Culture

L’Académie des Arts de Marilou fait son cinéma ce samedi 23 juin

Située à Allerey-sur-Saône, l’Académie des Arts est un endroit qui vaut le détour. Le point avec info-chalon.com, quelques jours avant la journée « portes ouvertes », qui aura lieu ce samedi 23 juin.

D’ordinaire, passer la frontière symbolique qui sépare l’Académie des Arts d’Allerey-sur-Saône du reste du monde revient à éprouver ce que l’Alice de Lewis Carroll a peut-être ressenti en tombant au pays des merveilles, après avoir suivi dans son terrier un lapin qu’elle avait auparavant entendu s’écrier : « Oh, là là ! Oh, là, là ! Je vais être en retard. » D’un certain point de vue, le quidam, égaré ou venu de son plein gré, n’a pas l’impression d’avoir quitté la réalité : les murs sont en pierre ; la pelouse est verdoyante ; la chasse d’eau des WC fonctionne ; on y parle sa langue maternelle. Toutefois, chaque nouveau pas qu’il fait sur les terres de Marilou, la reine des lieux, le conforte peu à peu dans l’idée qu’il a mis les pieds dans un nid-de-coucous, à tout le moins dans un endroit dont la rationalité est à des années lumières de celle régissant le monde « normal », plus exactement : normé.

Le constat fait qu’il n’est plus dans le monde « normal », il pourrait prendre ses jambes à son cou et aller voir ailleurs si, d’aventure, il n’y serait pas. Sauf que, en général, et même dans 99 % des cas, ce n’est pas ce qu’il fait. Les gens qu’il rencontre en ces lieux ont l’air si heureux de faire ce qu’ils font  qu’il est plus intrigué qu’effrayé. Et, pour peu qu’il leur parle un peu, l’envie lui vient très vite de fréquenter plus souvent l’endroit et même d’y revenir. Tant et si bien que, de fil en aiguille, il deviendra, à l’instar du Lièvre de Mars ou du chat du Cheshire dans l’œuvre de Carroll, un personnage de cette forme de Pays des Merveilles.

Qu’y fera-t-il, alors ? Ce que font ceux qui l’y ont précédé : il lâchera la bride à sa créativité, se laissera encourager par Marilou, dépassera ses limites et, lors des journées portes ouvertes de l’Académie des Arts, ne rechignera pas à exposer ce qu’il a réalisé de ses mains, après y avoir pensé un peu, beaucoup, passionnément.

En résumé, passer la frontière symbolique qui sépare l’Académie des Arts d’Allerey-sur-Saône du reste du monde, c’est, ordinairement, mettre le doigt dans un engrenage redoutable, celui qui fait tourner l’infernale mécanique créative conçue par Marilou pour conduire tout un chacun à jouir du plaisir que procure la pratique des arts plastiques.

(à d., Marilou Tremeaux)

Quid des périodes extraordinaires ?

« Si c’est comme cela que ça se passe d’ordinaire, quid des périodes extraordinaires ? », demanderez-vous, fébriles. Disons que  « l’effet Lewis Carroll » qu’on évoquait il y a quelques instants relève alors plus de du « double effet Kiss Cool » que d’autre chose. L’impression de mettre les pieds dans un autre monde est bien entendu toujours aussi vive. Par contre, la transition est beaucoup plus courte, s’il y en a seulement une. En effet, dans de telles périodes, vous êtes happé par quelque chose qui, d’abord vous pénètre jusqu’au fin fond de la moelle épinière, avant de vous investir totalement.

Un exemple ? Si l’on devait en choisir un, ce serait certainement celui correspondant à la période qui vient de s’achever, « inaugurée » en septembre dernier, quand Marilou a fait part d’un projet, celui  de réaliser un film articulé autour d’un voyage imaginaire, et ainsi donné le top départ pour que l’Académie des Arts se transforme en studio de cinéma. Jusque-là, en effet, son antre ressemblait encore un peu à une école d’art « classique », bien que totalement atypique, tant de par le fonctionnement que par l’esprit. En revanche, une fois lancée l’idée d’explorer les terres du cinéma, celle ou celui qui déboulait ingénument à l’Académie des Arts avait sans doute bien plus l’impression de revivre la mythique expérience accomplie par Ken Kesey et ses Pranksters au milieu des années 1960 (relatée par Tom Wolfe dans son passionnant Acid Test), que d’avoir, plus simplement, découvert un monde perdu, oublié ou demeuré ignoré de tous. Depuis quelques temps, encore plus ces derniers jours, le visiteur ingénu aura probablement la très nette l’impression d’entrer chez Tim Burton, voire, carrément, dans l’un de ces cabinets de curiosité qui, historiquement, ont fasciné les foules, surtout celles qui ne pouvaient s’offrir le luxe de voyager.

Les « Studios de l’Académie des Arts » présentent leur film ce samedi 23 juin

Et qu’en est-il résulté, de cette période extraordinaire ? Le film en question a-t-il vu le jour ? Oui. Et ce film, dont les décors ont été créés par ceux qui ont vécu cette aventure collective, est, à l’image du lieu, quelque chose qui sort des sentiers battus. Vous vous demandez ce que cela peut donner ? Sachez alors qu’il sera projeté ce samedi 23 juin, lors de ces portes ouvertes de l’Académie des Arts au cours desquelles vous pourrez également voir tout ce dont sont capables tous ceux qui passent entre les mains de Marilou.

Samuel Bon

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