Lux

Lorsque la cabane des gilets jaunes de Lux entraine la mise en cause du propriétaire du terrain

Situation quelque peu surréaliste que celle vécue par Philippe Girardeau, propriétaire du terrain sur lequel les Gilets Jaunes de Lux ont élu domicile depuis le mois de novembre. Il s'est livré à info-chalon.com.

Quand on vous dit qu'être propriétaire n'est pas forcément signe de bonheur permanent. On en veut pour preuve la mésaventure que connait Philippe Girardeau, chef d'entreprise bien connu de la région chalonnaise. Depuis le 17 novembre et l'Acte I du mouvement des Gilets Jaunes, un certain nombre d'entre eux, délogés du rond-point de Droux, poussés un peu plus loin, en dehors de la zone police, ont élu domicile au rond-point de Lux. Sauf qu'en faisant le choix de s'installer ici, ils quittaient le domaine public pour s'installer sur le domaine privé.

Un dépôt de plainte formulé dès début décembre

Philippe Girardeau a confié à info-chalon.com avoir cherché toujours l'apaisement avec tous les acteurs. Lorsque le propriétaire a été sollicité au début du mouvement, il a fait savoir ses conditions, à savoir celles des autorisations préalables des locataires du secteur, et notamment le restaurant "O Chalet", le respect des lieux et l'interdiction de bloquer les accès. Considérant que les conditions n'étaient pas réunies, c'est en gendarmerie de Givry que le propriétaire dépose plainte pour occupation illégale de terrain le 6 décembre. A la gendarmerie, et notifié noir sur blanc sur le dépôt de plainte, porté à connaissance d'info-chalon.com, il est fait savoir que le Procureur de la République de Chalon sur Saône n'entendait pas poursuivre pénalement les occupants illégaux. 

Le 7 décembre, c'est une réunion à huis clos qui est tenue en mairie de Lux, en présence du maire Denis Evrard, du député Raphaël Gauvain et de trois représentants Gilets Jaunes. Une réunion au cours de laquelle, Philippe Girardeau est invitée à apaiser les choses et à temporiser. Une invitation à laquelle le propriétaire s'invite.

Un constat d'huissier en sa faveur

Pour autant, Philippe Girardeau n'étant pas le perdreau de l'année, fait appel à un constat d'huissier sur l'occupation illégale de son terrain. Un constat qui mettra en lumière l'autorisation du locataire à occuper le terrain de Lux. Le dépôt de plainte en gendarmerie fait d'ailleurs état "de l'occupation du terrain suite à une recommandation des forces de l'ordre", "une entente passée avec le concours du maire de Lux, présent lors de leur arrivée et qui lui même s'est engagé au nom de la mairie, de remettre en état l'ensemble du terrain après leur départ". 

Un recommandé et une mise en accusation

Après avoir été sollicité d'apaiser les choses, et après avoir dépensé le coût de l'huissier qui avoisine les 1000 euros, Philippe Girardeau se dispense de poursuivre la procédure qui aurait pu lui coûter près de 3500 euros au total, et rappelons-le sur demande de différentes autorités.

Fin janvier, c'est un recommandé qui lui est adressé, émanant des services de l'Etat, signé par le Préfet de Saône et Loire, qui accuse Philippe Girardeau, d'avoir construit en toute illégalité une cabane sur son terrain ! Le courrier adressé fait état "de l'installation d'une construction sans autorisation d'urbanisme d'une longueur totale de 8,50 m et d'une largeur de 6 m, l'installation d'une tente, la construction d'une clôture composée de bois de récupération". Pire, le courrier précise "je vous informe que ces constructions ont été réalisées sans autorisation et ne peuvent être régularisées au vu des matériaux utilisés et de leurs aspects extérieurs. Les travaux litigieux constatés sont susceptibles de poursuites pénales à votre encontre". 

Une situation ubuesque pour le propriétaire qui n'a eu de cesse d'être dans les clous et qui se retrouve désormais sur le banc des accusés. Le courrier à Philippe Girardeau fait état "de procéder au retrait des travaux dans un délai de quinze jours. A défaut, la procédure devant le tribunal de Grande Instance suivra son cours".  Cerise sur le gâteau, le propriétaire est accusé "de bénéficiaire des travaux incriminés". Chacun aura bien compris la situation quelque peu surréaliste.

Aujourd'hui, la seule solution pour le propriétaire est finalement de se retourner contre son locataire. Le constat d'huissier confirmant l'accord du locataire pour l'occupation illégale du terrain. Bref une situation qui risque de crisper davantage les relations entre les uns et les autres localement.

Laurent Guillaumé 

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