Faits divers

A Chalon sur Saône, alcoolisés, il trainait sa compagne par les cheveux en pleine rue

« Il se trouve que moi, j’ai un problème avec l’alcool » lance-t-il au tribunal. 26 ans, bientôt 27. Il donne l’adresse de ses parents mais a passé les trois derniers mois chez sa copine. Il la faisait d’ailleurs avancer en la tirant par les cheveux et les bras, dans la nuit de vendredi à samedi, quand les policiers l’ont arrêté, dans le centre de Chalon-sur-Saône. Ils étaient tous deux défoncés par l’alcool. Il gueulait « je vais te crever, je vais te buter salope, je le jure sur ma vie ».

Il se trouve que quelques heures auparavant il avait eu une altercation avec un des employés d’un Carrefour City. Un cumul de comportements qu’on qualifiera d’inappropriés avait conduit le responsable du magasin à lui en interdire l’accès. La vidéo-surveillance le montre, accroupi au bas du rayon alcool, aux prises avec le vigile. On ne sait pas qui a fait quoi en premier, car les images ne sont pas fluides, mais le vigile va poser plainte. On lui montre des photos, il reconnaît le garçon.

Pourquoi ? Parce qu’elle l’insultait

Du coup il sort de garde à vue pour être jugé selon la procédure de comparution immédiate. Il ne sait pas pourquoi il a maltraité sa compagne, il dit qu’il y a eu « des insultes », et que finalement, quand quelqu’un de bourré vous insulte, eh bien à un moment donné on craque, c’est comme ça. A son casier, 8 mentions, pour violences, pour vols, etc. Il dit qu’il a été hospitalisé en psychiatrie, une fois, « parce que j’avais porté un coup de couteau contre mon père ». Les juges l’écoutent. Pas de trace de cet épisode dans son dossier. Il apporte une précision : on l’avait mis sous Risperdal. Une fois encore, on regrette, à titre personnel, qu’il n’y ait pas un médecin dans la salle, un professionnel de santé, pour expliquer au tribunal et donc au public, pourquoi, comment, etc.

« Pourquoi vous avez bu, vendredi soir ? – Je consomme tous les jours, madame »

Le rapport du SPIP ne contient pas non plus d’infos en lien avec des problèmes relevant de la psychiatrie. Le prévenu est convoqué à deux audiences bientôt : en décembre pour des faits liés aux stupéfiants, en janvier pour des faits de violences et de menaces, en état d’ivresse. Cet homme si jeune encore semble vivre dans un tonneau, et nous y plonge un peu avec lui lorsque Clémence Perreau, substitut du procureur l’interroge. « Vous êtes suivi au KAIRN, ça vous apporte quelque chose ? – Non. – Vous attendez quoi de la vie ? – Si je pouvais arrêter l’alcool, ça m’éviterait de revenir ici, je pourrais entrer dans la vie professionnelle. – Pourquoi vous avez bu, vendredi soir ? – Je consomme tous les jours, madame. »

Le ministère public avait relevé « la sincérité » du garçon

La substitut requiert « une peine d’éloignement importante », maître Diry plaide la question psychiatrique qui interroge « son degré de responsabilité », insiste sur le fait que la scène de violences était une scène « d’empoignade mutuelle, qui ne l’exonère pas, lui, mais colore différemment la prévention ». « Je reste dubitatif sur sa situation sanitaire, il ne bénéficie pas de toutes les chances de comprendre sa situation. » Le ministère public avait relevé « la sincérité » du garçon, qui reconnaît d’autres scènes du même genre avec sa copine. Il dit également que c’est le cannabis qui lui avait fait péter les plombs, la fois où il fut hospitalisé.

11 mois, mandat de dépôt

Ce coup-ci, il est incarcéré : 10 mois dont 2 sont assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans. Obligations de travailler, de se soigner ; interdiction de paraître à la supérette et interdiction de contact avec la victime (le vigile). Le tribunal ordonne la révocation de 3 mois de sursis. Mandat de dépôt pour 11 mois de prison en tout, il y verra un médecin pour qu’on pallie le manque d’alcool par voie médicamenteuse. Il y passera son 27ème anniversaire, dans quelques jours.

Florence Saint-Arroman

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