Chalon sur Saône

"Nuit d'ivresse" décontenançante à Chalon pour un Jean-Luc Reichmann sens dessus dessous

« Nuit d’ivresse » n’est plus. Paix à son âme. Les meilleures choses ayant une fin, c’est tout naturellement qu’à l’issue d’un an et demi de représentations, la tournée de la comédie de Josiane Balasko revue et corrigée par ses soins, admirée par quelque cent mille spectateurs, vient de se mette en position allongée pour dormir du sommeil du juste. Ce dimanche 28 avril à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône (complet une fois de plus) ce fut la der des der pour ladite pièce. Séquence émotion, et concomitamment, pan de vie jubilatoire.

Une soûlerie aux conséquences insoupçonnables

Les Théâtrales jamais n’engendrent l’uniformité et la monotonie. Pardi, elles ont bien mieux à faire ! Comme d’aveugler le public par des sujets sociétaux  appréhendés par le prisme de la rigologie, de laquelle part une ribambelle d’hormones du plaisir.

A ce jeu-là on a très vite signé des deux mains sur son séant en se disant plausiblement : pourvu que ça dure ! Et force a été de constater qu’intérêt et suspense ont tissé de solides liens afin que l’intériorisation du spectateur ne connaisse point de baisse drastique de régime tout au long de ce déroulé 100% masculin, par moments véritablement physique. Premier de cordée, le très populaire Jean-Luc Reichmann aura été persuasif et décisif, donnant de l’épaisseur à un personnage médiatique en proie à une douleur morale après une annonce qui l’a déstabilisé.

Digne pendant, Thierry Lopez lui a tenu la dragée haute en le poussant dans ses retranchements par le truchement d’un mystère qui autorisera moult interprétations…Enfin Stéphane Boucher, ex-prisonnier, serveur fantasque aussi prompt à s’enflammer qu’à retourner sa veste,  s’est avéré un relais remarqué entre les deux principaux protagonistes. Et l’homosexualité feutrée a progressé sur du velours, boursouflée de non-dits…

 

Le rapprochement de deux êtres que tout, a priori, oppose

 Jacques Belin (Jean-Luc Reichmann) noie son chagrin dans l’alcool au bar d’une gare car, on l’apprendra plus tard, il vient d’apprendre son éviction de la télé, lui qui est animateur patenté. Il y croise Charlie (Thierry Lopez), un taulard (il a supprimé son Jules dans des conditions abracadabrantes) qui bénéficie d’une permission de cinq jours.

Jacques a également rencontré ce cas de figure, en trucidant son épouse malencontreusement, lors d’une séance de bricolage ! Hétéro de base, Jacques Belin se retrouve un matin chez lui, avec à ses côtés Charlie…Ne se souvenant d’absolument rien, l’animateur télé apprend de la bouche de son acolyte de fortune que la nuit passée aurait été chaude…Epouvanté, il ne peut admettre que l’irréparable ait été commis…Info ou intox, l’intrigue repose sur le doute de l’un, contre la parole de l’autre. L’ambivalence agite alors ses petits bras musclés, et on rit assidûment de ces péripéties et de cette exaltation. Il y a de la finesse, de l’embarras, des échanges aigres-doux, des aspects contre-nature, pour que le comique s’en tire royalement.

 

Après l’heure, c’était encore l’heure…

Généreux au possible, Jean-Luc Reichmann a pris en considération à notamment la fin de la pièce mise en scène par Nathalie Lecoultre, un par un celles et ceux qui, à leur façon, ont fait de « Nuit d’ivresse » une totale réussite. Les trois comédiens, délurés, ont en outre effectué un tour dans la salle en gage de remerciement, la chambrée répondant par une ovation debout, ainsi que le ban bourguignon, aisément repris par un Jean-Luc rayonnant de complicité et de bienveillance. Visiblement personne n’avait vraiment envie de se quitter, fût-ce sur une bonne note…  

                                                                                                       Michel Poiriault

                                                                                                       poiriault.michel@wanadoo.fr     

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