Chalon sur Saône

TRIBUNAL DE CHALON - Il avait agressé une femme et sa fille de 10 ans rue aux Fèvres

« Inquiétant », c’est le mot qui vient à tous ceux qui l’ont vu et entendu dans le box. Hassan Y, né au Maroc en 1962, vit à Chalon-sur-Saône, pas loin du centre-ville, et s’exprime vraiment très bien. Son élocution comme sa syntaxe frappent par leur contraste avec ce qui le conduit en comparution immédiate ce lundi 16 juillet : mercredi dernier il a suivi une femme qui marchait rue aux Fèvres avec sa fille de 10 ans, puis face à elle, il lui a porté « des coups avec un couteau et un marteau ». Il avait bu.

La victime est dans la salle d’audience, marquée dans le haut du torse. Mercredi dernier elle est tombée au sol. Un témoin appelle les secours. Les policiers rattrapent l’agresseur qui les insulte. Il faut le taser pour qu’il monte dans le véhicule. Il refuse l’alcootest, ne cesse d’outrager l’escorte, jusqu’à l’hôpital. L’attitude très agressive de cet homme, les insultes et les menaces proférées ce soir-là, contrastent, elles aussi, avec les mots qu’il pose calmement dans le micro du box : « Il serait préférable pour moi que j’aie le temps de comprendre ce qui s’est passé, et de préparer ma défense. » Son avocat, maître Perrachon, demande illico une expertise psychiatrique à laquelle personne ne s’oppose.

« Viens sale pute, viens me sucer », « bâtards », « bande de fils de putes », et sur un autre plan : « Je vais vous tuer, vous, vos familles et vos enfants. » En parlant d’enfant, la petite fille de 10 ans semble être dans la salle, sa mère se constitue partie civile pour elle aussi. La présidente Caporali expose des éléments car le tribunal va devoir statuer sur la mise en liberté ou la détention provisoire du prévenu jusqu’à son jugement. « Il a dit : ‘et c’est mon coup d’essai, ça !’, semblant se féliciter de son acte. Il a été violent sur son compagnon de cellule au retour au commissariat, et tenait des propos peu cohérents, autour du foot et de djihadistes, et qu’il avait des comptes régler avec un homme. » Mais il a agressé une femme.

Hassan Y avait refusé de répondre à l’enquête sociale avant l’audience. La présidente lui demande de dire un peu ce qu’il fait dans la vie : « Je suis simplement au RSA depuis 2008. Avant je travaillais dans une boutique qui vendait des habits, je travaillais comme surveillant (vigile). J’ai été attaqué par quelqu’un et depuis je prends un traitement anti-dépresseur. » Pas d’enfant, mais 12 mentions au casier dont 10 condamnations. Première condamnation aux Assises, 5 ans pour vol avec arme et recel. Puis des stups, stups en récidive, violence avec arme, et derechef, menaces de mort, violences, port d’arme de catégorie D, outrages… « Danger public » disent les avocats des parties civiles, « très inquiétant, faits extrêmement graves, encourt une peine très lourde » dit le procureur.

Le prévenu, toujours bien posé, se défend d’être dangereux, puisque « je n’ai jamais blessé personne, à part la dame ». Son détachement sonne étrangement. Le procureur de la République l’avait relevé : « Son expression aujourd’hui m’interroge beaucoup, il a une lucidité à laquelle je ne m’attendais pas du tout. » L’expertise en ce cas sera très éclairante ou parfaitement inutile.

L’agresseur est maintenu en détention provisoire, il sera jugé dans quelques semaines, le temps qu’un psychiatre procède à l’expertise. « Moi, j’ai été blessé, et je n’ai pas porté plainte », développait le prévenu qui mercredi dernier s’en est pris à une passante, armé d’un couteau et d’un marteau.

Florence Saint-Arroman

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