Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Défaut de permis de conduire et cocaïne au volant... il termine en prison

Les comparutions immédiates se tiennent ce lundi 09 octobre dans la salle dite « Playmobil », une petite salle souvent affectée au tribunal pour enfants, un modèle de dépouillement que Le Corbusier n’aurait pas renié. Ambiance monacale sans le moindre symbole qui viendrait l’humaniser, on y est à l’étroit, on baigne dans le blanc et le gris clair, et l’escorte doit cheminer pour y introduire, derrière une vitre, Aurélien X, 37 ans. On étoufferait volontiers dans ce bocal nu si la comparution immédiate ne tenait pas ses promesses : 18 minutes pour ce dossier.

Aurélien a une mise simple, il est ouvrier aux espaces verts pour une association départementale, il a trouvé ce travail quand il était en suivi mise à l’épreuve. « Il s’est montré actif », écrit le CPIP (conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation) dans son rapport. Un rapport plutôt favorable donc. Sauf qu’Aurélien, pour des raisons qu’on ignore, a piqué du nez dans la cocaïne, un jour, et n’a pas arrêté : condamné en 2015 pour conduite sous l’empire de la cocaïne, il comparaît aujourd’hui pour la même raison, à laquelle s’ajoute son défaut de permis de conduire.  Son permis a été annulé en septembre 2016, toujours pour la même raison, et il voulait le repasser mais ça a été compliqué d’affronter le code, et l’auto-école n’aurait pas été bien investie, alors voilà, pas de permis mais un boulot pour lequel la plupart du temps il est requis.
Sa mère est dans la salle et voudrait défendre son grand fils, mais ça n’est pas possible.

Madame Locks pour le ministère public requiert une peine mixte, de la prison ferme, cette fois-ci, et un autre suivi mise à l’épreuve, « il venait de bénéficier d’un aménagement de peine », dit-elle : 2 mois sous bracelet électronique au printemps dernier.
Maître Jérôme Duquennoy regrette que l’on n’ait pas vérifié l’explication qu’a donné Aurélien : il aurait pris le volant (avec des passagers qui n’ont pas non plus le permis de conduire) pour transporter quelqu’un à l’hôpital. Et l’avocat enfonce, mais il doit le faire, la porte ouverte : addiction non traitée. Aurélien perçoit l’allocation pour adultes handicapés. « Aujourd’hui il présente des garanties -travail, logement- qu’un emprisonnement trop long réduirait à néant. »

Le tribunal condamne Aurélien à 10 mois de prison dont 6 mois avec sursis assortis d’un suivi mise à l’épreuve de 2 ans. Il a interdiction de conduire pendant 6 mois, il est maintenu en détention. Aurélien réalise ce qui lui arrive, et il est triste.

FSA

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche