Dracy le Fort

La solidarité féminine s’exprime aussi à travers l’écriture

La solidarité féminine s’exprime aussi à travers l’écriture

A Dracy-le-Fort un projet collectif d’écriture se trouve dans une tellement bonne posture, qu’il est en passe de s’arracher à sa condition temporaire de reclus. Des paroles de femmes couchées sur le papier au service d’autres femmes, destinées au plus grand nombre, feront en effet l’objet d’un recueil de nouvelles qui verra le jour à l’automne prochain. Dénominateur commun : un jour de bascule dans leur vie, et la compréhension de celle-ci. Du vécu libérateur couplé avec un acte de foi…

Se vider d’une partie de sa substance, guigner l’altruisme

Au mois de juillet 2013, la présidente de l’association dracysienne «Bonheur d’être », Chantal Schneider, s’est dit que ce serait bien d’écrire un livre sur une instruction reçue au cours de son existence. Partant de là, une vingtaine de dames ont été contactées. Sélection naturelle aidant devant cette jamais aisée introspection, l’écrémage devait tailler dans le vif et rendre son verdict : ce sont au final neuf femmes singulières issues de Chalon et du Grand Chalon, d’horizons professionnels divers, qui devaient rendre leur copie, avec parfois l’impression grandiose d’avoir gravi leur Everest… »L’idée, c’était la transmission envers les femmes et le féminin de chaque homme, en fait la partie féminine de chacun », assure la chef de file. Quid du contenu ? « On n’est pas dans le négatif, mais dans le positif, la transmission ouverte. Il n’y a que des propositions de transformation, de coopération. Il s’agit de montrer que tout est réalisable à n’importe quel âge de la vie. Le postulat de base réside dans le démarrage à partir du local, et que ça fasse ensuite des ronds dans l’eau…» Les rédactrices sont entrées de plain-pied dans leur sujet sous l’aile protectrice de Carol Beaudoin, écrivain biographe en particulier, laquelle leur a fait bénéficier de trois ateliers d’écriture pour définir l’enjeu de chacune. Après quoi toutes de phosphorer sur leur problématique à domicile. Avec un format déterminé : cinq pages pour un tête-à-tête avec soi-même, et une noria de sentiments à apprivoiser, configurer coûte que coûte.

 

La démocratisation sera de mise fin septembre, puis en novembre

« On est exigeantes avec nous-mêmes. Ca a été pour la plupart d’entre nous une découverte du travail d’écriture, de la rigueur qu’elle exige. On s’est rendu compte avec cette prise de recul de la force de transformation de l’ombre en lumière, des révélations, réminiscences d’enfance. Ce n’est pas pathos. Le questionnement est le suivant : quels enseignements peut-on tirer de nos expériences de vie, et lesquels sommes-nous en mesure de transmettre ? », a expliqué Chantal. Vaste champ d’investigation où tous les possibles inféodés à l’intimité attendent ce qui pourrait hypothétiquement arriver un jour…Maintenant que le plus dur est fait pour les narratrices, dix relectrices et trois relecteurs passent en revue les écrits, histoire de ne rien laisser au hasard quant au travail léché, simultanément individuel et commun. Oser montrer aux proches le résultat de leurs cogitations n’a rien d’une promenade de santé, l’appréhension est même viscérale. Alors quand il faudra se mettre à nu devant des tierces personnes, d’illustres inconnus venus pour jauger leurs états d’âme figés noir sur blanc, l’adrénaline ne jouera pas la fille de l’air…Puisqu’il faut quoi qu’il en soit se jeter dans le vide un beau jour, autant le réaliser en toute connaissance de cause. C’est pourquoi ces représentants de la gent féminine seront dans l’Espace oasis-bien-être de la 80ème foire de Chalon fin septembre-début octobre 2014. Au mois de novembre une soirée lecture et d’échange autour de l’ouvrage (qui sera commercialisé grâce à l’auto-édition pour faire simple) se déroulera en la salle polyvalente de Dracy-le-Fort. D’ici là, trois rencontres vont ponctuer le cheminement de ces neuf femmes courageuses, toujours dans la même optique d’un rendu irréprochable.

 

Une indéniable aventure humaine à plus d’un titre qui laissera des traces indélébiles

Au vu de l’investissement personnel, des garde-fous assimilés et de la capacité à renverser les situations, les retombées auront de grandes chances d’être bénéfiques. « Je souhaite que ce soit une expérience dans la bienveillance et dans le confort pour chacune d’entre nous. Nous nous sentons plus fortes, car nous sommes allées voir nos peurs, qui ont été touchées. Tout sera possible après. Si c’est le moment, des choses s’ouvriront… »

                                                                                                                   Michel Poiriault