc les vivants d’aujourd’hui qui font perdurer la flamme du souvenir, celle flamme qui brille sous l’Arc de Triomphe à Paris, symbole intouchable de cette liberté conquise par tous les combattants des guerres qui ont torturées la France. Un monument qui n’a pas le droit d’être profané et ce au nom du Respect du courage et du sacrifice des Morts pour la France.

Cette France qui saigne de plaies dont on ne trouve pas de remèdes politiques pour les cicatriser. Cette France qui devrait être fière d’arborer cette devise que beaucoup envie : Liberté, Egalité, Fraternité et qu’il faut sans cesse expliquer aux jeunes générations.

Cette France qui se réunit aujourd’hui, 19 mars 2019, pour se souvenir que « le présent offre de grandes jouissances à l’homme par le souvenir et l’espérance » (Johann David Wyss (Robinson Suisse 1812). Cela ne fait pas oublier les camarades tués aux combats, mais cela permet de retrouver une certaine union, pour ne pas dire communion, au sein de notre beau pays de France.

JC Reynaud

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