Chalon sur Saône

Les candidats Nathalie Leblanc et Mourad Laouès tirent à boulets rouges sur la gestion des finances de la ville de la Chalon par Gilles Platret

A deux mois des élections municipales, le débat d'orientations budgétaires était trop beau pour ne pas en profiter et rappeler à Gilles Platret ses engagements de campagne de 2014. D'autant plus que la dette de la ville de Chalon en 2020 est identique à celle de 2014.

C'est Mourad Laouès, conseiller municipal de Chalon Autrement et chef de fil de Bien Vivre à Chalon qui est monté au créneau à l'occasion du rapport des orientations budgétaires 2020. 

"J’ai lu avec attention, comme vous vous en doutez, le  « rapport d’Orientations Budgétaires 2020 ».

A  lire ce rapport, Mr Le maire, et l’interprétation que vous donnez des chiffres, tout va bien. La dette publique de Chalon serait maîtrisée, voire en cours de disparition. Et, bien entendu, il faudrait vous confier à nouveau le portefeuille collectif des Chalonnais pour six années de plus. Enfin, si vous êtes candidat ...

Sauf que si l’on s’attarde sur les graphiques qu’il commente, notamment ceux de la page 18, il est évident que le problème de la dette de Chalon n’est pas réglé, loin s’en faut. Je dis ça sans agressivité, comme tout le reste d’ailleurs. 

Bien sûr, c’est de bonne guerre, vous allez nous dire qu’à votre arrivée en 2014, vous avez hérité d’une situation délicate, que vous avez traînée comme un boulet durant tout votre mandat, sans jamais parvenir à vous en délester. Ce qui expliquerait  que, malgré vos promesses de solutionner cette épineuse question, vous n’y soyez pas parvenu. 

Vous avez invoqué le désengagement, réel il faut le souligner, de l’Etat. Peut-être, en quelques mots, serez-vous tenté de vous dégager de toute responsabilité quant à cet état de fait".

"Il n’en demeure pas moins que vous n’avez pas résolu le problème de la dette chalonnaise et qu’il faut, précisément, reconnaître votre responsabilité". 

"Loin de faire preuve de « l’idéologie crasse » que vous m’avez ici-même attribuée, je lis régulièrement Le Figaro (Si si!), le journal quotidien que vous connaissez bien. Je le lis parce que, démocrate dans l’âme, j’ai pour habitude de prendre connaissance des opinions des uns et des autres. Cela me permet évidemment aussi d’être mieux informé. 

En lisant l’édition du Figaro du 11 novembre 2019, je suis donc tombé sur un article intitulé « Votre commune a-t-elle un problème avec sa dette ? » (1). Il semblerait que pour le Figaro, proche de votre famille politique dit-on, la ville que vous dirigez depuis 2014 a non seulement un problème avec sa dette mais aussi avec l’effort fiscal que vous demandez au Chalonnais". 

 

Même sanction du côté de Nathalie Leblanc, elle-aussi élue du groupe Chalon Autrement mais chef de file de la liste Cultivons Chalon, qui a enfoncé le clou face à Gilles Platret. 

"Ce rapport est particulièrement intéressant et pemret d'avoir une vue d'ensemble et de savoir si vous ave tenu vos engagements financiers.En 2013, vous aviez sonné l'alerte sur l'état des finances, essentiellement sur son niveau d'endettement. En 2015, vous aviez insisté sur l'insoutenabilité des grands équilibres  financiers de la ville qui imposait un plan de sauvetage des finances de la commune. Ce soir, on peut faire le bilan de votre fameux plan de sauvetage".

"Sur la durée de votre mandat, +3,6 millions d'euros de dette sur votre mandat. Le total de la dette de la ville de Chalon en 2014 était de 79,3 millions d'euros, le total de la dette en 2019 est de 81,4 millions d'euros. Effectivement, on remarque qu'en 2020 que cette dette s'élevera à 82,3 millions d'euros. 

Mais où est le fameux plan de sauvetage des finances de notre commune ? 

"Vous avez arrêté les grands programmes structurants à l'image des Près Saint Jean puisque c'était ça qui plombait la dette jusqu'à maintenant.Vous l'avez arrêté et on est au même niveau d'endettement. Dette excessive en 2014 ce sont vos mots, dette maîtrisée aujourd'hui ! Elle est au même niveau. La quasi totalité des aménagements a eu lieu pour le centre-ville. On voit quelles sont vos priorités. La dette n'est pas mauvaise en soi mais vous avez dégradé les finances. La capacité de désendettement reste supérieure à 12,5 ans, je rappelle qu'en 2013, elle était à peine de plus de 10 ans. Les montants annuels de remboursement de la dette sont en forte baisse, ça vous fait afficher une capacité d'autofinancement légèrement positive mais faut-il s'en réjouir ? Etaler la dette est-ce un bon signe pour les générations futures ? Vous n'avez pas amélioré les finances mais vous avez simplement étalé la dette. 

En 2014, vous aviez promis la transparence sur la gestion financière de la ville avec la mise en place de rendez-vous pour rendre compte, un audit sur les finances tous les deux ans et un conseil des contribuables. A la lecture de ce rapport, on comprend pourquoi l'ensemble de ces promesses n'ont pas été tenues. Vous avez pu faire illusion sur votre capacité à gérer cette ville. Les chiffres sont contradictoires par rapport à ce que vous claironnez depuis plusieurs années".

"On peut faire les simulations" lance Gilles Platret 

"De 2008 à 2014, l'augmentation était de 31 % base comprise (au sujet de la fiscalité local). L'effort fiscal on l'a stabilisé. Sur la dette, à périmètre de compétences constant, depuis combien de temps on n'a pas réussi à stabiliser la dette. Qu'on m'apporte les chiffres. On a stabilisé la dette ! Les dotations ont baissé de 4 millions d'euros par an, j'assume notre responsabilité. Force est de constater que c'est la première année qu'on a une baisse de dotation de ce niveau et on arrive malgré tout à maintenir ce qui existait. j'entends bien l'exercice à chercher le chiffre qui arrange. 2 millions de charge en plus sans compensation par l'Etat, ça fait une différence de 6 millions. Je veux bien qu'on dise ce qu'on veut. En plus on s'est privé d'un million d'euros de recette fiscale et 150 000 euros de baisses de tarif des services municipaux. On arrive à maintenir un budget au niveau d'endettement avec de nouveaux services. Vous pouvez critiquer les choix faits mais c'est dur à tenir. Je ne me lance pas dans la bataille de chiffres parce qu'elle va nous perdre tous". 

Laurent Guillaumé 

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