Chalon sur Saône

Rassemblement silencieux des policiers de Chalon-sur-Saône après une vague de suicides

Les syndicats de policiers appelaient, ce vendredi à la mi-journée, à des rassemblements silencieux partout en France en hommage aux victimes d'une vague de suicides dans les rangs des forces de l'ordre. Comme tous leurs collègues, les policiers de Chalon-sur-Saône se mobilisent après cette vague de suicides sans précédent. Plus de détails sur Info-Chalon.

Un rassemblement silencieux a été organisé ce vendredi, un peu avant midi, devant le commissariat de Chalon-sur-Saône pour rendre hommage aux policiers qui ont mis fin à leurs jours, un acte symbolique afin d'alerter l'opinion publique sur le malaise dans la police.


Une situation jugée particulièrement inquiétante et profond malaise dans la police
C'est le suicide ce jeudi de deux policiers, une capitaine de police de la Sûreté départementale, âgée de ans, à Montpellier (Hérault) et d'un jeune agent de la direction de l’ordre public et de la circulation de 25 à Villejuif (Val-de-Marne) qui est à l'origine de l'appel des syndicats.


Dans la nuit de lundi à mardi, c'est un brigadier chef principal de la police municipale de Béziers (Hérault) de 52 ans et début avril, un policier qui travaillait à la brigade anticriminalité du commissariat d’Alès (Gard) de 49 ans qui avaient mis fin à leurs jours.


Depuis le début de l'année, 28 policiers ont mis fin à leurs jours en France. En 2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.


«Cette situation dramatique est inédite», nous dit M. Bertrand Pic, le commissaire de police de Chalon-sur-Saône. Celui-ci nous explique également qu'il y a des dispositifs pour endiguer ce phénomène jugé plu qu'inquiétant, comme une aide psychologique présente tous les 15 jours sur le commissariat, situé au 2-4 Rue Émile Roux, à Chalon-sur-Saône.


«Nous n'avons aucun décès à déplorer à Chalon et c'est tant mieux! Nous comptons sur la vigilance de chacun afin de prévenir une telle éventualité et à tout moment, s'il le désire un policier peut prendre rendez-vous avec la psychologue», indique également le chef de la circonscription de Chalon


L'ensemble des policiers de Chalon-sur-Saône tenaient à soutenir les familles de leurs collègues qui se sont suicidés, dire aussi le sentiment de malaise et de fatigue générale.


Issues des Renseignements Territoriaux (RT), de la Brigade de sûreté urbaine (BSU), des Groupes de Sécurité de Proximité (GSP) ou de la Brigade anti-criminalité (BAC), pour ne citer qu'eux, une quarantaine de personnes ont quitté leur service durant environ vingt minutes par solidarité.


«Le surplus de travail qu'a représenté le mouvement des Gilets Jaunes a épuisé les services sans oublier les pertes d'effectifs qui se poursuivent», explique M. Laurent Chauvenet, représentant d'Unité SGP Police-Force Ouvrière. «Nous dénonçons, par ailleurs, un manque de considération aussi bien de la part d'une partie de la population que des politiques mais aussi le laxisme de la Justice sur certaines affaires», rajoute-t-il.


M. Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, avait estimé vendredi dernier que les suicides dans la police n’étaient pas une «fatalité» en promettant de «mettre les bouchées doubles» pour lutter contre ce fléau persistant dans l’institution.


«Il faut se poser les bonnes questions et agir vite», souligne M. Pic.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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