Chalon sur Saône

Huster-Laspalès "A droite, à gauche"...et balle au centre !

Le sempiternel clivage droite-gauche a trouvé à qui parler mardi soir au Parc des Expos de Chalon-sur-Saône, au motif de comédie « A droite, à gauche ». Servie par Francis Huster et Régis Laspalès la pièce a cassé les codes en bousculant les idées reçues, et fait du rire une constante.

Une opposition de style, avec des comédiens épatants

Pour le deuxième chaînon des Théâtrales 2017-2018, qui en comporte six, le boyau de la rigolade s’est focalisé sur des comportements pour le moins atypiques. Il faut dire que le dramaturge est Laurent Ruquier, ceci expliquant cela, le cerveau n’étant pas du genre à faire les choses à moitié ! Avec lui les frontières de la bien-pensance n’existent plus, et les jeux de mots abondent. Tout part de la chaudière en arrêt de fonctionnement d’un acteur nanti, connu et reconnu (Francis Huster), que le chauffagiste missionné (Régis Laspalès) s’ingénie à réparer. A ce stade on ne défraie pas la chronique, mais dès lors que les opinions politiques, marquées, exhalent leur saveur, si. Dans le second cas et à la surprise générale, l’ouvrier clame qu’il est de droite : « Je peux pas être de gauche, je n’ai pas les moyens », se justifie-t-il. S’adressant à son illustre client, qui revendique haut et fort son adhésion pleine et entière à la gauche, il a d’autre part cette saillie : »Votre chaudière n’est pas PS, elle est HS ! » L’humoriste patenté  se permet même une tirade macroniste : »Je suis ni de droite ni de gauche, je suis comme vous souhaiteriez que votre chaudière soit : en marche ! » Tout au long des dialogues le décalage s’avère profond entre les deux protagonistes, que tout sépare sur le papier. Chacun campe sur ses positions. L’acteur, victime à un moment donné d’un malaise non pas vagal, mais « vaginal », est « sauvé » de sa fâcheuse posture par le plombier. On se laisse aller à moult confidences grâce à un grand cru qu’ils honorent. Et le chauffagiste, de plagier maladroitement l’affirmation de Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand lors d’un débat télévisé : »Vous n’avez pas « la ménopause » du cœur ! » Quant à Francis Huster, diablement énergique, obnubilé par la politique, éructant parfois un langage trivial, il devait s’époumoner à démontrer par a + b qu’être de gauche c’est partager, avec des valeurs au-dessus de tout soupçon. Il y a eu matière à rire dans ce mano a mano qui a largement débordé sur les zones d’ombre, doux euphémisme, ainsi que sur les travers de la gent humaine. Absence de vainqueur il y aura. Mais la conclusion revint à Francis Huster : «On a besoin l’un de l’autre. Sans la gauche il n’y a pas de droite. » Une lapalissade qui a la vie dure…

 

Crédit photo : Hélène Pambrun                                                     Michel Poiriault

                                                                                                             poiriault.michel@wanadoo.fr   

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