Opinion de gauche

"Liquider les services publics pour distribuer des cadeaux aux plus riches" pour le NPA 71

Derrière son profil de premier de la classe et de gendre idéal, Emmanuel Macron est en réalité un redoutable mystificateur qui s'emploie à exciter des oppositions, des antagonismes pour mieux servir sa cause, ses convictions, tournées vers les plus riches, les « premiers de cordée ».... Avec le concours de ses fidèles serviteurs, il a habilement et instantanément allumé les hostilités entre les actifs et les retraités, entre les fonctionnaires et les salariés du privé, entre les actifs et les chômeurs, entre « les jeunes » et « les vieux ».

 

Pour autant, si l'on peut s'émouvoir sur la forme, on ne peut être surpris sur le fond de ses décisions politiques, tant elles étaient prévisibles à la lecture de son programme développé durant la campagne des présidentielles.Cette perfide stratégie qui consiste à dresser des contre-feux afin d'étouffer et d'éteindre les risques d'une explosion sociale fait son oeuvre et s'emploie à détourner les citoyens, mêmes les plus défavorisés, des enjeux cruciaux qui sont en train de se jouer dans cette séquence politique. Depuis très longtemps les inégalités entre les plus démunis et les nantis de ce pays n'avaient été aussi indécentes. Pourtant on ose nous faire croire qui si la France est encore trop endettée c'est bien à cause des fonctionnaires et des services publics qui coûtent beaucoup trop cher « par rapport aux services rendus », c'est à cause des chômeurs qui fraudent, aux retraités qui se « la coulent douce » et qui gagnent plus que la majorité des actifs, sans oublier les migrants dont l'accueil grève lourdement les caisses de l'Etat....

 

Mais la vérité, la « seule vérité », celle qu'Emmanuelle Macron et sa majorité veulent à tout prix dissimuler et travestir c'est que cette « liquidation » des services publics, ces sacrifices imposés aux salariés, aux fonctionnaires, aux retraités, aux chômeurs, aux étudiants, c'est tout simplement pour distribuer des cadeaux aux plus riches (hausse de la CSG, gel des salaires des fonctionnaires, réduction de l'assurance chômage, diminution des APL pour les étudiants d'un côté, suppression de l'ISF, baisse des taxes sur les revenus du capital, baisse des impôts sur les sociétés de l'autre côté de l'échelle sociale).

Avant de s'attaquer frontalement à la retraite par répartition, notre président veut anéantir définitivement toute velléité contestatrice qui pourrait contrarier son destin de « grand réformateur ». En effet, il subsiste ici ou là quelques noyaux durs qui pourraient contrecarrer son exceptionnel dessein, dans certains services publics et plus précisément à la SNCF.

 

Forts de l'expérience que nous avons traversée à la fin des années 1990, avec France-Télécom, EDF, GDF, Air France, sous le gouvernement Jospin et de ce qui est advenu de ces grandes entreprises publiques, nous ne pouvons qu'être très inquiets de ce qui se profile pour la SNCF. Mais après les chemins de fer, ce sera au tour des derniers grands services publics de la santé, de l'éducation et de la formation, de l'accueil des personnes âgées qui, fragilisés par de nouvelles restrictions budgétaires (suppression de postes, augmentation de la précarité des personnels, conditions de travail insoutenables, saturation des capacités d'accueil) devront abandonner ainsi des territoires, des missions, au profit de groupes privés installés avec la complicité des « serviteurs de l'Etat »....

 

Dans cette logique de démantèlement des services publics, du bien commun auxquels sont majoritairement attachés les français, il est radicalement absurde d’évoquer des critères de gestion, de rentabilité. Le principe même du service public est de balayer cet argument, pour que tous les citoyens soient égaux. Le service public, c’est la continuité de la République ; c’est l’assurance qu’une région enclavée ou déshéritée le sera… le moins possible, à cause de la continuité des services publics, et de l’égalité qu’elle a la charge d’assurer.

Or nous assistons, depuis 25 ans, à la remise en cause progressive de ce principe majeur qui est au cœur du pacte républicain et du pacte social qu’il était supposé maintenir. Tous les gouvernements s’y sont mis, les gouvernements socialistes comme les gouvernements de droite. Tous ont apporté leur pierre à cette entreprise méthodique de démolition.

 

 

Ainsi, en 2018, après le téléphone, l’électricité, le gaz, l'eau, les transports aériens, il faudrait aussi s’en prendre au service public des transports ferroviaires ? Et le gouvernement voudrait le faire à la hussarde, par le biais antidémocratique des ordonnances ? Il y a en fait quelque chose de désespérant dans cette nouvelle esquive de la puissance publique, qui ne veut surtout pas qu’un grand débat public prospère autour de l’avenir de la SNCF. Désespérant, parce que c’est l’un des derniers grands services publics qui subsiste – même s’il a déjà subi d’innombrables mauvais coups – et que son rôle est majeur en matière d’aménagement des territoires, de désenclavement, d’égalité des citoyens. Par ailleurs, ce projet contredit tous les engagements signés par la France dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique puisqu'il favorisera inéluctablement le transport par la route des marchandises et des voyageurs, suite à la fermeture des lignes non rentables.

 

Or c’est ce projet, né dans les soubresauts du Front populaire, qui est en train de sombrer. Car même si, avec beaucoup d’aplomb, le gouvernement aussi bien que le président de la SNCF assurent que la privatisation de la société n’est pas en gestation, tout le monde sait pertinemment que c’est pourtant ce qui est, à plus ou moins long terme… sur les rails. Et paradoxe de l’Histoire, c’est un ancien associé gérant de la banque Rothschild qui est à la manœuvre.



Ce débat sur les “biens communs” est donc beaucoup plus large et plus ambitieux encore que celui sur les seuls services publics. Mais il souligne par ricochet le caractère rétrograde et dangereux de la réforme autoritaire de la SNCF qui se profile : à l’opposé du monde nouveau et plus généreux qu’il faudrait faire émerger, c’est le vieux monde, celui de la finance, dont Emmanuel Macron est le porte-étendard, qui cherche à s’approprier l’un des derniers grands services publics français.



Aussi, comme l'a justement rappelé Olivier Besancenot à l'occasion d'une intervention télévisée, nous ne pouvons pas nous cacher derrière notre petit doigt :"On est tous les cheminots de quelqu'un d'autre à ce jeu là. Si en tant que travailleur, salarié, chômeur ou retraité, tu commences à penser qu'un autre travailleur, simplement parce qu'il a un acquis social que tu n'as pas, tu penses que c'est un privilégié, alors n'oublie jamais qu'en retour, tu vas avoir le même discours qui va te concerner dans pas longtemps". "Qu'on gagne ou pas cette bataille, elle mérite d'être menée", a-t-il conclu.



Les Français qui ne désirent pas voir leur système social détruit, les derniers services publics déserter les campagnes, la qualité des services du rail se dégrader, les prix des billets augmenter et leurs impôts servir à subventionner directement les dividendes des futurs opérateurs privés doivent faire bloc avec les cheminots.

Il se joue bien plus que la suppression d’un acquis social repeint en « privilège » par des journalistes à la solde du macronisme qui soit dit en passant bénéficient d’un tout autre privilège (l’abattement fiscal). C'est ce qu'il reste du modèle social hérité de la libération qui se trouve dans le collimateur.



Alors, ne restons pas les bras croisés et dés le 22 mars nous devons nous mobiliser ensemble, pour nos aînés, pour nos enfants, pour nous, pour défendre les services publics garants de l 'égalité entre les citoyens. L' argent public il est à nous. C'est à nous de décider où il doit aller. Surtout pas dans les poches des patrons et des plus riches.



Jean-Guy Trintignac NPA 71

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