Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Sorti de prison le matin, il est interpellé l’après-midi pour exhibition sexuelle

« Les faits ne sont pas très précis, tant matériels que sur l’intention. On n’a pas vraiment cherché ce qui s’était passé ». Me Julien Marceau, qui défendait Anouar, poursuivi pour exhibition sexuelle, a plaidé une relaxe mais ne l’a pas obtenu.

Son client, qui était jugé jeudi dans le cadre d’une convocation par procès-verbal, a en effet été condamné à 70 heures de travail d’intérêt général à accomplir dans un délai de 18 mois. En cas d’inexécution le prévenu devra purger une peine d’1 mois de prison. Le dossier a également été renvoyé sur intérêt civil à l’audience du 8 mars 2018 à 9h 30.
Les faits reprochés à Anouar se sont déroulés dans l’après-midi du 22 janvier 2018 dans le hall d’entrée d’un immeuble de Chalon, où le prévenu, sortant de l’ascenseur, se serait masturbé devant une jeune femme, qui venait prendre son travail d’aide à la personne chez une locataire. Aux dires de son employeur, la jeune femme est arrivée chez elle en pleurs et a tenté, entre deux sanglots, de lui expliquer la scène qu’elle venait de vivre. Avant d’aller déposer plainte au commissariat de police de Chalon. Quelques instants plus tard le mis en cause était interpellé et un dépistage de l’alcoolémie révélait un taux de 0,68 mg par litre d’air expiré. Il était sorti le matin même de prison et avait arrosé ça en buvant des bières.


« Une faute civique mais pas une faute pénale »


Anouar a contesté les faits d’exhibition. « Je n’ai rien fait, il y a des caméras » a-t-il dit à la barre. Certes... mais les vidéos que les juges ont pu visionner n’apportent pas grand-chose quant à la recherche de la vérité. On voit le prévenu prendre l’ascenseur, ce que celui-ci confirme. « Je suis monté chez moi chercher un sac et je suis redescendu. C’est là que j’ai croisé la victime ». Et c’est à peu près tout... La compagne d’Anouar a sa version : s’il a montré ses parties génitales, c’est qu’il était en train d’uriner dans l’ascenseur. Une version reprise par Me Marceau. « Il y a  peut-être une faute civique mais il n’y a pas une faute pénale ».
Pour le vice-procureur Charles Prost il y a bien une faute pénale, qui doit être sanctionnée. « Les traumatismes psychologiques subis par la victime sont évidents ».
Me Julien Marceau n’a pas été du même avis, signalant que le mis en cause n’a jamais été condamné pour ce genre de faits. « Sur les vidéos on a vu quelqu’un qui sirote des bières mais qui ne se montre pas agressif ». L’avocat chalonnais est aussi revenu sur les déclarations de la victime. « Lorsqu’elle a été entendue par les enquêteurs elle a dit qu’il avait son pantalon baissé jusqu’au haut des cuisses. Aujourd’hui elle nous dit qu’il n’y avait que la braguette ouverte. On est même plus sûr qu’elle ait vu le sexe de mon client ».

Gabriel-Henri THEULOT

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