Edito

Amazonie, la grande hypocrisie internationale !

Le sentiment d'info-chalon.com

Alors que la rentrée scolaire se prépare en France, tous les regards médiatiques sont tournés vers l'Amazonie qui brûle ! Emmanuel Macron en a profité pour "allumer" son collègue Brésilien Bolsonaro, fustigeant sa politique de protection d'un écosystème indispensable à l'avenir de l'humanité, de part sa diversité et sa richesse. Et c'est là où la grande hypocrisie règne en maître dans ce monde toujours plus mondialisé. Depuis quelques années, le Brésil connaît un ralentissement économique et son secteur clé qui est celui de l'agriculture intensive est frappé par une récession qui n'est pas sans conséquences sociales et sociétales. 

L'agriculture Brésilienne qui a fait le choix du soja notamment sait qu'elle doit assouvir sans cesse des marchés mondiaux très demandeurs avec un agro-business dévoreur de nouvelles terres. Pourquoi parler dès lors d'hypocrisie dans cette passe d'armes entre Macron et Bolsonaro ? Tout simplement parce que l'exploitation de l'Amazonie n'est que la conséquence logique d'un système mondialisé toujours plus demandeur de soja, de sucre, de viandes et que seul le Brésil est en capacité de produire et dont les marchés occidentaux dont la France sont très friands. Disons-le franchement, les Etats occidentaux ne peuvent jouer la carte de l'agro-business, de la chimie agricole et s'indigner en parallèle de la sur-exploitation de l'Amazonie ! 

L'exploitation de l'Amazonie pourrait être mis en parallèle avec la sur-exploitation des capacités aquatiques de nos contrées à l'heure où près de 90 départements Français ont été placés en alerte de niveau 3 sur la question sécheresse. Comment considérer que 80 % de l'eau consommée en été sert exclusivement à l'agriculture ? A arroser des cultures dont on devrait repenser leur existence même, à privilégier le maïs ou le blé dans des bassins agricoles qui ne sont plus en capacité d'assouvir leurs besoins hydriques ? A poursuivre la bétonisation dont toutes les études montrent le contre-sens historique ? 

L'urgence est bien plus que celle d'éteindre les incendies sur l'Amazonie, l'urgence est celle de repenser nos modèles productivistes agricoles et de faire appel au pragmatisme, comprendre que l'agriculture de demain est à inventer. 

Laurent Guillaumé 

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