Givry

Musicaves de Givry 2017 : Mathias Duplessy et « ses frères de cordes » ont fait souffler un vent de liberté dans le caveau du domaine Besson

Juste après l’inauguration du festival, le tout premier concert des Musicaves de Givry, cru 2017, a eu lieu hier soir au domaine Besson. Le retour d’info-chalon.com.

En se lançant, à 33 ans, dans la folle aventure des Musicaves de Givry, à la suite d’une non moins folle soirée au domaine Besson, il y 20 ans, Philippe Perrousset a mis le doigt dans un engrenage. Un engrenage qui, d’une certaine façon, a fixé, sédentarisé dans le Chalonnais ce natif de Ouagadougou et grand voyageur devant l’Eternel. Ce qui le conduit parfois, un voile de nostalgie dans le regard, à qualifier ce festival auquel il tient tant de « prison dorée ». En effet, quand tout a commencé, il se voyait plus vivre quatre à cinq ans dans un endroit, puis partir vivre quatre à cinq ans dans un autre. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Et le monde qu’il aimait sillonner, découvrir, ressentir, il a moins eu le loisir de la parcourir. Alors, ne pouvant plus le faire comme avant, il l’a fait venir à lui. Comme hier soir. Car hier soir, avec le hennissant Crazy Horse Duplessy & The violins of the world, c’est une partie du monde, plus exactement l’Asie extrême-orientale qui est venue dans au domaine Besson, à Givry.

Chants diphoniques… instruments probablement inconnus de tout un chacun (vièle mongole, vièle scandinave), c’est-à-dire des non mélomanes … Des musiciens que l’on dirait tout droit sortis d’un film de Won Kar-Wai… Le Normand Mathias Duplessy et ses « frères de cordes », d’emblée, ont dépaysé le public. Ils ont surtout fait souffler un vent de liberté dans le caveau qu’ils ont investi de leur âme dès le premier morceau.

Mathias Duplessy n’aurait pas pris la peine de donner les intitulés des compositions (« la chevauchée céleste », etc.), l’auditeur bien disposé à lâcher la rampe en raison du cadre et de l’ambiance générale des Musicaves de Givry n’en aurait pourtant pas moins ressenti l’agréable sensation de s’être soudainement retrouvé en compagnie de mustangs, ces chevaux d’Amérique du Nord vivant à l’état sauvage, qu’on capture, hélas, pour des rodéos. La musique, galopante, fougueuse, y invitait. De la même manière qu’elle invitait, quand elle se faisait plus caressante, on pense au morceau nommé « Le vol du héron », à (re)trouver un état de sérénité que le fracas du Monde Moderne, que les Musicaves de Givry permettent heureusement de mettre entre parenthèses, nous interdit quotidiennement de connaître.

Samuel Bon

(Photos : Samuel Bon & M.B.)

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