Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Conduite sans permis et délit de fuite pour un automobiliste entre Chagny et Mercurey

Ce dimanche 17 mars à l’heure du thé, Jorge X, 42 ans, roulait sur la départementale dans le sens Chagny-Mercurey, sans permis de conduire et avec deux grammes d’alcool par litre de sang.

Alors, quand il a franchi la ligne blanche continue pour doubler une voiture qui lambinait, trouvait-il, et qu’il a vu une Ford arriver face à lui, il a cru qu’il allait pouvoir passer quand même. Le choc frontal sur le côté gauche de la Ford fut si violent que la C3 de sa copine a reculé.

 

Les gendarmes ont relevé presque 57 mètres de traces de freinage. Jorge roulait vite lorsqu’il a tenté de doubler ... la Ford, elle, a quasiment pilé, son conducteur et la passagère avaient bien calculé que « ça ne passerait pas ». Sous l’impact du choc, leur coffre s’est ouvert, et l’armoire pour enfant qu’ils transportaient (pour leur petite-fille) a été éjectée, est venue taper la passagère et aurait fini sa course dans le fossé. « Je me suis vue mourir », a dit la femme. N’importe quel conducteur peut se faire une idée du traumatisme qu’un tel accident, celui qu’on voit venir sans pouvoir s’y soustraire, peut générer.

 

Le conducteur et la passagère sont tous deux blessés, leurs ITT sont à ce jour (sous réserves d’évolutions) de 21 et 28 jours. « Autant de jours au cours desquels ils ne pourront faire les gestes de la vie quotidienne », insiste la représente du ministère public. C’est que le prévenu minimise en effet,même s’il a exprimé ses regrets à maître Faure-Revillet, qui les transmet à l’intention des victimes. Il minimise parce qu’il a perdu son permis suite à une alcoolémie dans son pays d’origine, au Portugal il y a environ 10 ans. Il vit à Rully chez sa copine et circule le plus souvent en scooter. En 2014 il est condamné à une amende et à un stage de sensibilisation à la sécurité routière à cause de son alcoolémie (sur son scooter). Ce dimanche il avait bu au PMU avec ses potes le matin. Il est rentré chez lui, a bu encore quelques bières, puis, comme sa copine faisait une sieste, il a pris la voiture « pour faire un tour », et il a manqué tuer deux personnes. 

 

La présidente Sordel-Lothe ne manque pas de lui poser LA question : « Avez-vous un problème avec l’alcool ? » Le prévenu lui fait LA réponse : « Non. Non, ça va. » Pourtant il boit tous les jours (et c’est une définition de l’alcoolisme, pas besoin d’être ivre à chaque fois, ndla), sa compagne en a témoigné en audition et dit au passage qu’elle ne souhaite pas poursuivre cette communauté de vie. « Aucune prise de conscience , dit encore le parquet, et il a bien tenté de fuir ses responsabilités. » Sur ce dernier point deux lectures apparaissent mais la conclusion au final est la même. Soit il est sorti de la C3 et a tenté de fuir à travers champs allant se cacher vers des sapins. « J’allais uriner », a-t-il dit... un témoin est allé le récupérer, il l’a suivi sans difficulté. Soit il était « ivre et désorienté » plaide son avocate, « ça peut se comprendre ». Dans un cas comme dans l’autre il a immédiatement dit n’avoir pas de permis. Il aurait même dit que sa copine était au volant, mais on n’en sait trop rien, les difficultés à le comprendre à travers son accent prononcé sont propices aux interprétations. 

 

Les faits principaux sont établis. Le ministère public requiert 3 ans de prison dont 18 mois assortis d’un sursis mis à l’épreuve. Le tribunal le condamne à 30 mois dont 18 mois assortis d’un sursis mis à l’épreuve avec obligation de soins, de travailler et d’indemniser. Interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur pendant 1 an : ça lui interdit le scooter, ça peut être problématique pour aller travailler. 

 

Renvoi sur intérêt civil en septembre prochain. Les victimes d’ici là seront, peut-être, rétablies, mais les effets de l’accident sur la passagère déjà fragilisée physiquement par des opérations du dos et du ventre, et les effets de cette peur d’y passer, là, tout de suite, sur une départementale, un dimanche après midi de temps clair et sec, ne seront pas nécessairement résorbés. Leur fils les suivait en voiture, il n’a pas vu l’accident mais lui aussi a eu très peur. Son père a dû être désincarcéré. Le portugais alcoolique, placé en détention provisoire ce mardi, reste en prison.

 

Florence Saint-Arroman

 

 

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