Chalon sur Saône

Un graffiti qui fait causer en bord de Saône... mais de quoi s'agit-il ?

Depuis quelque temps, un graffiti difficile à éviter sur l'Île Saint-Laurent... Info-chalon.com vous dit tout.

ACAB comme 4 lettres, devenues le symbole des relations pour le moins conflictuelles entre une frange de la population et les forces de l’ordre.


Peint en blanc, voilà ce qu'on peut lire, depuis quelque temps, sur le mur de l'Île Saint-Laurent.


Acronyme anglais utilisé aussi bien dans les tribunes des stades, placardé contre un lampadaire dans la rue ou durant les manifestations que dans le graffiti, il peut se traduire par «All Cops Are Bastards» («Tous les flics sont des salauds» dans la langue de Shakespeare), il est, désormais, le refrain préféré de l'extrême-gauche.


C’est Eric Partridge, un journaliste de Newcastle qui, après un reportage d’une nuit en prison dans les années 1970, aurait le premier rapporté la présence du sigle A.C.A.B. sur les murs de l’établissement. D’une certaine manière, c’est une version british du célèbre «Mort aux Vaches!» des anarchistes français.


En 1982, le slogan est popularisé par The 4-Skins, un groupe de oi!* londonien, dans son premier album avec leur morceau sobrement intitulé... A.C.A.B.


Durant les mouvements sociaux qui agitent l’Angleterre au début des années 80, les mineurs en grève reprennent le slogan, suivis par les supporters de foot de la mouvance Ultras qui le popularisent dans les stades sous la forme de banderoles, d’écharpes, de T-shirts et de tatouages.


Le slogan se répand aussi dans différentes manifs partout dans le monde, surtout après les émeutes anti-G8 qui éclatent en 2001 à Gênes, en Italie.


C'est aussi le nom d'un mouvement antiraciste qui lui donne une autre signification ACAB pour «All Colors Are Beautiful» («Toutes les couleurs sont belles»).


Dans tous les mouvements sociaux parlant de répression policière, la formule se propage comme une trainée de poudre… rapidement reprise par des graffeurs anonymes sur des trains ou contre des murs, comme c'est le cas pour l'Île Saint-Laurent.


Des militants altermondialistes l’ont modifié en «All Capitalists Are Bastards» («Tous les capitalistes sont des salauds») et quelques groupes d’extrême-droite l’utilisent sous la forme «Anarcho communist are bastards» » («Tous les anarcho-communistes sont des salauds»).


Toutefois, d'après certainss militants d'extrême-gauche, ce diminutif cache quelque chose de plus profond qu’une simple haine des forces de l’ordre. ACAB, «ce n'est pas "Tout le monde déteste la police", c’est beaucoup plus politique, c’est cibler la police en tant qu’obstacle à l’insurrection» comme ils l'appellent de leurs vœux.


Afin d'éviter des poursuites judiciaires pour outrage, ACAB est régulièrement remplacé par 1.3.1.2. en référence à la position des lettres A, C, A, B dans l’alphabet latin.


Un peu plus léger, certains ont changé le sens originel de l'acronyme en «All Cats Are Beautiful» («Tous les chats sont beaux»). C'est bien plus sympathique!


Peu importe le sens à donner au graffiti apposé contre le mur, deux questions demeurent : quand et comment enlever ce graffiti?

 

* sous-genre du punk rock.

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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