Journée Internationale des droits des femmes

Femmes à l'Honneur [11] - Flore Simon

Après une formation de comédienne au Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Chalon, Flore Simon obtient un Master en mise en scène et dramaturgie à l'Université Paris X en 2017. Dans ce cadre, elle met en scène plusieurs spectacles théâtraux et musicaux.

Depuis 2014, elle assiste tour à tour Jean-Yves Ruf (Hughie), Claude Romanet (El Zorro), Lancelot Hamelin (The Light House project), Vincent Thomasset (Ensemble ensemble, Lettres de non motivation), Laurent Fréchuret (Revenez demain, Ervart) et Pierre Hoden (De beaux héros en vérité, Land and freedom) puis met en scène son propre projet Juliette, suite et fin trop précoce. Cette année, elle travaille à la réouverture du Théâtre de la Petite Espagne au sein de la compagnie Les Affranchis à Saint-Denis, met en scène le groupe de musique La Sido, la pièce Cette mémoire des étoiles (La roue voilée) en Bourgogne et joue dans le spectacle de marionnettes Titouane (La boîte à malices) à Paris.

Que pensez-vous de cette Journée internationale des droits des femmes ?

"C’est une journée qui, comme beaucoup d’autres, ne devrait plus avoir à exister. Je m’explique : la question de l’égalité, de l’équité devrais-je dire, entre les sexes devrait être réglée depuis de nombreuses années… Cela va de soi que ça n’est pas une question à discuter mais un fait à établir et qui aurait dû l’être il y a longtemps déjà. Prendre de l’énergie pour expliquer, pour seriner sans cesse des évidences, empêche de consacrer du temps à rêver la société que nous voudrions construire, à penser plus loin les valeurs qui nous importent, à remettre au centre les questions d’égalité et de fraternité (ou sororité…). Mais le fait est que c’est une question qui est toujours en cours, un droit toujours remis en question. Il est donc important que chacun et chacune d’entre nous continuent de se battre afin que notre société puisse s’émanciper des discriminations qui l’empêchent d’avancer. Aussi, cette Journée internationale des droits des femmes a encore un sens fort aujourd’hui : faire évoluer les mentalités chez nous, militer pour qu’il en soit de même dans tous les pays du monde et ce afin que les situations changent concrètement, que l’on cesse d’entendre le nombre effarant de femmes violées, tuées, menacées, et aussi que des plus hautes instances étatiques au simple individu, chacun fasse un geste en ce sens. Pour moi, cela passe par une réflexion plus vaste autour de l’humain et de sa capacité à vivre en groupe : au-delà de l’homme et de la femme, quel monde voulons-nous construire ? Il me semble que si nous pensons ensemble une société dans laquelle les rapports de force ne sont plus ceux des entreprises face aux employés, des politiciens face aux syndicalistes, des lobbyistes face aux intérêts communs, nous penserons aussi une société sans discriminations puisqu’elle ne sera plus dictée par des ambitions économiques individuelles mais par un partage équitable des tâches et des richesses, par une vie en adéquation avec son environnement.

« Quand le peuple bouge

Y a toujours une

Fille Brune, 

Sous un drapeau rouge »

Bel et juste hommage aux femmes, à leur force, à l’importance qu’elles ont toujours eu dans les révolutions et pour les droits sociaux et humains acquis au cours des siècles. Par cette citation commence « Le canon Fraternité », roman de Jean-Pierre Chabrol retraçant les événements de la Commune de Paris du point de vue de jeunes adolescents du quartier de Belleville. Les femmes, dans un certain nombre de mouvements historiques (la marche des femmes sur Versailles pour demander du pain au Roi en 1789, les tabatières qui, par un mouvement de grève, furent les premières à acquérir de véritables droits sociaux dans leurs usines dans les années 1870, toutes celles qui, durant la Guerre d’Espagne, montèrent les premières au front pour s’opposer en armes aux franquistes, …) ont toujours su tirer une force de cette discrimination dont elles ont été les victimes et grâce à elles, la société a pu avancer vers des idéaux plus égalitaires. C’est cela dont on devrait se souvenir lors de la Journée internationale des droits des femmes, se pencher sur l’Histoire, sur ce qui a été tu, du fait du patriarcat, et s’en servir pour construire l’avenir ensemble."

Photo transmise par Flore Simon pour parution. Crédit photo : DR

Cette série ‘Femmes à l’honneur’,réalisée à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, a été coordonnée pour Info Chalon par Sonia Blondet Rodriguez

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