Chalon sur Saône

Portrait d’une Comédienne-autrice-réalisatrice-interprète chalonnaise qui présentera sa pièce « Ici / Là-bas » au Festival d’Avignon

Sa pièce de théâtre sera jouée le 6 juillet au Festival d’Avignon. 10 représentations dans un théâtre sont prévues au cours du festival !

Info-chalon.com lance une série de portraits de Chalonnais ou grands chalonnais. Aujourd’hui, info-chalon.com a rencontré Christine Gandois, qui a répondu à nos questions. En toute simplicité, au gré des échanges, elle nous fait part des difficultés qu’elle a rencontrées au cours de sa vie, des bouleversements, des changements  qui l’ont ponctuée et qui l’ont menée jusqu’au spectacle vivant, pour arriver à affirmer cette phrase : « Le théâtre, c’est une évidence, c’est cela qui me porte aujourd’hui ! ».

« Je me nomme Christine Peran – Gandois, je suis née en 1970 à Chalon-sur-Saône, à l’ancienne Clinique Sainte-Marie. J’ai commencé ma scolarité à Saint-Marcel car mes parents résidaient sur cette commune. Ensuite, pour le second degré, j’ai poursuivi mes études à Mathias, où j’ai obtenu mon BAC scientifique. Mais je dois dire, que du collège au Lycée, j’avais déjà commencé à faire du théâtre avec ma professeure de Français, Madame Royal,  dés la 5ème et 6ème. C’était une prof admirable que j’adorais et qui nous avait transmis tout l’univers de cet art qu’est le Théâtre. Grace à elle, d’ailleurs, nous avions participé à la première manifestation théâtrale à la Maison de la Culture (Espace des Arts) lors de l’évènement « Festi-Théâtre ». Elle avait fait venir un metteur en scène de Paris et nous avions interprété « Intermezzo » de Giraudoux ; on avait joué aussi du « Labiche ». Cette passion pour le théâtre m’a toujours habitée, certaines fois de façon homéopathique. Après mon BAC, j’ai quitté Chalon pour suivre un DEUG en Sciences de la Nature et de la Vie à Dijon. Néanmoins, je me suis vite rendue compte, que cette orientation ne me convenait pas du tout. Du coup, j’ai passé dans la foulée le concours d’entrée d’Ecole d’infirmière que j’ai obtenu. Je suis donc partie sur Paris à l’Hôpital Cochin (14ème arrondissement) pour mes études puis j’ai exercé mon métier d’infirmière en bloc opératoire et aux services des urgences.

C’est d’ailleurs là-bas, que j’ai rencontré l’homme qui allait devenir mon mari en 1993. En 1995, c’est la naissance de ma première fille Lucie et en 1997 de  ma deuxième Valentine. Nous revenons tous à Chalon en 1999 pour raisons professionnelles pour mon mari. Etant à ce moment là sans travail,  je me lance le défi de me présenter à l’examen de l’école des cadres au Vinatier à Bron où je suis reçue. A 31 ans, je fais donc ce cursus où je suis parmi les benjamins de la promotion, et je termine en obtenant l’examen 1 an plus tard. Je décroche une place de cadre à Beaune, en service réanimation, pour finir dans le service des urgences. A ce moment là, j’ai ma troisième fille Louise et j’arrive à me rapprocher de Chalon, en obtenant un poste à la Clinique Sainte Marie comme Directrice des soins. Je vais exercer là-bas pendant 3 ans !

A 40 ans, je décide de passer un  Master en Economie de la santé à Dijon et à Lyon que j’obtiens en 2010. La vie bascule entre 2011 et 2012 quand mon mari tombe gravement malade puis décède. Je décide de prendre des cours de théâtre au Conservatoire du Grand Chalon 2 heures par semaine avec mon professeur Jacques Arnoux, ce qui m’a fait énormément de bien. Et puis un jour, j’ai tout arrêté au niveau professionnel, c’était devenu pour moi une évidence, « le Théâtre c’est ce qui me porte aujourd’hui ! »  J’ai donc passé mon 3ème cycle de théâtre, obtenu mon CET (Certificat d’Etudes Théâtrales) et après, j’ai eu l’opportunité de faire un parcours sur un an où j’ai basculé sur la création et l’écriture. Et un jour, j’ai été complètement bluffé par le film d’Arcadie « Ce que le jour doit à la nuit », inspiré du roman de Yasmina Khadra. J’ai lu le livre et j’ai ressenti une émotion encore plus forte. Je me suis dit : « c’est exactement ce qu’il faut que j’adapte au théâtre en y mettant de moi ». J’ai donc réadapté et revisité ce roman à ma façon en y ajoutant une correspondance et ma propre histoire. J’ai eu aussi la chance en novembre de rencontrer l’auteur du livre, c’était une très belle rencontre que je garde au fond de mon cœur.

J’ai donc décidé de lancer l’écriture sous l’impulsion d’une metteuse en scène, Sandrine Delsaux, qui elle-même écrit ses textes et que je connaissais en région parisienne, car  j’avais effectué des stages d’interprétation à ses côtés. Voilà comment le  bébé (la pièce) est né ! J’ai effectué trois premières représentations, deux à Chalon (Théâtre du Grain de Sel  et au Conservatoire du Grand Chalon) et une à Saint-Marcel (Réservoir) où à chaque fois j’ai eu des retours très chaleureux et beaucoup d’encouragements. Comment est venu le festival d’Avignon ? J’avais été voir Sandrine Delsaux, il y a deux ans, en tant que spectatrice. Elle interprétait une de ses créations et cela ma donné envie de vivre cette aventure. J’aime la pièce que je joue, je n’avais pas envie qu’elle s’arrête là ! Aussi comme j’étais tombée amoureuse de la rue des Teinturiers à Avignon, j’ai contacté le théâtre de l’Ange au 15 de cette rue, à qui j’ai fait parvenir le thème de ma pièce et quelques extraits et ils m’ont répondu « Banco » ! Le théâtre m’a même demandé de jouer en avant première, du Festival d’Avignon (le 6 juillet) et m’a proposé  10 représentations avec des passages à 20 heures pour les dates du 6 au 16 juillet inclus. Si des chalonnais veulent venir me voir, ils peuvent réserver leur place au 04 32 40 04 35 (téléphone du théâtre). Si je suis accompagnée ? J’ai la chance aussi d’être très bien accompagnée, Bruno Bernard, mon compagnon, qui a composé toutes les musiques et qui m’aide beaucoup à prendre du recul. Solange Mora pour la mise en scène, les répétitions, c’est une belle personne avec qui je partage une grande complicité ».

Comment le théâtre est entré dans votre vie ?  « Comme je l’ai dit ci-dessus, j'ai commencé à pratiquer le théâtre en 5ème . Très vite, je me suis sentie viscéralement imprégnée … Je comprenais autrement la vie à travers les sensations que procuraient le théâtre. Puis j'ai souhaité confronter mon cheminement personnel à l'expression théâtrale en explorant l'écriture, ainsi est né « Ici/Là-bas ». Ariane Mnouchkine nous porte tous superbement : « Le théâtre a charge de représenter les mouvements de l'âme, de l'esprit, du monde, de l'histoire ».

Quel metteur en scène vous a influencé ? « Je ne pense pas avoir été inspirée par un metteur en scène en particulier, mais par des auteurs forts puis des metteurs en scène qui s'emparent selon leur personnalité des situations, des mots. Comme dans toute forme d'art, une œuvre retranscrite est toujours différente selon son auteur. C'est la magie de nos différences. Dernièrement, j'ai eu la grande chance de rencontrer Daniel Mesguich ... et je crois qu'il y aura un avant et un après cette rencontre !!! ».

 Quels acteurs de théâtre féminins et masculins vous a séduit et dans quelle interprétation ? « Mon regard aujourd'hui s'aiguise peu à peu autour des différents jeux. Impossible de rester à distance ! Je reste bluffée et à chaque visionnage très impressionnée du jeu de Gérard Depardieu dans Cyrano de Bergerac. Le texte d'Edmond Rostand est sublimé par cet acteur spontanément vrai. Et dans le théâtre pur, j'ai aimé le jeu théâtral d’André Dussolier dans Novecento. Son énergie et sa justesse déployées dans ce monologue magnifique m'ont confortée dans ce que je voulais transmettre à travers ma pièce.

Dernièrement, j'ai adhéré pleinement au jeu d'une amie comédienne à Paris, Sophie Leclercq dans « Evadées » de Sandrine Delsaux, dans lequel elle interprète une détenue écorchée vive qui va accepter de laisser parler sa douceur. Magistrale interprétation … ».

Pour votre œuvre que voulez vous transmettre ? « J'aimerais transmettre un apaisement ; celui que j'ai eu la chance de vivre en découvrant le film puis le livre « Ce que le jour doit à la nuit » de Yasmina Khadra. Au delà des fêlures qui peuvent habiter les exilés, les colonisés, les déracinés, il y a toutes celles qui sont transmises et qui font souffrir à travers les générations. N'est-il pas urgent de s'interroger sur ce que l'on veut ou non continuer à transmettre ? Alléger ses valises … Quête qui devrait être universelle ... ».

Votre meilleur souvenir ? « Les 24h non stop de répétition avec toute l'équipe du 3e cycle Théâtre pour monter « Small Talk » de Carole Fréchette. Notre professeur Jean Jacques Parquier nous avait accueilli dans sa structure le Théâtre à Cran, et nous avait lancé le défi de pouvoir jouer cette magnifique pièce à la fin des 24h ... Défi relevé pour un spectacle de plus de 2h... Une immersion sans pareille ... ».

Votre pire souvenir ?  « Un stage de théâtre autour d’Antonin Artaud ... Déstabilisation maximum avec beaucoup de souffrances remontées à la surface. En totale osmose avec Artaud ! Mais qui finalement m'aura servi à prendre la grande décision d'oser me consacrer totalement au théâtre … « D'un inconvénient peut naître un avantage » dixit une personne qui m'est chère ».

 

Que défendez-vous dans la vie ? « Le respect de l'Autre mais aussi le respect de soi. En ayant cette conscience d'exister au plus juste dans ce que l'on veut être au monde ; en se donnant les moyens quoiqu'il arrive d'atteindre son objectif et d'accepter de ne pas l'atteindre … et toujours transformer et se laisser transformer... ».

 Quels sont vos futurs projets ? « Après Avignon, j'espère pouvoir défendre ma pièce dans des lieux différents, intimistes ou non, et dans les lycées afin d'aider nos jeunes à se questionner sur cette nécessité de connaître l'Histoire en se sentant apaisés. Admettre et accepter ... Par la suite, j’espère jouer à nouveau avec une équipe autour d’une création théâtrale et pourquoi ne pas écrire à nouveau ! ».

 

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