Chalon sur Saône

EHPAD du Bois de Menuse à Chalon-sur-Saône : « Messieurs et Mesdames les actionnaires, c’est bien gentil de faire des bénéfices, mais votre personnel est en détresse ! »

Des tâches supplémentaires qui provoquent un gros ras le bol pour le personnel et à tous les niveaux : Aides soignantes, infirmières… retour sur la journée de grève.

Ce jeudi, à la résidence de l’Ehpad Rue du bois de Menuse, situé 56 chemin de la Coudre à Chalon-sur-Saône, le personnel avait organisé dans le cadre de la journée nationale de grève et d’actions, une manifestation soutenue par les syndicats F.O et CGT.

Une trentaine de personnes regroupant du personnel soignant, cadres mais aussi  familles qui représentaient les résidents, étaient présents pour apporter leur soutien aux revendications des salariés de ce centre qui dénoncent des conditions de travail intolérables. 

 Info-chalon. Com a recueilli le témoignage d’une personne qui désire garder l’anonymat mais dont la maman est admise dans ce centre : « Vous savez, ce n’est pas donné le placement en Ehpad. Pour ma mère, je paye 2200 euros par mois, quand on sait qu’elle ne bénéficie que d’une douche par semaine (le jeudi). Je trouve cela anormal. Vous accepteriez vous de prendre qu’une douche par semaine ? Je n’en suis pas sûre ! Néanmoins, je n’en veux pas du tout au personnel soignant, bien au contraire, les pauvres, elles font ce qu’elles peuvent et travailler à la chaine comme elles le font, c’est inhumain. La toilette de ma mère est faite néanmoins tous les jours, et les aides soignantes et infirmières sont formidables, mais quand même, il n’y a qu’en France que l’on voit de telles conditions pour les personnes âgées. Alors les actionnaires au lieu de s’en mettre plein les poches, ils feraient mieux d’embaucher du personnel pour une meilleure condition de vie de tous! ».

Info-chalon.com a recueilli le sentiment du personnel soignant de la résidence du Bois de Menuse, Marine, Aya, Catherine et Laura témoignent (voir photographie): « Actuellement, nous devrions être tous les matins, 6 aides soignantes pour s’occuper de nos 60 résidents. Le problème c’est que tous les matins, il y en a une de nous, qui est en « Jpôle », ce qui veut dire, qu’elle est tributaire des arrêts maladies aussi bien dans notre structure qu’ailleurs. Donc, elle peut être décalée en soirée, ou bien aller travailler ailleurs (autre ephad, hôpital…), et dans ce cas là nous nous retrouvons à 5 et une surcharge de travail considérable. Cela n’a que trop duré car cela devient récurrent. Nous passons alors à 12 personnes à s’occuper : toilettes, faire manger etc..

Le problème c’est que notre temps devient minuté, et pour arriver à faire un travail de toilette par exemple de nos résidents, il ne nous reste que 10 minutes par résidents. On a même plus le temps de converser ne serait-ce qu’une minute avec eux, sinon cela va nous décaler pour les autres, voire il faudra accélérer la toilette de la personne suivante  pour récupérer le temps.

C’est inadmissible car il n’y a plus de lien social avec ces personnes qui bien souvent n’ont plus de famille, qui n’ont plus que nous pour avoir un échange, et même cela elles ne peuvent plus l’avoir ! Quant à nous, à chaque toilette, on pense déjà à la prochaine en se demandant si on va avoir assez de temps. Dés que l’on a un souci avec un résident, c’est le résident suivant qui en paie les conséquences car on doit récupérer le temps perdu ! Vous trouvez cela normal vous ? Et quand on tombe sur une personne impotente, il faut qu’une autre aide-soignante vienne nous aider, et c’est elle ensuite qui a les mêmes problèmes de temps à récupérer. Non honnêtement, c’est une grosse pression morale et cela devient intolérable pour nous comme pour eux.

En plus, il y a de plus en plus de personnes dépendantes où il faut être deux. Il y a aussi les personnes en état de démence, celles qui ont l’Alzheimer, non seulement il faut les laver et leur donner à manger, mais ce sont des personnes qui demandent beaucoup d’efforts physiques et morales car leurs prises en charge sont différentes et forcement on prend plus de temps. On travaille 7 heures 36 par jour, mais je peux déjà vous dire que c’est du non-stop, aucune pause, rien, les conditions de travail sont pitoyables. Que dire également des assistantes hôtelières et des infirmières qui elles aussi ont des surcharges de travail qui augmentent et qui bien sûr délèguent aussi de plus en plus, ce qui créé des tensions entre nos équipes.

Nous, c’est simple, quand on rentre on est éreintées, on a mal au dos, on est complètement cassées et on a le moral au plus bas. Alors oui notre cadre est à l’écoute mais d’un autre côté elle n’a pas le choix car elle doit gérer les remplacements. Mais que dire de la Direction Générale, on ne les voit jamais et quand ils viennent, ils s’enferment avec la cadre dans un bureau comme la dernière fois. Mais ils ne viennent même pas nous voir pour parler de nos conditions. Nous en plus, on ne demande pas une revalorisation de salaire, c’est même pas ce que l’on demande : nous on veut 1 à 2 personnes supplémentaires pour que l’on soit 6 tous les matins à travailler ensemble afin de s’occuper que de 10 résidents chacune. Car lors des repas il faut surveiller aussi les déglutitions, les fausses routes… c’est aussi une grosse responsabilité, car en cas de problème, sur qui cela va retomber ? Je vous le demande ? Et bien sur nous ! » 

         

J.P.B

       

 

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