Edito

GILETS JAUNES - Une lame de fond d'un ras-le-bol général d'une génération punie ?

L'analyse d'info-chalon.com

Traités de poujadistes, d’affiliés à l’extrême droite et tant d’autres joyeux qualificatifs, les Gilets Jaunes ont réussi ce premier pas. Un premier pas de revendications fourre-tout bien loin de la seule réalité de la pompe à essence. Evidemment, les commentateurs avisés se sont évertués à minimiser ce mouvement populaire en comparant des chiffres de mobilisation précédente, considérant finalement que le compte n’y est pas. Pour autant, le chiffre officiel diffusé à tour de bras par le Ministère de l’Intérieur ce samedi soir, évaluant le nombre de participants à 290 000 personnes… c’est finalement bien plus que l’ensemble  des adhérents aux partis politiques traditionnels qui eux revendiquent la seule légitimité d’expression ! 

Que n’a-t-on pas entendu ou lu ici ou là ces dernières heures, certains accusant les autres de poujadistes… terme tellement facile utilisé pour dénigrer un mouvement sur lequel les « élites » politiques n’ont aucune emprise et c’est sans doute là le principal problème finalement pour cette catégorie sociale. 

Comment peut-on accuser ce « mouvement » de passer à travers les corps intermédiaires  alors même que la réussite d’Emmanuel Macron reposait sur le « ni droite ni gauche » sur le « de droite et de gauche » bafouant l’organisation historique de la vie politique française, niant un grand nombre de corps intermédiaires à l’occasion d’un certain nombre de réformes. A vouloir incarner toujours plus la fonction présidentielle et la prise de décision, info-chalon.com n’a eu de cesse de dire que le risque était finalement de capitaliser contre lui l’ensemble des déceptions. Le mouvement des Gilets Jaunes est l’incarnation de ce ras le bol général, l’incarnation de cette défiance vis à vis de la classe politique sur l’ensemble de son spectre, l’incarnation de cette fracture entre la France qui décide et la France qui travaille et a travaillé, la France qui palpe et la France qui paye et qui a payé.

Marre de cette gouvernance punitive

Les Gilets jaunes sont ni plus ni moins que l’incarnation de cette France plurielle, constituée de retraités, d’actifs, de chômeurs, d’étudiants qui finalement ont l’impression d’être ce porte-monnaie sans fond, d’être cette génération sur laquelle on laisse reposer toutes les responsabilités de choix qui ont été fait par une classe politique en son temps. Se voir punir pour dépasser le 80 km/h, se voir punir pour rouler en diesel dont on faisait l’apologie, pour fumer des clopes, pour manger une entrecôte… d’être dans cette gouvernance punitive sans cesse, ce n’est pas ainsi qu’une Nation crée un destin commun. 

Il appartient aujourd’hui et plus que jamais au gouvernement et à la classe politique de trouver les conditions d’un apaisement, au risque de fracturer toujours plus et de provoquer une France clivée à jamais.

Laurent Guillaumé 

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