Chalon sur Saône

Carte blanche à N.T. Binh pour les 30 ans de La bobine

Pour ses 30 ans, La bobine organise un festival autour des comédies musicales et dont N.T. Binh est le parrain.

La bobine fête actuellement ses 30 ans sur le thème des comédies musicales. Et le parrain de ce trentième anniversaire n’est autre que Nguyen Trong Binh, spécialiste en la matière. L’association lui a donné carte blanche pour organiser le programme du Festival Comédies musicales, la joie de vivre au cinéma.

 

Lors de la soirée de lancement du festival-anniversaire, qui se déroule du 10 au 13 janvier au cinéma Axel, Chantal Thevenot, accueille de « l’ami de longue date de La bobine », qui lui a apporté de nombreux conseils depuis qu’elle a pris la présidence de l’association et qui vient pour la onzième fois à Chalon : « Critique à Positif, et membre du comité de rédaction de cette revue, c’est à ce titre que Binh est venu souvent à La bobine animer des soirées avec des réalisateurs, puis proposer des festivals dès 1994, animer des ciné-concerts, présenter son documentaire ‘‘Claude Sautet ou la magie invisible’’, et animer en 1995 dans le cadre du centenaire du cinéma un colloque sur la couleur et une table ronde autour de la Caméra d’or. Car il avait soufflé l’idée géniale de contacter Kodak et de faire à Chalon une sorte de relai avec Kodak, qui était parrain du prix à Cannes, en faisant tous les ans une soirée spéciale en invitant le réalisateur primé lors du Festival de Cannes. Cette idée a tenue bon, elle a durée tant qu’a duré Kodak-Chalon et nous a permis de recevoir des réalisateurs étrangers, ce que l’on n’aurait pas pu faire seuls. Binh a également été commissaire de l’exposition ‘‘Paris la Belle’’, consacrée à Prévert, dans la foulée de laquelle nous avions organisée trois jours de festival ciné-poésie pour fêter les 20 ans de La bobine. »

 

Le critique de cinéma, enseignant, maître de conférences à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, commissaire de l’exposition Comédies musicales, la joie de vivre au cinéma, visible jusqu’à fin janvier à la Philharmonie de Paris*, parle de La bobine : « Avec Chantal on s’est connu chez des amis, et une amitié est née qui ensuite s’est développée. Chantal me parlait de La bobine. La première fois qu’elle m’a dit le nombre d’adhérents qu’il y avait dans cette association, je lui ai demandé de répéter. Je pensais qu’elle avait ajouté un zéro pour m’impressionner. On se rencontre chaque année au Festival de Cannes, où Chantal avec son équipe vient pour programmer les futures saisons de La bobine mais aussi rencontrer les réalisateurs en leur demandant s’ils voudraient bien venir à Chalon. La caméra d’Or et le rayonnement des invités qui venaient à Chalon ont beaucoup fait pour la réputation de La bobine. Et maintenant, dans la France entière mais aussi à l’étranger, on connait Chalon-sur-Saône grâce à La bobine dans le monde du cinéma. Tous les réalisateurs, tous les acteurs, tous les techniciens, tous les collaborateurs qui sont passés par La bobine s’en souviennent. Il n’y a même plus besoin de faire la pub de La bobine dans le monde professionnel du cinéma parce que l’on sait que la salle va être pleine. Il y a un lien très fort qui a été consolidé entre La bobine et les distributeurs de films indépendants, qui se battent pour offrir la plus vaste offre cinématographique possible dans l’art et essai. Parfois en deux séances à La bobine, un film indépendant sorti par un distributeur faisait plus d’entrées qu’en pleine programmation à Paris en une semaine. »

 

N.T. Binh explique concernant les comédies musicales : « Ce genre, que j’ai toujours défendu, et qui avait besoin d’être défendu dans le public cinéphile français, est aujourd’hui subitement à la mode. Ça a à voir avec le succès de ‘‘La La Land’’ il y a à peu près deux ans de ça. ». Et de compléter sur la programmation qu’il a construite pour ce trentième anniversaire de La bobine** : « ‘‘Chantons sous la pluie’’. Il fallait que je démarre cette programmation par ce film-là parce qu’il réunit deux publics différents, le public qui aime les comédies musicales et le public qui n’aime pas les comédies musicales. C’est un film pour tout le monde. C’est un film dont à chaque vision on redécouvre des choses, on s’aperçoit d’une certaine réflexion dans le genre lui-même de la comédie musicale mais aussi dans ce cinéma hollywoodien. Je tenais aussi à ce qu’il y ait un film avec Fred Ester, ‘‘Le danseur du dessus’’. Sans doute son plus grand succès. Fondateur de la comédie musicale intégrée où il y a un art de la transition entre les parties de comédie, entre le récit et les intermèdes ou les numéros musicaux. ‘‘West Side Story’’ est une révolution des années 60, qui arrive à un moment où la comédie musicale est en train de décliner en tant que genre produit massivement par les studios hollywoodiens. Le système des studios lui-même en est train de marcher moins bien et on a l’impression qu’il y a un renouveau parce que le sujet est plus sérieux, que la musique c’est Leonard Bernstein, la chorégraphie c’est Jerome Robbins qui est aussi chorégraphe au New York City Ballet, et [le film] va être une de ces raretés, c’est-à-dire un énorme succès, dans les salles de cinéma dans le monde entier, y compris en France. »

 

N.T. Binh donnera une conférence sur les comédies musicales, qui trouvent leur origine dans le théâtre et sont nées au cinéma avec l’apparition du son, samedi 12 janvier à 17 heures au cinéma Axel.

 

M.B.

 

* https://philharmoniedeparis.fr/fr/exposition-comedies-musicales

 

** Programme du Festival Comédies Musicales, la joie de vivre au cinéma :

https://labobine.com/details-festival/?post_ids=6566

 

 

 

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