Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Parfois on se dit qu'il ne fait pas bon être victime

La victime de l’agression au marteau et au couteau le 11 juillet dernier rue aux Fèvres dans le centre-ville de Chalon en sait quelque chose puisqu’elle vient d’essuyer le 2ème renvoi du jugement de son agresseur.

C’est un truisme que de dire qu’il ne fait pas bon être victime, cela mérite néanmoins d’être dit, tant les audiences sont centrées sur les prévenus, puisqu’on les juge. La victime de l’agression au marteau et au couteau le 11 juillet dernier rue aux Fèvres dans le centre-ville de Chalon en sait quelque chose puisqu’elle vient d’essuyer le 2ème renvoi du jugement de son agresseur, Hassan Y, 56 ans : l’expertise psychiatrique n’a pas pu être faite.

Toutes les parties s’accordent sur la nécessité de cette expertise, aussi un nouveau renvoi est rapidement acquis et le tribunal doit statuer sur le régime du prévenu d’ici la nouvelle date de jugement : remise en liberté sous contrôle judiciaire, ou maintien en détention provisoire. Pour mémoire on peut lire le compte rendu de la première audience de renvoi : http://www.info-chalon.com/articles/chalon-sur-saone/2018/07/17/38637/tribunal-de-chalon-il-avait-agresse-une-femme-et-sa-fille-de-10-ans-rue-aux-fevres/

La police, alertée par un habitant de la rue aux Fèvres, était intervenue rapidement et en nombre. Les policiers sont également parties civiles, et deux autres sont venus s’ajouter depuis, dont un policier municipal, ça porte leur nombre à 10. La femme agressée était avec sa fille, âgée de 10 ans, ce soir-là, on se doute de la peur qu’elles ont eu et du choc causé, y compris par les conditions d’interpellation de cet homme ivre qui insultait tout le monde, menaçait d’en tuer certains ainsi que « vos familles et vos enfants ». Le jugement viendra acter non seulement les faits mais les torts causés aux victimes, et leur donnera statut et réparations (pour autant qu’on puisse réparer : il y a des choses à vivre, qui ne se réparent qu’ainsi). Il faudra attendre encore ce moment, qui a dû occuper l’esprit de cette femme et peut-être de son enfant tout l’été.

Hassan Y semble perturbé au point que c’est perturbant : 2ème comparution pour débattre de son incarcération, 2ème lecture de son casier judiciaire (12 condamnations) et il n’a pas changé de position : « Moi je n’ai jamais blessé personne avec une arme. » Son élocution est moins assurée qu’en juillet, il bégaie un peu, mais l’assurance que les sanctions pour violences avec armes, menaces, etc., sont le fait des autres, n’a pas bougé. Le fait des autres, ou de l’alcool : « Toute cette affaire est due au fait que j’avais repris l’alcool, alors que j’avais arrêté depuis 2 ans. Aucune violence avec arme depuis 30 ans. » Il pense à son premier procès, en 1991, devant une cour d’Assises, pour vol à main armée. « Si, en 2006, en 2009, en 2010, violences aggravées en récidive », lui oppose la présidente Catala. Peine perdue.

« Infractions graves, avec un couteau et un marteau le mois dernier, il faut protéger les victimes et la société. » Le substitut du procureur Dominique Fenogli demande son maintien en détention. Maître Basma Bouflija plaide évidemment la garantie de son domicile fixe et l’assurance qu’il « ne se défaussera pas ». Sans surprise, Hassan Y est maintenu en détention. Le jugement est fixé au 10 septembre. Il est impératif que l’expertise psychiatrique soit rendue d’ici là, car sinon à partir du 16 le prévenu devra être remis en liberté, c’est la loi (détention provisoire maximum de 2 mois), ou alors il sera jugé sans l’apport de l’expert. Le temps de la justice est un temps long. Ce temps n’est pas sans vertus mais pour les victimes il n’est pas facile à vivre.

Florence Saint-Arroman

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