Désarçonné, Lionnel Astier aura maille à partir avec sa conscience...et Victoria Abril...

Désarçonné, Lionnel Astier aura maille à partir avec sa conscience...et Victoria Abril...

« Drôle de genre », le deuxième volet des Théâtrales 2023-2024 pondu par Jade-Rose Parker, s’épanouira le dimanche 17 décembre prochain à 16h30, en l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône. Une révélation fracassante émanant de Victoria Abril en sera le fil rouge, et le pauvre Lionnel Astier devra se dépêtrer de son tout nouveau statut victimaire…Interview pour info-chalon.com

Celui qui a incarné untel ou untel dans une soixantaine de pièces, ainsi que dans quelque quatre-vingts téléfilms ,« Léodagan » dans Kaamelott sur M6, « Angelo » dans Alex Hugo sur France 2 pour les séries…, a endossé à l’occasion l’uniforme de metteur en scène, sera confronté cette fois à un aveu qui le sidérera…S’en remettra-t-il ? Le doute est permis…

Qu’est-ce qui vous a fait opter en faveur de cette comédie, vous qui avez été dramaturge à une dizaine de reprises ?

« C’est très simple, il y a plusieurs choses. En premier, la qualité de l’écriture. En plus, vraiment, vraiment, la pièce est très bien construite. C’est une comédie comme je les aime, c’est-à-dire qui repose quand même sur un fond grave. Je pense que les meilleures comédies reposent sur des fonds graves. Les gens rient beaucoup, ça traite d’un sujet qui est la transsexualité, je trouve que ce sont des sujets que l’on doit aborder, nous, avec la fiction. Alors ce n’est pas le tout d’en parler, mais quand c’est bien écrit comme ça, je trouve que ça aide les gens à entrer dans ce genre de monde, de cadre. »

Quelle est votre fonction dans le cas présent ?

« Je joue le rôle de celui qui ne l’accepte pas, qui a plutôt du mal à l’accepter. En fait c’est un couple qui a trente ans de vie commune, marié. Lui c’est un homme politique qui est en campagne électorale dans la dernière ligne droite de l’élection, il est en tête des sondages. Il apprend un soir, alors qu’ils se rendent à l’Opéra, une mauvaise nouvelle, puisqu’elle a un problème de santé que seul un homme peut avoir. Donc ça lui est révélé, et ça le bouleverse sur tous les plans. J’aime bien l’expression pour les rôles, ça le met, c’est le cas de le dire, dans tous ses états ! Ca veut dire déjà que sur le plan politique ça le fragilise extrêmement, puisqu’on a vu dans l’actualité qu’il y avait des choses comme ça, mais ses adversaires n’ont pas manqué de s’en servir, c’est triste d’ailleurs. Et puis sur le plan de son affection, parce que tout d’un coup c’est comme s’il changeait de lunettes. Pendant trente ans il a aimé sa femme, il la voit maintenant autrement…Ca reste quand même une histoire qui peut se raconter, et c’est pour ça aussi que la pièce est belle, mais elle ne peut se raconter que s’il y a une histoire d’amour entre les deux. C’est-à-dire que c’est un couple qui a trente ans de vie commune, mais qui est encore dans le désir, qui est amoureux, c’est un vrai couple. Ce n’est pas un couple qui est lassé, sinon ça ne marcherait pas, parce que cela voudrait dire qu’ils vont se séparer. Du coup ça crée un chambardement chez ces gens-là et chez cet homme-là, qui est obligé de composer avec ça, parce qu’il l’apprend en direct avec des gens. Voilà, c’est le pitch de départ… »

On y rit, mais existe-t-il une leçon à tirer, ou un message subliminal ?

« Il n’y a pas un message subliminal, mais par exemple, je viens de faire un téléfilm avec des autistes. Il y a à Paris un restaurant à Paris qui s’appelle «La belle Etincelle », tenu par des autistes, et on a tourné un film avec Bernard Campan, Mélanie Doutey, et des autistes, qui tout d’un coup permettent à un restaurant de revivre. On a l’impression que lorsque l’on fait quelque chose ensemble le handicap disparaît, car ce sont des gens consciencieux. Je trouve que c’est le rôle de la fiction, c’est-à-dire que, et puis surtout, on raconte une histoire que les gens voient, et ils voient les autistes dans la vie. Là c’est pareil, le but étant toujours la tolérance, l’acceptation de l’autre. Nous, on a un rôle à jouer avec la fiction. »

Avec Victoria Abril comme partenaire, les choses tombent-elles sous le sens ?

« Oui, en tout cas je pense qu’on fait un beau duo. J’étais très heureux, parce que c’est un duo énergique. Elle avait très envie de jouer ce personnage, et sur le plateau c’est vraiment une très belle aventure que l’on vit ensemble. On est très heureux de jouer ça ensemble. »

Ecrire une pièce, où être un interprète sur scène, qu’est-ce qui vous plaît le plus ?

«Je crois que, peut-être, de plus en plus je suis heureux de jouer. Je pense que mon bonheur, ça se précise de ce côté. »

Par rapport à tous les domaines artistiques que vous avez touchés, qu’est-ce qui figure dans le haut du panier ?

«Ca se fait un peu naturellement dans ce métier, c’est-à-dire que l’on peut passer à la mise en scène, j’ai écrit aussi des pièces,…Que ce soit le métier d’acteur comme on dit quand on parle des tournages, ou du métier de comédien quand on parle du théâtre, je trouve ça très complémentaire. Ce sont deux métiers différents que j’aime bien, parce que j’aurais du mal à me passer du théâtre. C’est le spectacle vivant, chaque représentation est unique, c’est une aventure avec le public. J’aime beaucoup également le côté technique du tournage. Je ne mets rien au-dessus du panier, je trouve que tout ça va très bien ensemble. »

Qu’aimeriez-vous ajouter à votre riche carrière ?

«Je ne suis pas un acteur qui dit : tiens, j’aimerais bien jouer ça, ce rôle-là…Ce que j’aimerais ajouter, c’est être surpris que, tout d’un coup, un réalisateur ou une réalisatrice m’appelle, en disant : « Tiens, j’ai pensé à vous pour faire tel rôle », une chose à laquelle je n’aurais jamais pensé. C’est plutôt le contraire.»

Qu’est-ce qui requiert le plus de travail ?

«Ca dépend comment on le fait, mais j’aime ce métier, le travail qu’il demande. Ce ne sont pas les mêmes métiers, dans « Drôle de genre » je suis plus de deux heures en scène sans sortir, en plus je fais un tournage en même temps, ce n’est pas du tout le même métier qu’être sur un plateau de télé ou de cinéma, où on fait des choses plus fragmentées. Mais ça demande à chaque fois de travailler avec les autres, c’est un métier que j’aime aussi pour ça, l’énergie c’est aussi un échange sur un plateau. Le cinéma, c’est le travail de toute une équipe qui fait un film. »

En dehors de « Drôle de genre », où donner rendez-vous aux gens qui vous suivent, à court, moyen ou long terme ?

« Oui, bien sûr, j’ai des projets. Je suis actuellement en tournage pour la télé avec Laurence Katrian, une réalisatrice avec qui j’ai déjà travaillé. J’ai des projets avec Arnaud Ducret en tant que réalisateur, et puis j’ai choisi une pièce, je n’en parle pas trop, car ce n’est pas définitif, mais oui, je vais refaire du théâtre. Pour la rentrée 2024, je pense que je serai dans une autre pièce."

 

Crédit photo : Pascalito                                                      Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                               [email protected]