Chalon sur Saône

Jamait, ô grand Jamait, en vers et contre tout ce qui dévoie...

Il n’est pas le plus médiatisé des chanteurs, ce n’est au demeurant pas sa tasse de thé, et pourtant, pour ne prendre que le seul exemple de la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône, il la remplit à chacun de ses passages. Preuve en est que l’applaudimètre n’a cure des systèmes marketing en place, les émotions éruptives générées ne devant leur salut qu’à la qualité intrinsèque des paroles mises en relief par la musique. Samedi soir le grand raout a eu lieu, et son clan a, toutes proportions gardées, rendu grâce au culte messianique.

On y a puisé des forces morales

Le chanteur à la voix rauque à la hauteur de la rudesse de la vie n’a plus sa casquette, remisée au rayon des souvenirs, ayant ainsi toute sa tête pour flétrir ce qui, à ses yeux, possède un caractère offensant et subversif. Mais plus que jamais la verve trace sa route jusqu’à l’ivresse des profondeurs. Ecorché vif, Yves Jamait n’a de cesse de pourfendre les absurdités auxquelles le quotidien donne naissance plus que de raison, avec une manière de faire rempruntant beaucoup à la noblesse de l’âme, s’échappant à l’occasion vers une réprobation enrobée d’ironie. La tournée entreprise a comme fil d’Ariane son dernier album en date proposé au grand public en 2018, et qui a pour nom « Mon totem ».

Délicatement enveloppée dans un lyrisme un poil vaporeux, son œuvre a le mérite d’allumer la lumière à différents étages, agissant en lanceur d’alerte, en éveilleur de conscience. Treize titres en constituent l’arborescence, dont « Mon totem », « Insomnie », « Si tu pouvais », « Qu’est-ce qui t’a pris ?», « Dès l’aube », «Celles »…

Des petits bijoux d’introspection glissés avec force persuasion dans le conduit auditif des entendants, à charge pour ces derniers d’en soutirer l’exquise saveur. Alors se greffent l’amour, le rêve, l’angoisse, la souffrance, l’uniformité, l’exploitation de la femme, la désespérance, l’amitié, etc. Réminiscences d’un passé pas si lointain, les titres « Amor fati », «Le bar de l’univers », « Des mains de femme », subtilisés à des albums antérieurs, ont entre autres replongé chacun dans des abîmes de réflexion correspondant aux considérations de l’époque.  L’humour éternellement à portée de bouche, arc-bouté sur ses trois musiciens, Yves Jamait a effectué une large revue d’effectif de ses chansons, resserrant davantage le lien qui l’unit à ses « frères et sœurs de combat », opinant vraisemblablement du chef sur leur siège.

 

Liz Cherhal pour ouvrir le bal

Ce fut la troisième fois que Liz Cherhal, laquelle écrit et compose également, se produisait en première partie d’un spectacle d’Yves Jamait. Accompagnée par le musicien Morvan Prat, la sœur de Jeanne a pris fait et cause pour des chansons de son troisième album, « L’alliance », sorti l’année dernière, et qui évoque ce à quoi une femme est, ou peut être, confrontée durant son existence. Des textes non anodins laissant bien augurer de la suite…

                                                                                  Michel Poiriault

                                                                                 poiriault.michel@wanadoo.fr          

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