Chalon sur Saône

« Etre un bon compagnon pour soi-même et pour autrui », à vous de cogiter copieusement

Coutumière du fait, Isabelle Thurel, formatrice en relations humaines, praticienne en communication relationnelle, propose à nouveau à Chalon-sur-Saône un stage à destination des volontaires désireux de faire de l’introspection un atout de taille.

Les samedi 26 et dimanche 27 septembre, celle qui a donné naissance en 2002 à l’association Espérances et Bienveillance, et voue un culte immodéré à la communication relationnelle selon la méthode ESPERE enfantée par Jacques Salomé, se focalisera sur le thème : »Etre un bon compagnon pour soi-même et pour autrui ». Soucieuse du moindre détail, l’animatrice détaille ci-dessous par le menu les fondements de la problématique du week-end.

Etre un bon compagnon, cela signifie quoi précisément ?

« Etre un bon compagnon pour soi, c’est être en bonne compagnie avec soi- même. Je me remémore cette phrase de Jacques Salomé qui en dit long : « La pire des solitudes n’est pas d’être seul, c’est d’être un compagnon épouvantable pour soi –même, c’est de s’ennuyer en sa propre compagnie».Je crois qu’être un bon compagnon, c’est commencer à apprendre, à retrouver un amour de bienveillance, de respect vis-à-vis de soi- même, qui est à la base de l’estime de soi, pour nourrir une relation vivante avec soi –même et avec les autres. En effet comment imaginer être un bon compagnon pour les autres, si je ne suis pas un bon compagnon pour moi-même…Si je suis la personne avec qui je vais passer le plus de temps, autant être un bon compagnon pour moi-même. »

 

Est-ce plus dur d'être un bon compagnon pour soi-même que vis-à-vis d'autrui ?

« Je vois des personnes qui arrivent pour la première fois en stage de communication relationnelle, qui ne se sentent pas en bonne compagnie avec elles- mêmes. Elles s’en plaignent d’ailleurs, et c’est pour cela aussi qu’elles viennent en stage. Pour opérer un changement en elles. Certaines personnes ne se respectent pas, se dévalorisent, d’autres n’osent pas se positionner, s’affirmer. Ou encore vont exister au travers de l’autre, des autres. Et c’est plus fréquent qu’on ne croit. Elles privilégient l’autre, tout en se niant. Est -ce réellement le respect vers l’autre ? N’est- ce pas plutôt un amour de soi-même, une peur d’exister, une soumission, ou de la dépendance à l’autre etc.  ? Je ne crois pas du tout que ce soit des relations authentiques dans ce cas -là…En formation, je montre qu’il est possible de sortir de cette victimisation en se responsabilisant et en commençant à faire pour soi tout en restant ouvert vers l’autre. La qualité de la relation change à partir du moment où nous réalisons un travail sur soi pour au fond être un meilleur compagnon. Elles apprennent à communiquer, à mettre des mots sur leur ressenti, à oser se dire….Au Québec ils ont une expression qui est tellement belle : Se dire les vraies affaires…ceci fait partie aussi d’un des ingrédients pour être un bon compagnon pour soi-même : oser se dire les vraies affaires. Je crois qu’il est important d’apprendre cette authenticité de la relation, pour être un bon compagnon pour soi-même, pour peut-être le devenir pour autrui ; bien sûr, il ne s’agit pas de s’imposer à l’autre. Je ne peux également ni vouloir pour l’autre, ni changer l’autre, je peux seulement changer ma relation à lui. »

 

 

 

Le naturel pousse-t-il à être foncièrement bienveillant par rapport à soi ?

« Pour certains, oui …mais ils sont plus rares qu’on ne le croit. Beaucoup, très inconsciemment j’insiste, se dévalorisent, se comparent, pensent que c’est toujours mieux chez les voisins…s’accusent ou accusent les autres, ont du mal à s’accepter tels qu’ils sont ; ils envoient dans la relation ou s’envoient beaucoup de messages toxiques, aveuglément. Là, nous observons qu’ils ne sont pas spontanément bienveillants envers eux- mêmes. Nous sommes issus d’un système relationnel, je devrais dire anti -relationnel, qui ne nous aide pas à ce regard bienveillant. Entendez bien que ce n’est pas une accusation, je crois que, justement c’est parce que nous n’avons pas appris. C’est aussi simple que cela. Communiquer et je rajoute, dans la bienveillance avec soi- même et avec les autres, et s’offrir un regard bienveillant s’apprend. Et c’est bon pour le compagnon que nous sommes d’oser faire ce travail relationnel. Avec un minimum de travail sur soi. Faire un minimum de travail sur soi veut dire : s’interroger : ai-je appris à m’écouter sans me culpabiliser, sans m’accuser, simplement m’écouter dans la bienveillance et le non-jugement, ai-je appris à me valoriser plutôt que me dévaloriser, à parler de moi, à prendre soin de mes demandes, de mes désirs et de mes besoins relationnels, à m’affirmer, à dire « non » pour me respecter et respecter l’autre, à achever mes situations inachevées, à soigner les blessures anciennes…Les outils, les règles d’hygiène relationnelle et les démarches symboliques vont nous aider grandement à cet autre regard que je qualifie de plus positif. Un regard bienveillant. Je propose également 4 grands ancrages pour commencer à s’apprécier : apprendre à s’aimer, non pas d’un amour narcissique, égocentrique, je le redis, mais d’un amour de bienveillance et de respect de soi, ouvert vers l’autre. Apprendre à se respecter, apprendre à se responsabiliser et apprendre à être fidèle à soi -même dans ses valeurs, ses choix de vie…Tout changement commence par soi –même. Nous voudrions toujours que le changement se fasse chez l’autre, et nous découvrons que cela commence par soi. C’est une belle découverte relationnelle quand la personne en prend conscience. Si je souhaite un mieux -être dans la relation à moi-même et à l’autre, quel que soit cet autre, c’est de l’ordre de ma responsabilité. Et si ce souhait est présent, de rencontrer le meilleur de soi, j’apprends, je découvre pour que cela devienne réalité. Et ainsi peut-être rencontrer le meilleur en l’autre. »

 

 

 

Quels sont les positionnements de l'homme et de la femme dans cette problématique ?  

« Je ne fais pas la différence. Je compléterais en disant, qu’il est vrai que ce sont les femmes qui ont fait bouger la communication et la relation, et qui ont commencé un travail sur elles- mêmes. Aujourd’hui les hommes viennent aussi en stage depuis quelques années, parce qu’ils sont quittés ; ils ne comprennent pas pourquoi ils sont quittés. Ensuite ils le découvrent et disent : si j’avais su avant …Un homme qui souhaite grandir ses relations et sa communication c’est beau à voir. Mais, homme ou femme, nous sommes tous des handicapés du relationnel et de la bienveillance, et nous sommes en difficulté de relation car nous n’avons jamais appris à entrer en relation et à communiquer. »

 

 

La méconnaissance de l'autre, l'obscurantisme, la peur de l'inconnu doiventvraisemblablement jouer leur partition ?

« J’entends bien, sauf que cette méthode est tellement pleine de bon sens simple et très parlante, que ces résistances- là tombent à un moment donné. Car nous sentons bien qu’il est important d’apprendre à communiquer, à entrer en relation pour un mieux -être avec soi et avec les autres. D’abord déjà prendre conscience du système anti- relationnel dans lequel nous vivons et qui existe depuis des générations, que j’évoquais tout à l’heure. Ce système n’est pas très aidant et engendre beaucoup de souffrance; je le montre à partir à partir de la visualisation ( outil très vivant et puissant qui montre ce que j’énonce par une représentation visuelle ); ce système est utilisé avec beaucoup d’inconscience, ce sont en fait toutes les erreurs, les malentendus, tous les pièges que nous commettons en matière de relation, repérables à partir de cinq pratiques dominantes : l’injonction, la dévalorisation et disqualification, la culpabilisation, le maintien des rapports dominant-dominé, sans alternance des positions relationnelles. Par rapport à ce système anti-communicatif, je propose de faire un pas de côté, et de commencer à changer de regard,  qu’il soit plus positif et bienveillant envers soi- même et envers les autres. Et commencer simplement petit à petit à faire différemment. Par exemple : est ce que je peux apprendre à parler de moi au lieu de parler sur l’autre à base de tu tu tu qui tue la relation que l’on appelle la relation klaxon ? Est-ce que je peux apprendre à dire mes besoins, mes demandes plutôt que d’accuser ou faire des reproches ? Découvrir que je peux me valoriser à sa juste place et aussi valoriser l’autre, me responsabiliser et installer des relations en réciprocité …Il est vrai que nous avons tenté de nous construire sur ce système, et ce n’est pas possible. Nous observons les dégâts. Par conséquent, nous avons à remettre du positif …. Ca se travaille .Et le changement intervient plus rapidement que l’on ne croit …Il ne s’agit pas de gravir un Himalaya relationnel. C’est un travail simple et concret, à partir des situations personnelles de chacun, de quelques outils relationnels et la mise en pratique. La peur de l’inconnu peut bien sûr être un obstacle, mais je peux aussi traverser ma peur et découvrir le désir derrière cette peur, et commencer à me faire confiance. Au fond, la reconnaître, ne pas lui donner du pouvoir, et commencer à entendre le désir réel et vivant qui se cache et oser. C’est de la joie d’apprendre à devenir un meilleur compagnon. »

 

Peut-on allier un regard positif sur sa personne, et sur son alter ego ? Faut-il que ce soit sur un pied d'égalité ?

« C’est possible de mon point de vue. Lorsque vous avez un regard bienveillant, et je ne parle pas d’un regard que l’on plaquerait sur soi, nous ne sommes pas dans le jugement. Nous sommes dans l’accueil, dans la compassion, dans l’empathie, dans la générosité…C ‘est comme une douceur de vivre, une qualité qui tend vers la bonté …et ce regard positif s’épanouissant s’exerce naturellement envers soi-même et envers les personnes qui nous entourent; la bienveillance ne se mesure pas, elle se donne. Elle se transmet. Il s’agit d’en prendre soin, seulement au cas où l’on souhaite améliorer ses relations. »

 

 

En quoi ces deux valeurs un poil antinomiques sont-elles importantes ?

« Etre bienveillant par rapport à soi comme vis-à-vis de l’autre dans un monde où le repli sur soi, l'individualisme et l’incivisme l'emportent souvent sur l'altérité peut sembler paradoxal. Effectivement, cette double attitude de bienveillance dans la relation avec soi-même et dans sa relation avec l’autre semble relever de l’exploit. Et pourtant, parce qu’elle prend en compte l’humain chez l’autre dans ma relation avec lui et l’humain dans ma relation avec moi, la bienveillance n’est-elle pas une qualité humaine qui a de la valeur pour chacun d’entre nous ? Parce qu’elle crée un mouvement vers l’autre et un mouvement vers soi, elle me permet de créer de meilleures relations et de me sentir à la fois un bon compagnon pour moi et peut être aussi pour l’autre. Comme je vous le disais précédemment, la bienveillance se décline aussi bien vers soi que vers l’autre par le respect, la considération, l’écoute, l’empathie, la volonté d’être auteur de soi sans vouloir être auteur de l’autre, mais en posant sur soi comme sur l’autre, un regard qui positive mes ou ses possibles. Elle implique donc de renoncer à l’accusation, à la dévalorisation, au rejet, à la manipulation, à l’intolérance, à tout jugement de valeur, à la victimisation, etc. que ce soit vis-à-vis de soi comme vis-à-vis de l’autre. Cette disposition de bienveillance rend donc possible la mise en pratique des valeurs morales comme la justice, le refus de la violence, l’intégrité, la fraternité, l’égalité… . Sa finalité est donc d’atteindre l’harmonie et plus de paix. »  

Après le stage il doit falloir continuer de travailler les deux aspects ?

« Comme toute chose. Quelques repères, quelques outils et quelques ancrages : apprendre à s’aimer, à être fidèle à soi- même, à se respecter et à se responsabiliser. Nous développerons ces repères au cours du stage. »

Avez-vous déjà abordé ce thème dans un stage, et si oui, avez-vous été surprise par les réactions ?

« J’ai souvent abordé ce thème de stage : être un bon compagnon pour soi- même et pour autrui. C’est un thème qui est sollicité. Et généralement il est très bien accueilli. Ce dont je suis surprise en stage, c’est de voir comment les personnes, avec un seul mot, une phrase, peuvent faire un véritable levier de changement dans leur propre vie. Dans un groupe, très vite un climat de confiance s’installe, et les personnes s’ouvrent. Elles osent mettre des mots sur des situations, qui libèrent de nouvelles énergies. Et au-delà de la prise de conscience, les apports, les pistes proposées, la mise en pratique des outils et des règles d’hygiène relationnelle permettent d’agrandir ce levier de changement. Comme par exemple, apprendre à nous responsabiliser en n’entretenant ni victimisation, ni dépendance envers les autres, se positionner, faire des demandes claires, être à l’écoute de ses ressentis, se faire confiance, prendre soin de besoins, ceci tout en restant ouvert à l’autre. Si vous commencez à réaliser un travail sur la relation à vous- même, à l’autre, et à offrir une communication vivante, les relations seront en meilleure santé et plus épanouissantes. C’est un chemin possible pour devenir un meilleur compagnon pour soi- même, et peut être le devenir pour autrui. »

 

Renseignements/inscriptions :

Au 06.08.45.10.19, à l’adresse suivante : isabelle.thurel3@free.fr, ou sur le site flambant neuf : www.esperancesetbienveillance.com

                                                                                               Michel Poiriault

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