Saint-Marcel

L'obésité théâtralisée ne fera qu'une bouchée à Saint-Marcel de la réalité des faits

La corpulence hors norme au sens péjoratif du terme, qui entraîne une désorganisation physique et mine le moral, au point de devoir s'en remettre à la chirurgie, fait l'objet d'une pièce de théâtre dont les balbutiements remontent à 2009. Elle sera jouée le 7 octobre à Saint-Marcel. Gages de crédibilité, les trois distinctions reçues : le prix du meilleur projet participatif français, un prix de santé publique remis par la CPAM, et une mention spéciale au prix Talent de Patient. Interview du producteur, Fabrice Garcia-Carpintero.

 Qu’est-ce qui a fait qu’une séance a été programmée à Saint-Marcel ?

« La représentation à Saint-Marcel a été programmée par une association locale de personnes en surpoids nommée « Vivre ronde », présidée par Mme Joëlle Compagnon. »

Quels sont les tenants et les aboutissants de la programmation dans cette commune ?

« La représentation aura lieu le samedi 7 octobre 2017 à 20 heures à la salle Alfred-Jarreau de Saint-Marcel, au tarif unique de 10,00 euros. Les réservations sont possibles dès le 1er septembre auprès de Joëlle Compagnon au 06.51.69.57.24, ou par mail à vivreronde@gmail.com La pièce dure environ deux heures et sera suivie, pour ceux qui souhaitent rester, par l’intervention de professionnels de santé. »

 A qui ce spectacle s’adresse-t-il ?

« Tout public. Ce n’est pas un spectacle réservé à une certaine catégorie de la population. On y traite évidemment de l’obésité et des solutions envisageables, mais ce n’est qu’un prétexte pour aborder le poids du regard des gens, de la pression sociale, des diktats de la beauté, de la discrimination qui s’insinue partout, du blues et de l’isolement, des troubles qui en découlent, etc. tout ça sous une forme tragi-comique. »

Quelle en est la philosophie ?

« Dame Ô est une pièce de théâtre traitant de l’obésité sous un angle inédit, une trame, un fil rouge : la chirurgie de l’obésité, au travers d’anecdotes de patients opérés ou non, d’histoires personnelles ou fictives adaptées pour la scène par des auteurs confirmés, et portées par une équipe professionnelle. Il s’agit d’une pièce d’information, de sensibilisation et de partage avec le public, une pièce humaine et militante, entre doux onirisme et dure réalité, entre rires et larmes. Cette pièce a été traitée avec l’aide d’une commission de trente patients opérés ou non d’un anneau gastrique, d’une sleeve (technique restrictive réservée aux gros mangeurs NDLR)ou d’un bypass («réduction de la taille de l'estomac et court-circuit d'une partie de l'intestin »NDLR).»

Dans quel état d’esprit les gens sont-ils à la sortie ?

« Cette pièce ne laisse pas indifférent. Nous avons tous été confrontés à un moment ou à un autre à des paroles maladroites, des clichés, des gestes déplacés, que nous avons subis, ou que nous avons-nous-mêmes pensés, c’est pour cela que beaucoup se retrouvent dans cette pièce, et le spectateur a tendance à se remettre en question. Il en apprend également beaucoup sur les nouvelles méthodes chirurgicales pour perdre du poids, les bons et les mauvais côtés, les avantages indéniables d’une perte importante de poids, mais également les inconvénients, esthétiques, psychologiques, les complications aussi. Notre objectif n’était en aucun cas de faire l’apologie de cette chirurgie (qui demeure une solution de dernier recours), mais d’être le plus fidèle possible aux témoignages des patients. Le spectateur aura l’occasion de passer par toute une gamme de sentiments, tout en s’informant sur un sujet demeurant encore tabou malgré sa démocratisation. Pour l’anecdote, le fauteuil utilisé sur scène est un fauteuil confectionné sur mesure aux Etats-Unis pour un homme pesant plus de trois cents kilos. Après une opération bariatrique il a perdu plus de deux cents kilos, et pour tourner la page il a offert son fauteuil à la troupe, ce qui prouve toute l’implication des patients dans cette création.»

Le financement participatif a-t-il été opérant ?

« Oui, il va permettre de financer les répétitions qui auront lieu à la fin du mois de septembre à Paris, et avant la représentation à Saint-Marcel début octobre, deux nouveaux comédiens intégrant la pièce. L’équipe, c’est neuf comédiens sur scène, deux costumiers, quatre techniciens, plus la mise en scène et la production. Nous allons également jouer deux représentations à Bordeaux lors du festival « Bordeaux So Good » », un événement gastronomique de portée nationale. Le vendredi 17 novembre, une des deux représentations sera réservée au jeune public, et sera suivie d’ateliers autour de la nutrition. »

 

Voir le reportage de France 2 : https://youtu.be/9DgaBnRQDtE

Propos recueillis par Michel Poiriault

poiriault.michel@wanadoo.fr

 

 

 

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