Chalon sur Saône

Artus et compagnie ont envoyé du bois à Chalon

Aucun round d’observation pour la première comédie d’Artus, répondant à l’appellation « Duels à Davidéjonatown », pour laquelle il est le coauteur avec Romain Chevrier, ainsi que le metteur en scène. C’est même parti sur des chapeaux de roue à Chalon-sur-Saône ce jeudi 7 mars, le public de la salle Marcel-Sembat ne s’étant pas fait prier pour remettre en préambule un blanc-seing aux protagonistes, avec en toile de fond des rires déversés à jet continu.

Une mixité contre-nature pour la beauté du geste et le poids des mots

 

Ambiance  de western majoritairement dans un saloon, plutôt à la mode transalpine dans cette cité de Davidéjonatown venue d’ailleurs, mais partie intégrante des Etats-Unis, où quantité de faits et méfaits se déroulent sous les yeux compatissants d’un parterre priant à tout bout de champ pour l’hallali en termes d’intoxication rigolote.

La machine à remonter le temps devait lâcher son fou à la fin du 19ème siècle, et force est de reconnaître que le mélange des genres a fait florès, le manque de concordance y étant grandement pour quelque chose  ! Quoi de commun en vérité entre Bobby Dick, Jacques, Maître Gims (joués par Artus), Gaz, le Croque-mort, le représentant du Ku klux Klan (Greg Romano), Billy (Sébastien Chartier), Jane, l’Indienne (Céline Groussard), et Bruno, l’Indien, le Narrateur (Julien Schmidt) ? Cassez-vous un peu la tête …Rien, au demeurant. Ou plutôt si, un lien ténu : la drôlerie dans son acception la plus large, sans l’administration d’un quelconque antidote. Dans un contexte qui ouvre grand les portes de la dérision absolue, les comédiens s’avèrent particulièrement opérants, semant le trouble dans ce méli-mélo indescriptible où la cohabitation semble relever de l’exploit ! In fine, c’est la désignation du shérif de Davidéjonatown qui est programmée après des duels sans merci à élimination directe. A coups de flingue !

Côté folie douce on s’en donne à cœur joie, car plus le curseur montait dans les tours vis-à-vis de la parodie et du saugrenu, et plus les couleuvres étaient faciles à engloutir. De fondements anachroniques en paramètres fictifs en passant par des repères subtilisés à la popularité (un clapping, celui de l’applaudissement rythmé en choeur aura, par exemple, fait surface, ou des emprunts à la chanson), l’ubiquiste sphère sexuelle et ses dérivés, les brutes épaisses de cowboys, l’exact contraire de la sainte-nitouche, l’éleveur lourdaud de cochons, etc. la liste des caricatures exhalant l’extravagance aura connu victoire sur victoire. Détenteur du leadership, Artus a avancé ses pions. La gagne de l’humour ravageur a coupé le fil de la ligne d’arrivée. Méritoire indubitablement.

                                                                                        Michel Poiriault

                                                                                       poiriault.michel@wanadoo.fr  

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