Chalon sur Saône

Chalon-sur-Saône honore les Harkis toujours en quête de reconnaissance

Ce matin, à Chalon-sur-Saône, associations patriotiques et élus locaux se sont donné rendez-vous au pied du Monument aux Morts de l'Esplanade de la Légion d'Honneur afin d'honorer la mémoire des Harkis, les anciens supplétifs de l’armée française lors de la Guerre d'Algérie. Plus de détails avec Info Chalon.

Le mot «Harki» (de l’arabe harka, «mouvement», dans le sens de «groupe mobile») désigne un ancien supplétif indigène de l’armée française lors de la Guerre d'Algérie (1954-1962).


Entre 100 000 à 200 000 individus ont fait partie d'une harka.

Considérés comme des traîtres en Algérie, à peine le cessez-le-feu signé, le 19 mars 1962, les exactions commencent un peu partout dans le pays, en dépit des engagements pris par le FLN* lors des accords d'Évian, tant la rancœur de la population algérienne était grande. S'ensuit un grand massacre contre les Harkis et leurs familles, dépouillés de leurs armes, sans protection de l'armée française qui a reçu l'ordre express de ne pas intervenir pour leur porter secours, isolés dans leurs villages au sein d'une population hostile et criant vengeance. On estime le nombre des victimes à environ 150 000 et seuls 90 000 ont pu rejoindre l'Hexagone après 1962.


Aujourd'hui, 57 ans après la fin de la guerre, les supplétifs et leurs familles seraient 500 000.
Se sentant trahis par la France, les Harkis attendent toujours de la France qu'elle reconnaisse sa responsabilité dans les massacres et l'abandon.


Ce matin, à 11 heures, Chalon-sur-Saône célèbre, comme chaque 25 septembre, la mémoire de ses supplétifs qui ressentent encore dans leur chair le souvenir de cette terrible guerre.


Rassemblés devant le Monuments aux Morts de l'Esplanade de la Légion d'Honneur, associations patriotiques et élus locaux ont ainsi rendu hommage aux Harkis.


Parmi les personnes présentes, le Colonel Roger Chaudron, qui dirigea une harka dans l'Est algérien (Souk Ahras), lors de ce conflit colonial, et qui nous explique mettre «un point d'honneur» à assister à cette cérémonie


Après le traditionnel Chant des Africains, Jean-Jacques Boyer, sous-préfet de Chalon-sur-Saône, a lu un message de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, Florence Parly, devant l'assistance.


«La reconnaissance passe par la connaissance, notamment en direction des jeunes générations ; c’est le rôle des historiens et des enseignants. La reconnaissance passe aussi par le travail de mémoire et de transmission. Faire perdurer la mémoire de ceux qui ont choisi la France et qui lui ont fait confiance, c’est le chemin que nous suivons» dit-il.


Outre le sous-préfet, étaient également présents face à la tribune, l'ingénieur en chef de 1ère classe Sylvain Hilairet, directeur de la Base Pétrolière interarmées (BPIA) Caserne Carnot et commandant d’Armes de la place de Chalon-sur-Saône, Thomas Brugger, directeur de l'office des anciens combattants, Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, Jean-Vianney Guigue, vice président du Grand Chalon en charge de l'enseignement supérieur, Sébastien Martin, président du Grand Chalon et Vincent Bergeret, maire de Châtenoy-le-Royal.


Ensuite, furent déposées les gerbes remises par les associations patriotiques et les élus locaux puis le Salut aux morts avant de finir par la Marseillaise.

 

* Sigle pour Front de Libération Nationale, nom du mouvement politique né en 1954. Le FLN revendiquait l'indépendance de l'Algérie vis-à-vis de la France.

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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