Culture

Le Jamel Comedy Club n'aura pas manié la brosse à reluire...

La troupe du Jamel Comedy Club a dégainé sans sommation à Chalon-sur-Saône, salle Marcel-Sembat, pour du stand-up à tire-larigot deux heures durant. L’occasion de baigner dans un monde cosmopolite qui n’avait pas sa langue dans la poche…

L’exacerbation des préjugés racistes

Lors de cette soirée la consigne était simple : «Faites un maximum de bruit, Chalon ! Lâchez-vous ! » Sous-entendu : manifestez-vous afin d’accorder un maximum de crédit aux sept artistes qui allaient se succéder en deux tours d’horloge.  Le ton était d’emblée donné par Foudil Kaibou : « Pour faire des vannes sur les Arabes il faut être Arabe. Pour faire des vannes sur les Noirs il faut être Noir. Pour faire des vannes sur les Juifs il faut…avoir un bon avocat ! » Avant de dévoiler le véritable secret de l’intégration. «Depuis que je picole, je suis Français ! Le deuxième secret, c’est de fréquenter une jolie française. » Et de reconnaître que « dans la vie il n’y a qu’avec un père sévère qu’on persévère. » Tout au long des confessions les intervenants allaient être le digne reflet de la France multiethnique, par ailleurs fournisseurs de nombreux clichés ou caricatures, et adeptes de l’autodérision, ce qui ne gâche rien. Mickaël Montadir, supporteur du PSG et célibataire depuis quelques mois, a souffert d’un complexe d’infériorité : »J’ai l’impression d’être le clochard des humoristes, personne ne me reconnaît dans la rue ! » Un poil dénaturé car rongé de l’intérieur par des produits stupéfiants, Roman Frayssinet a pour sa part fait son mea culpa. « Il fallait que j’arrête, il y avait trop de gens dans ma tête qui ne payaient pas de loyer ! » Farid Chamekh galère en ce qui le concerne pour trouver l’âme sœur. Il n’éprouve aucune considération pour « la meilleure copine qui donne des conseils de merde. Les filles, est-ce que vous l’avez ? Si vous ne l’avez pas, c’est que c’est vous la connasse ! » Net, et sans appel…les conséquences de Charlie Hebdo, les «  a priori sur les Antillais qui sont des certitudes », l’artiste a continué d’égratigner. « Ces filles blanches qui sortent avec des Arabes parce qu’elles ont l’impression de commettre un délit.» D’autres n’ont pas été épargnés. Suivez notre regard… »Il y a des Chinois dans la salle ? Non ? Ben ils travaillent à cette heure-ci ! » Le festival des assertions irrévérencieuses se sera cristallisé sur le bouquet final délivré par Younes&Bambi, un Arabe et un Juif, des duettistes ô combien talentueux tarabustés par les contrastes des religions ! Même si parfois le réalisme a fait froid dans le dos avec l’évocation de la pédophilie…

                                                                                                 Michel Poiriault

                                                                                                 poiriault.michel@wanadoo.fr

   

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