Chalon sur Saône

A Chalon sur Saône, Gilets Jaunes, organisations syndicales et lycéens ont joué la convergence des luttes

De nombreux syndicalistes de la CGT se sont rassemblés, ce vendredi à 14h30, devant la Maison des Syndicats. Une action placée sous le signe du soutien au mouvement lycéen et dans une convergence des luttes avec les Gilets jaunes.

En dépit du froid, nombreux furent les syndicalistes à répondre à l'appel de la CGT à une manifestation dans les rues de Chalon, rassemblement auquel se sont ajoutés quelques jeunes membres de La Voie Lycéenne. Après son discours, Claude Cadot, secrétaire général de  l'Union Locale CGT, en geste de solidarité, invita un des lycéens présents, Kylian, à s'exprimer au micro, muni d'un tract imprimé par leurs soins, servant de communiqué.

Bien que pris de court, le courageux jeune homme, qui vient d'effectuer son premier discours en public, espère une vraie mobilisation des lycéens dans ce qui se profile comme «le dernier coup de force de l'année» et «une belle occasion de faire entendre (leurs) revendications».

Dans le cadre de cette mobilisation, plusieurs actions particulières sont annoncées.  Ainsi, par l'intermédiaire de Claude Cadot, l'Union Locale CGT appelle, le mardi 18 décembre, à manifester aux côtés des lycéens, vent debout contre ParcouSup, la loi Orientation et Réussite des Etudiants (ORE) basée sur les critères de sélection à l'entrée des écoles, la réforme du baccalauréat, des lycées professionnels, . Par ailleurs, les lycéens réclament également le droit de grève et sont opposés au projet de service militaire obligatoire (SNU). 

Le syndicat, qui réclame «la hausse des salaires, des pensions, des allocations, des indemnités et pour une sécurité sociale de haut niveau», appelle tous les salariés à poursuivre la mobilisation, le 18 décembre et estime, revenant sur l'allocation enregistrée de 13 minutes de lundi dernier, que «le président de la République s'est livré à un véritable exercice d'enfumage». Pour la CGT, en plus des revendications auxquelles il faut répondre, souhaite le rétablissement de l'ISF ainsi que la relance de la politique industrielle du pays et exige des négociations avec les entreprises et les services publics.

Les manifestants, histoire de leur témoigner de leur soutien, se sont dirigés vers le Tribunal de grande instance (TGI), situé au 4 Rue Émiland Menand, où comparaissent devant le  procureur de la République, Damien Savarzeix, six Gilets jaunes, trois hommes et trois femmes,  suite au blocage de nombreux véhicules circulant sur la RCEA dans la nuit de mercredi à jeudi à Saint-Rémy. 

Hélas, les prévenus étaient déjà partis. Quatre d'entre eux seront jugées le 7 février 2018 pour «entrave à la circulation». Désormais placées sous contrôle judiciaire, elles ont l’interdiction de se rendre aux manifestations. Quant aux deux autres, elles seront jugés  lundi 17 décembre à Chalon sous la forme de la comparution immédiate et sont donc placés  en détention provisoire pour «entrave à la circulation», comme les autres, mais aussi pour « dégradation en réunion».... concernant un radar fixe!

Après avoir marqué une pause, le cortège, cheminant sur une bonne moitié du  Boulevard de la République, s'est rendu vers la permanence du député LREM de la 5ème circonscription (Chalon-Montceau), Raphaël Gauvain, au 34, rue d'Autun. La permanence était sous surveillance policière, suite à de de précédents incidents.

Les manifestants agglutinés autour de la permanence, virent arriver le député. En dépit d'un accueil pour le moins peu chaleureux, ce dernier ne s'est pas démonté, tentant même de convaincre un auditoire hostile de sa bonne volonté. Un vif débat s'engage entre M. Gauvain et certains représentants du mouvement syndical. Certains n'hésitant pas à l'invectiver. Le dialogue est-il possible dans cette ambiance houleuse ? 

Force est de reconnaître le courage de sa démarche. 

La majorité des manifestants, peu convaincus par les propos du député continuèrent leur marche. D'autres, issus de plusieurs syndicats et mouvements y compris le PCF, tout aussi déterminés, entamèrent un dialogue avec le député, lequel invite toute personne de bonne volonté à bien vouloir prendre rendez-vous avec lui. 

«La phase de la confrontation est terminée. Nous sommes actuellement dans le dialogue.», nous explique-t-il.

Les Gilets jaunes et les syndicats accepteront-ils la main tendue?

Les choses allant très vite, personne, à l'heure actuelle, n'est en mesure de le certifier.

Quoiqu'il en soit, nous sommes la veille de l'acte V du mouvement des Gilets jaunes, les lignes vont-elles bouger?

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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