Chalon sur Saône

Élections européennes : Entretien avec Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) en visite à Chalon-sur-Saône

La porte-parole du parti d'extrême gauche, Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud était en réunion publique, dans le cadre des élections européennes, à Chalon-sur-Saône. Profitant de l'occasion de sa présence dans notre ville, Info-Chalon s'est entretenu avec elle.

De passage dans notre ville, Mme Nathalie Arthaud, porte parole de Lutte Ouvrière (LO) et candidate à l’élection présidentielle en 2017, et Mme Julie Lucotte, une infirmière de Saône-et-Loire faisant partie de la liste des candidats LO aux élections européennes animaient avec M. Pascal Dufraigne, cheminot Chalonnais et tête de liste LO aux élections municipales de mars 2001 et de mars 2008 dans notre ville, une réunion publique ce samedi 23 février, dès 17h, à la salle de Saint-Jean des Vignes, située au 25 Rue Bridet. L'occasion pour info-Chalon pour s'entretenir avec la candidate qui conduira la liste de Lutte Ouvrière aux élections européennes 2019.


Contre le grand capital, le camp des travailleurs


Tel est le slogan de la campagne LO à ces élections. Pour la lyonnaise Nathalie Arthaud, les élections européennes ne sont qu'une simple étape qui ne remplace pas le combat social, selon elle.«La lutte des classes est plus que jamais d’actualité!» dit la candidate aux européennes.


Faisant référence aux Gilets Jaunes, Mme Arthaud déclare que Lutte Ouvrière est clairement «solidaire avec le mouvement qui pose les bonnes questions». Pour la porte-parole de cette formation trotskiste, les Gilets Jaunes, en s’affermissant et en durant, a complètement changé le climat politique français. Après la question du pouvoir d’achat, c’est bien celle des salaires qui se fait de plus en plus entendre. Car pour les travailleurs, qui composent la majorité non seulement de la population mais des contestataires actuels, la seule façon d’améliorer leur pouvoir d’achat consiste à obtenir des augmentations de salaire.


«Tout ce qu'ils voudront dire, ils pourront le dire avec notre liste», tendant de manière assez explicite la main aux Gilets Jaunes, la tête de liste parle de «remise en cause de tout un système : le capitalisme».


«Notre combat depuis toujours, c'est le camp des travailleurs!», dit Mme Arthaud avant de prévenir que l'«on est au début de quelque chose. Vu la crise, nous sommes convaincus à Lutte Ouvrière que les révoltes vont se multiplier».


Elle pointe du doigt les capitalistes «rapaces et irresponsables»,qui «profitent de la crise pour refuser des augmentations générales et pour faire travailler de plus en plus dur pour gagner de moins en moins».


Lutter contre l'appauvrissement des travailleurs


Privatisations, marginalisations, pénuries et manque de moyens pour le service public...«Les mille et une injustices quotidiennes subies par les travailleurs et les plus pauvres, parmi lesquelles le mépris social si souvent teinté de racisme, n’intéressent pas du tout le gouvernement. Ce dernier a organisé le grand débat pour noyer les revendications sociales dans un tas d’autres problèmes et pour laisser pourrir le mouvement», déplore la candidate qui veut lutter contre l'«appauvrissement du monde du travail».


Balayant d'un revers de la main les «faux débats autour de l'Europe», Mme Nathalie Arthaud affirme que «derrière les institutions européennes, en réalité, les gouvernements ne sont là que pour satisfaire l'appétit du grand patronnat».


«Mais être pauvre en franc ou pauvre en euro, ça change quoi?», s'interroge la tête de liste LO aux élections européennes.


Dénonçant la politique «anti-ouvrière» du gouvernement, la candidate a insisté sur le fait «qu'au-delà de la politique de Macron, nous vivons une crise du capitalisme qui génère une ambiance politique délétère minée par des idées réactionnaires. Nous pensons à Lutte Ouvrière que les travailleurs doivent mener leurs combats en ayant conscience de cette situation économique qui accroît les rivalités et nous mène à la catastrophe. Et qu'il faut renverser le capitalisme responsable de cette catastrophe».


Pour Lutte Ouvrière, il faudrait que le «combat devienne collectif, le combat de la classe ouvrière contre la classe capitaliste», l’aboutissement devant en être le renversement du système capitaliste qui «empoisonne la société». L'un des objectifs étant d'«exproprier les grands patrons, principaux responsables de la catastrophe écologique, qui ne s'intéressent qu'aux profits».


Quant au gouvernement, ses membres «fourmillent d'idées mais s'inclinent toujours devant les grands patrons», leurs propos n'étant qu'«effets d'annonce et mots creux. Tout le monde est écolo mais eux, n'ont pas le début d'une solution», insistant sur l'idée qu'il faille «se débarrasser des classes capitalistes et que ce sont les travailleurs qui devraient diriger les grandes entreprises en propriété collective», refusant la mise en «concurrence des travailleurs».


L'instrumentalisation de la haine par le gouvernement


«La crise installée depuis des années va de pair avec le repli sur soi ou la haine de l'étranger», parlant de la classe dirigeante comme de «pompiers pyromanes», Mme Arthaud dénonce «l'instrumentalisation par le pouvoir de cette flambée de haine et d'antisémitisme», une idéologie raciste que le parti d'extrême gauche rejette. «L'antisémitisme qui n’a pas été inventé par les Gilets Jaunes, comme la xénophobie et le racisme, qu’ils viennent de l’extrême droite ou des milieux intégristes religieux, préparent une société barbare dont les travailleurs seraient les principales victimes» prévient-elle.


«S’il y a des responsables à montrer du doigt, il faut plutôt aller les chercher du côté de ces même dirigeants politiques et médiatiques qui ont manifesté, mardi dernier, pour le dénoncer. En accusant les immigrés de tous les maux et en nous renvoyant en permanence à notre identité nationale, ils alimentent le climat délétère sur lequel peut aussi fleurir l’antisémitisme. Alors, que ces gens-là fassent la leçon aux Gilets Jaunes est révoltant!», rajoute-t-elle.


«Nous réaffirmons notre internationalisme et nous ne voulons pas d'une Europe aveuglée par le profit et la mise en concurrence. Nous voulons au contraire, une Europe unie avec les travailleurs au pouvoir», termine Mme Nathalie Arthaud.


«Nous profitons de cette tribune pour porter le combat!», intervient alors Mme Julie Lucotte, qui fut candidate aux municipales 2014 au Creusot, en guise de conclusion.


La formation trotskiste revendique des dizaines de militants à Chalon-sur-Saône.


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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