Bourgogne

L'accent porté sur le développement économique à la région Bourgogne-Franche Comté

En ouverture de la session du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, la Présidente Marie-Guite Dufay a mis en perspective les priorités du budget 2017.

Marie-Guite Dufay (PS)

«Je veux souhaiter des vœux de paix, dans un monde traversé par la fanatisme qui se sert de la religion pour semer la haine. Tout le monde doit s’unir. La seule réponse au fanatisme c’est l’union, entre les régions, les nations, entre les continents.
Je reprends les propos de François Mitterrand qui assurait que le nationalisme c’est la guerre. Il disait aussi que chaque culture affirme son identité.
Au moment où certains surfent sur les peurs, je veux dire l’importance de la construction européenne. Cela ne signifie pas que l’on ne doit pas réformer l’Europe ni la simplifier.
A la sortie de la guerre, c’est la coopération qui a été préférée à la compétition». C’est ce que Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté a déclaré en ouvrant la séance, ce jeudi matin à Dijon. Un message de paix pour placer le débat à un niveau plus exigeant que les chamailleries qui, trop souvent, émaillent les débats dans l’hémicycle.
«2017 pèsera sur ce qui se mène dans les Régions» n’a pas manqué d’avancer la Présidente en faisant clairement référence à l’élection présidentielle et aux législatives qui suivront.
BTP, formation, plan hydrogène… Marie-Guite Dufay a mis en perspective les soutiens de l’Etat pour ces dossiers essentiels.
Et de poursuivre : «Avant d’aborder le budget, je veux dire quelques mots sur la situation des personnels de la région. J’ai reçu une délégation de ceux qui ont appelé à la grève, mais aussi ceux qui n’appellent pas à la grève. J’ai fait le choix d’une méthode avec trois engagements : Dialogue et concertation. Je souhaite construire progressivement, avec cinq pôles stratégiques, avec dialogue et respect».
Pour les personnels, Marie-Guite Dufay devait affirmer avec force : «Il y aura le maintien du pouvoir d’achat à chaque agent. Pas de baisse d’indemnité. Cela ne signifie pas que l’on harmonisera par le haut. Je souhaite que chacun trouve sa place».
Elle devait ensuite détailler les grandes lignes du budget 2017, en mettant d’abord en avant la reprise des transports scolaires. « 82 agents des transports vont être intégrés cela représente 143 millions d’euros de dépenses, avec transferts des départements. Cela fait passer le budget à 1,5 milliard d’euros et le service, très hétérogène suivant les départements, sera harmonisé par le haut».
Marie-Guite Dufay présenta ensuite les trois priorités du budget, avec pour commencer : «+20% des crédits pour le développement économique, en allant plus loin sur le soutien à l’innovation. Les deux agences de développement seront fusionnées, pour accélérer sur les axes stratégiques».
Avec à côté de cela une ambition écologique avec des investissements dans les énergies renouvelables.
«+10% des crédits consacrés à la culture avec un engagement sur un pacte culturel, au nom du vivre ensemble. La culture ne sera pas une variable d’ajustement», affirma encore la Présidente.
«Les frais d’administration générale diminuent de 4% et les frais de personnels augmentent sont limités à 0,5%», ajouta la Présidente, jugeant sur le sujet : «Je ne partage pas le dogme de certains voulant absolument baisser les dépenses de fonctionnement, car c’est sur le dos des services au public. Je n’ai pas peur d’augmenter les dépenses quand on en a les moyens.
Avec notre épargne brute, nous sommes dans le peloton de tête des régions de France».
Enfin, elle apporta une précision : «Depuis le début de l’année la région n’a cessé d’interpeller l’Etat sur les dysfonctionnements informatiques pour les versements d’aides pour les porteurs de projets. Faute de réponse, on a mis en place un fond de soutien».


François Sauvadet (LR)

Prenant la parole juste après la présidente, Marie-Guite Dufay, François Sauvadet a tout d'abord tenu à «rappeler les événements tragiques de la semaine dernière : la route a encore tué. L'accident de Charolles s'ajoute à une longue série et démontre la nécessité des travaux de mise à 2x2 voies de la RCEA. Indispensable de poursuivre nos investissements en faveur de l'infrastructure routière régionale».

Revenant ensuite au grand sujet du jour, le budget, François Sauvadet parle du «moment le plus important pour un exécutif et pour une assemblée, surtout que la loi vous a confié le développement économique et la formation, bref, un rôle majeur pour l'avenir de nos territoires».
«La BFC ne va pas bien, elle figure parmi les dernières de France sur trop d'indicateurs» poursuivait-il avant de formuler le vœu «que notre Région aille mieux en 2017. Il faudra changer de braquet pour être à la hauteur des défis.
On ne peut pas se satisfaire d'une Région qui additionne ses anciens budgets. On veut une Région qui agit, qui soit force de proposition.»

«Nous somme prêts au débat de fond» assurait-il ensuite, «mais je souhaite qu'en 2017, l'opposition soit plus respectée et que nous puissions nous exprimer dans tous les documents de la Région».
Sur la grève du jour au sein du personnel de la Région, le leader de l'opposition s'indignait : «Il faut que les agents soient dans la rue pour que vous preniez au sérieux la négociation sociale. On sait que réformer est difficile, mais il faut savoir écouter.»
«Nous avions demandé avec le Président de la commission des finances un audit de nos finances» poursuivait-il : «J'aurais souhaité un débat public qui permette de tirer des enseignements des gestions passées des deux régions, Bourgogne et Franche-Comté».

François Sauvadet entrait ensuite dans le vif du sujet sur le budget : «Ça manque de structure et d'ambition, c'est du bricolage. Vous vous contentez de vous mettre à la remorque de la politique de l'Etat. Votre gouvernement nous annonçait des milliards d'économie grâce aux fusions. Vous vous contentez de dire qu'il n'y en aura pas.
Pourtant, il est possible de dégager 4% de dépenses de fonctionnement en moins».

Il dénonçait ensuite «une fusion qui coûtera en réalité plus cher» : «l'augmentation de la carte grise de +41% pour les Franc-Comtois : ce sont eux qui vont payer cash la facture. Vous n'engagez pas la moindre perspective de baisse des dépenses de fonctionnement. Toutes les autres régions le font».

Il émettait ensuite «des doutes sur les investissements annoncés» :
«Vous ne faites aucune économie et, parallèlement, vous annoncez un record d'investissement. Chacun sait bien que c'est de l'affichage. Ces 431 millions ne seront pas engagés financièrement. Votre Vice président annonce 360 millions. Et pour le reste ? Le budget ne peut pas être un document de communication.»

Je vais donc vous poser 5 questions précises :
-Quelles garanties allez-vous apporter montrant que tous les crédits d'investissements (431 millions) seront bien utilisés tout au long de l'année.
-Estimez-vous tenable de financer des investissements sans faire la moindre économie structurelle de fonctionnement ?
-Vous annoncez avoir fait un pas sur la convergence des politiques publiques à l'échelle Bourgogne-Franche-Comté. Envisagez-vous des économies sur ces convergences ?
-Quelles réponses apporterez-vous aux fonctionnaires de la collectivité qui manifestent aujourd'hui ? Quelle trajectoire visez-vous en matière de fonctionnement bi-site ?
-Vous avez pris des engagements en matière de transition énergétique. Qu'en est-il en traduction budgétaire ? Pour une recette fiscale supplémentaire inscrite de 14 millions d'euros, vous affichez sur le même exercice une hausse de seulement 2,5 millions dex crédits de la sous-fonction «énergie». A quoi est consacrée la différence ?


Sophie Montel (FN)

Piquée au vif par Marie-Guite Dufay, qui durant son discours a cité François Mitterrand et son célèbre, «les nations, c'est la guerre et l'Europe, c'est la paix», Sophie Montel, au nom du groupe Front National n'a pas manqué de dénoncer «ces prêches dont vous avez le secret, Mme la présidente», en mettant en parallèle l'épisode de la francisque attribué au socialiste sous le régime de Vichy…
Puis, elle s'est attelée à critiquer vivement les options budgétaires prises par la majorité socialiste. Avec déjà une critique sur un thème pourtant cher à la gauche, la culture, «elle est le parent pauvre de ce budget. Nul part je n'ai vu de rééquilibrage entre les conservatoires de Dijon et Besançon». «L'année dernière, vous nous avez parlé d'un budget de transition, enfin plutôt un budget bricolé sur un coin de table…bourguignonne. or, la lecture de ce rapport montre une évidence, l'absence de stratégie dans votre budget. Vous nous expliquez que vous avez trois priorités, l'emploi, l'environnement et enfin , l'inénarrable vivre-ensemble. Un an après l'élection, il n'y a toujours pas de cap». Elle a ensuite «tapé» sur les mesures liées à l'emploi prise par la région, en fustigeant qu'elle se mette dans les pas des mesures gouvernementales, «François Hollande aura tout raté et la baisse du chômage n'a jamais été entamée».
Pour elle la situation est noire en Bourgogne - Franche-Comté, «avec 350 000 personnes en dessous du seuil de pauvreté, en un mot, la région se paupérise».
Sur le grève des fonctionnaires du Conseil régional, elle plaide, «Tout devait bien se passer. Pourtant à Besançon les fonctionnaires grognent face à une présidente qui n'est jamais là, sûrement car elle est trop occupée à se faire connaître en Bourgogne».
Or, pour Sophie Montel, rien ne va dans ce budget, «32% de dépenses et 68% d'investissements c'est un mauvais ratio. Cette fusion est un mariage de dupe. Quid de la mutualisation, des doublons qui coûtent chers? Vous ne cherchez pas à réaliser des économies et il y a toujours plus de dépense publique, mais la fusion tant vantée n'a conduit à aucune réflexion».
Elle a également mis en cause «la gestion de l'équilibre entre les territoires» avec la suppression de «petites lignes SNCF capillaires». «Nous ne sommes pas un mini-Etat mais un conseil régional».

Compte rendu : Alain BOLLERY
Bruno LEDION et Nicolas RICHOFFER

 

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sur la manifestion des agents sur infos-dijon

 

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