Chalon sur Saône

Le Cloître canonial de la Cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône à travers l'Histoire et tout en images (1/2)

Parmi les surprises que Chalon-sur-Saône offre à ses habitants comme à ses visiteurs, il en est une qui se révélera ce week-end : le cloître attenant à la Cathédrale Saint-Vincent. Fermé au public depuis 2009, il constitue un potentiel atout majeur pour l'attractivité de notre ville. Info Chalon vous raconte son histoire et vous propose deux galeries de photos avant d'en profiter à l'occasion des Journées européennes du Patrimoine.

Situé en plein cœur de la vieille ville de Chalon-sur-Saône, le chantier du seul cloître adossé à une cathédrale à avoir été conservé dans le grand Est de la France a permis aux archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) de retrouver les traces les plus anciennes de notre ville, puisqu’ils ont mis en évidence une continuité de l’occupation depuis les IIème-IIIème siècles.


De nos jours, une telle opportunité est rare a fortiori dans des quartiers densément bâtis et protégés pour leur valeur historique (secteur sauvegardé).


Ces interventions archéologiques ont eu lieu entre 2015 et 2017, à la fois sur les murs périphériques en élévation et de façon réduite, sur les sols des galeries et du jardin central.


Une histoire intimement liée à Chalon-sur-Saône
Ces fouilles de ce site historique unique à l’échelle régionale ont mis en évidence l'évolution par étapes d'un îlot urbain fortement structuré depuis le début du Ier siècle de notre ère (époque romaine), maintenu dans l'enceinte réduite de la première fortification de Chalon construite autour du IIIème siècle et dans le jardin du cloître, l’évidement d’une cave du XIXème siècle a permis de toucher rapidement les occupations romaines, à plus de 2 mètres de profondeur. Les très nombreux fragments d’enduits peints décorés retrouvés illustrent l’habitat d’une population aisée. Un tel témoignage est rarissime en milieu urbain, les signes de richesse dans l’architecture étant plus régulièrement retrouvés dans les villas situées en milieu rural.


À l'époque médiévale, des constructions urbaines mérovingiennes et carolingiennes de qualité ont été identifiées. Il s'agit de grandes salles subdivisées par des poteaux de bois et associées à un épais sol de béton (chaux mêlée de fragment de tuiles).


Avec les restes d’un dallage de grandes pierres de taille, creusées d’un caniveau, ces aménagements traduisent une réelle opulence : sans doute est-elle liée à leur situation privilégiée, aux abords immédiats de la cathédrale.


Le cloître s'insère dans le groupe épiscopal au cours du Haut Moyen-Âge.


C'est autour de l'An mille que cet espace est définitivement fermé par les 4 murs qui ferment le cloître actuels, construits à neuf et conservés dans cet état sur 4 à 8 mètres de hauteur.


Cela fait du cloître de Chalon-sur-Saône le plus ancien de Bourgogne en élévation.


On y entre alors par un portail central au Nord, côté cathédrale; à l'Est et à l'Ouest, s'étendent les façades des bâtiments canoniaux, où se distinguent les deux larges baies symétriques de la probable salle du Chapitre*.


Remanié au fil du temps, le cloître est doté d'un four en terre de plan circulaire et d'une galerie à arcatures trilobées, à la fin du XIVème siècle. À l'origine, il est couvert d'une simple charpente revêtue de tuiles. À la fin du XVème siècle, les chanoines de la cathédrale, lesquels vivaient dans des maisons situées Place Saint-Vincent**, décident de le voûter de pierres et d'ajouter des contreforts afin de contenir les poussées exercées par le poids de ces voûtes.


Lors des Guerres de Religion, il est fortement endommagé par les Huguenots, notamment en 1562. Partagé en lots, le cloître sera vendu comme bien national pendant la Révolution.


Grâce à l'abbé Mugnier (1853-1944), les différentes parties subsistantes sont rachetées par la paroisse entre 1896 et 1926, date à laquelle il est reconstitué avant d'être cédé à la Ville en 1956.


En 1928, il sera classé monument historique.


Des opérations de dégagements des bâtiments parasites et l'établissement de terrasses au-dessus des galeries ont été réalisées de 1914 à 1962. Les terrasses construites en 1895, ont déjà fait l'objet de réfections partielles en 1951, 1962 et 1977.


Après des désordres importants (chute de matériaux) apparus suite à des infiltrations d'eau, le lieu sera fermé au public en 2009 jusqu'aux Journées européennes du patrimoine.


Samedi 21 et dimanche 22 septembre, de 10 heures à 12 heures puis de 14 heures à 19 heures, rendez-vous sur la Place du Cloître pour découvrir ce monument exceptionnel qui vient compléter idéalement le patrimoine historique de notre ville.


De plus, il est à noter qu'après les Journée européennes du Patrimoine, le cloître pourra se visiter tous les dimanches*** jusqu'au 24 novembre (dans le cadre des dimanches découvertes) à 15 heures pour une visite guidée (durée 2 heures).


Inscription à l'Espace patrimoine au 03.85.93.15.98. au prix de 3,60 € (tarif unique).


* Salle où les chanoines se réunissaient.
** Au niveau de l'actuelle Place du Cloître ou Rue de la Poissonnerie.
*** À l'exception du dimanche 20 octobre pour la Paulé.

 

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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