Edito

Plus qu'une atteinte à un maire, la mort du maire de Signes illustre l'incivilité permanente

Le sentiment d'info-chalon.com

Le décès du maire de Signes, petite commune du Var, suite à une altercation avec deux jeunes artisans, qui déposaient sauvagement des détritus, illustre parfaitement l'incivilité permanente. Même si tout ce qui touche de près ou de loin la classe politique monte au créneau afin de demander plus de considération et de respect aux élus locaux, l'épisode n'est qu'un énième épisode d'une très longue série, de personnes très souvent anonymes, qui interviennent ici ou là afin de respecter les lieux ou les personnes. Combien d'exemples avons-nous eu ces dernières années d'anonymes intervenant pour défendre un autre anonyme dans la rue ? D'anonymes pris violemment à partie alors qu'ils demandent à un automobiliste indélicat de respecter le stationnement des personnes à mobilité réduite et on en passe. 

Cet énième épisode prend évidemment une toute autre tournure puisqu'il frappe en son coeur la république à la Française, en se prenant directement à l'un de ses représentants, au coeur de son territoire. 

L'irrespect, l'insécurité permanente pour celles et ceux qui osent intervenir dès lors qu'ils constatent une infraction sont finalement le coeur du problème, bien plus que toute autre chose. D'autres diront mais pourquoi ce maire n'a-t-il tout simplement pas relevé la plaque d'immatriculation et passé un coup de fil à la gendarmerie ? La réponse est toute simple et elle réside de toute évidence dans l'incarnation de la mission que les électeurs lui avaient confié, celle de faire respecter la loi, comme tout maire en sa qualité d'officier de police judiciaire en vertu de l'article 16 du Code de procédure pénale. A ce titre, ils disposent des mêmes prérogatives que tout officier de police judiciaire. Sauf que sur les 36 000 communes françaises, guère plus de 10 % disposent de police municipale. Pour les autres, charge à eux de faire respecter la loi.

Le décès du maire de Signes pose un nouveau sujet à l'heure des prochaines municipales au cours desquelles près d'un maire sur deux ont d'ores et déjà annoncé leur volonté de ne pas se représenter... principalement des maires de petites communes qui finalement portent à bout de bras leurs collectivités... les mêmes qui sont à "portée d'engeulades" de toutes celles et ceux que nous sommes. 

L'indignation qui saisit la classe politique est bien évidemment légitime et on ne peut que la saluer au regard de celles et ceux qui dépensent sans compter leur temps au profit du bien commun. Mais demain quelle indignation pour l'anonyme qui se prendra le mauvais coup à l'image de Marin qui était venu à la rescousse d'un couple agressé par cinq personnes ? Oui, comme le souligne Marie Mercier, Sénateur de saône et Loire, "les maires ont droit au respect de chacun de nos concitoyens et à la protection effective de la République" mais comme tout le monde, non finalement ? 

Laurent Guillaumé

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