Opinion

Laïcité - les discours et les actes

Par la Ligue de l'Enseignement 71, l'USEP 71 et l'UFOLEP 71.

Le Ministre de l’Intérieur a estimé dans un entretien à un hebdomadaire national, le jeudi 15 novembre, que «  modifier la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’est pas un tabou ». Il a ajouté : «  cette loi a 113 ans aujourd’hui et peut évoluer ».

 

Rappelons tout d’abord l’article 1 de cette loi du 9 décembre 1905 : «  La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes.».

 

Au moment de l’histoire de l’humanité et où le dialogue entre cultures, religions et sociétés devient moins respectueux et se radicalise, il est sans doute nécessaire d’expliquer la laïcité en tant que principe d’égalité permettant de vivre ensemble, de respecter les libertés individuelles dans le respect des institutions de la République.

 

Nous pouvons émettre le souhait que dans le débat public, certains ne cèdent ni à la « dictature des émotions », ni à celui du « clash permanent ». Pour lutter contre tout repli communautaire ou identitaire, d’où qu’il vienne, il ne suffit pas de convoquer la laïcité à toutes les sauces, ni de dénoncer les discriminations. Au contraire, il faut, inlassablement, rappeler les droits, les libertés mais aussi les interdits fixés par le cadre républicain laïque.

 

En premier lieu, la loi garantit aux croyants de toutes confessions et aux non-croyants, le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Pour chaque femme et chaque homme, elle assure le droit d’avoir une religion, de ne pas en avoir, d’en changer ou de ne plus en avoir. 

 

La loi du 9 décembre 1905, trop méconnue, a ancré les valeurs de la République dans la filiation des Droits de l’Homme. Elle ne fait pas de distinction entre les citoyens. Dès lors, il est totalement hors sujet, voire hors la loi, d’évoquer des « racines », des « identités », des « cultures » pour opposer des citoyens entre eux. Par exemple, la laïcité de la République Française n’est ni soluble dans le pot-au-feu, ni dans un quelconque plat exotique. C’est exactement ce que vient de rappeler la justice de la République à propos de l’affaire des menus de substitution.

 

Les différences d’origine, de cultures et de religions ne doivent pas empêcher l’action de tous pour la liberté, l’égalité et la fraternité dans le respect mutuel de chacun. La loi de 1905 créée une ligne de démarcation entre ce qui relève des religions et ce qui relève de l’Etat avec une hiérarchie au profit de la République. C’est la raison pour laquelle elle limite les effets des injonctions religieuses à l’encontre des femmes et des hommes dans leur volonté d’émancipation et d’épanouissement personnel 

 

La laïcité est à la fois un principe et une exigence. Elle ne doit être considérée ni comme un dogme, ni comme la panacée universelle. Son esprit doit guider tous celles et ceux  qui sont en charge des institutions républicaines, dans un souci d’écoute, de respect et d’ouverture aux autres. La diversité des croyances ou des incroyances n’est pas une source de divisions, elle est au contraire porteuse de richesses et de progrès. Il appartient donc à chacun de retrouver, dans le calme et la sérénité, l’esprit de la Loi de 1905, pour le plus grand bien de l’humanité. Si des aménagements de la Loi sont possibles, en aucun cas ils ne doivent s’opposer à l’esprit de la Loi.

 

Christian HAMONIC, président de la ligue de l’Enseignement 71 (ex Fédération des Œuvres Laïques)

Nicolas CHAUSSAT, président de l’USEP 71 (Union Sportive de l’Enseignement du 1er Degré)

Lucien MATRON, président de l’UFOLEP 71 (Union Française des Œuvres Laïques d’Education Physique)

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