Faits divers

Tribunal correctionnel de Chalon - 30 mois de prison ferme pour un dealer du Creusot... et 6 mois pour son co-prévenu

« Il n’a pas un train de vie somptuaire, qui permet de dire que c’est un gros trafiquant » a soutenu jeudi à la barre du tribunal correctionnel de Chalon Me Marie-Pierre Charbonnel, conseil de Jordy Queminet, poursuivi dans un dossier de stupéfiants.

. Et pourtant ce Creusotin de 23 ans a été condamné par la juridiction chalonnaise à 4 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de 2 ans avec obligation de travailler, de se soigner et interdiction d’entrer en contact de quelque façon qu’il soit avec son co-prévenu. Ce dernier, prénommé Mounir, demeurant lui aussi au Creusot, a écopé d’1 an de prison, dont 6 mois avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de 2 ans avec obligation de travailler, de se soigner et interdiction d’entrer en contact de quelque façon qu’il soit avec Jordy Queminet.
Le dossier avait été examiné une première fois, le 24 novembre 2016, par ce même tribunal, mais, comme la loi leur autorise, les deux hommes avaient demandé un délai afin de préparer leur défense. D’autre part Jordy Queminet était inculpé également de détention non autorisée d’une carabine 22 Long Rifle et d’un fusil 9 mm et de refus de se soumettre à une prise d’empreintes digitales.
L’affaire a débuté dans le cadre d’une autre procédure judiciaire avec une perquisition le 3 février 2015 au domicile de Jordy Queminet, au cours de laquelle une petite quantité de cannabis a été découverte. Près de deux ans plus tard, car entre-temps le jeune Creusotin a fait un séjour derrière les barreaux, nouvelle perquisition le 22 novembre 2016 à son domicile... et cette fois-ci les policiers ont trouvé, outre près de 200 g d’herbe de cannabis, 517 g d’héroïne. De l’héroïne qui, aux dires de Jordy Queminet, lui a été confiée en garde par Mounir. Mais, comme c’est de bonne guerre en pareil cas, celui-ci a aussitôt réfuté les faits. Néanmoins lors de ses six auditions le principal prévenu a toujours confirmé sa version. Une version, qui a été répétée aussi par un détenu ayant partagé un temps la cellule de Mounir.
Devant les enquêteurs Jordy Queminet a reconnu avoir revendu au Creusot du cannabis de 2012 à 2015, puis depuis février 2016, date de sa sortie de prison. Essentiellement pour financer sa consommation, qui est d’une vingtaine de joints par jour. Il a ainsi expliqué qu’il avait onze clients, auxquels venaient s’ajouter quatre clients plus ou moins réguliers, un pour de l’héroïne et trois pour de la cocaïne.


Il a peur, il craint des représailles...


Effectuée le 23 novembre 2016, une perquisition chez Mounir, qui fume 5-6 joints par jour, a permis de découvrir plus de 700 g de cannabis, dont, à l’entendre, seulement 10 g pour sa consommation personnelle.
Jeudi, dans le box des accusés, Jordy Queminet s’est montré peu loquace. « Il a peur. Il craint des représailles importantes de Mounir » a indiqué le substitut Caroline Mollier. Des craintes du parquet qui se sont manifestées par l’incarcération en préventive de l’un au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand et de l’autre à la maison d’arrêt de Dijon.
La présidente Edith Catala a également fait part dans le cadre de son instruction de deux conversations téléphoniques au cours desquelles 5 000 € aurait été demandés à Jordy Queminet. Mounir aurait en effet eu du souci avec lui pour une dette de parfum, ce que son co-prévenu ne confirme nullement.
Des allégations sur lesquelles est bien sûr revenu Me Didier Pascaud, du barreau de Dijon, qui défendait Mounir. « La notion de peur ne tient pas la route. Il n’y a pas de preuve de représailles. Mon client n’a jamais été poursuivi pour des violences avérées. C’est tout le contraire. Le casier judiciaire de Jordy Queminet, lui c’est un casier de violences. Quant aux 5 000 €, pourquoi aurait-il demandé cette somme, alors que la valeur marchande de l’héroïne découverte est d’au moins 10 000 € ».


Chacun pour soi et Dieu pour tous... 


Dans ses réquisitions la représentante du ministère public a regretté que « dans pareil dossier ce soit le plus souvent : chacun pour soi et Dieu pour tous » et a constaté que les avertissements judiciaires, dont les deux prévenus ont précédemment fait l’objet, n’ont pas eu les effets escomptés. Rappelant qu’au moment de la première perquisition à son domicile Jordy Queminet était placé sous contrôle judiciaire et qu’il en était de même quand Mounir a à son tour été perquisitionné.
Assurant la défense de Jordy Queminet, Me Charbonnel a signalé qu’il était « un très gros consommateur qui n’arrive pas à s’en sortir » et a fait remarquer que les 3 ans de prison ferme réclamés par le parquet étaient trop, « car il n’est pas au-dessus de la pyramide ». Concernant les fameux 517 g d’héroïne retrouvés chez son client l’avocate creusotine a souligné que le prévenu était bien une nourrice mais que ces 517 g n’étaient pas à lui.
Et, si l’on en croît Me Pascaud, pas non plus à Mounir. « Il n’y a pas assez d’éléments pour considérer qu’ils lui appartiennent bien. Il y a un doute majeur. Sur les onze clients de Jordy Queminet, aucun ne cite Mounir ».

Gabriel-Henri THEULOT   

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