Chalon sur Saône

Don réciproque de soi, réaction en chaîne, le concert d'Amir à Chalon n'a pas fait dans la demi-mesure

Déjà en place dans cette même salle Marcel-Sembat en mars 2017, le chanteur franco-israélien Amir, par ailleurs auteur-compositeur, est revenu à Chalon-sur-Saône sur le théâtre de ses bienfaits ce mardi soir, transportant d’aise environ mille trois cents spectateurs qui avaient pour les plus louangeurs d’entre eux les yeux de Chimène. L’alchimie a fonctionné à merveille, l’applaudimètre passant le plus clair de son temps à être en proie à une agitation ô combien bénéfique !

L’amour en porte-drapeau éclatant

Troisième à The Voice en 2014, sixième au Concours Eurovision de la chanson pour le compte de la France en 2016, Amir, fort de ses trois albums (« Vayehi » en 2011, « Au cœur de moi » en 2016, et plus près de nous « Addictions » en 2017), de ses singles, n’est pas du genre à faire les choses à moitié, que ce soit sur scène ou en dehors. C’est un véritable showman sempiternellement en mouvement et survitaminé, qui distribue plantureusement ses émissions platoniques. L’amour et tout ce qui gravite autour s’avère le maître-mot qui transcende ses chansons en en faisant gaillardement swinguer la quintessence. Il en est ainsi de la résonnante «Les rues de ma peine », titre ayant démarré en trombe son tour de chant, et par conséquent mis en émoi les écoutants. Sur un même registre, le très souriant, intenable et harangueur (avec des « Chalon » par-ci, des « Chalon » par-là) Amir, secondé par des musiciens surchauffés et les riffs de guitare, aura sué sang et eau, parfois dans un barouf d’enfer, afin que transparaisse l’exacte vérité de ses paroles significatives. « Sors de ma tête », « I know », « L’amourant », « On dirait », « J’ai cherché », « Au cœur de moi », et bien sûr « Etats d’amour », furent notamment  teintés de cette coloration poético-romantique. A l’occasion prend-il transitoirement la tangente. « Anja » est un exemple frappant d’un fatras intérieur touchant de plein fouet une petite fille, et là aussi l’affect est ébranlé. L’un dans l’autre…Pour emprunter une image du vocabulaire sportif, le public a procédé à « un marquage à la culotte », c’est-à-dire qu’il fut dans l’instantanéité : chantant, formant une forêt de bras levés le smartphone en guise de lumignon le cas échéant, se manifestant à plusieurs reprises par le fameux ban bourguignon, ce qui fit dire à un moment donné au demi-dieu de la soirée : »Vive la Bourgogne ! » L’assistance a fait ami-ami avec son chanteur. Ou plutôt Amir-ami, mais ça, c’était tout sauf un secret de polichinelle !

                                                                                                                 Michel Poiriault

                                                                                                                 poiriault.michel@wanadoo.fr                 

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