Politique de droite

Gilles Platret en marche arrière ?

C'est un Gilles Platret quelque peu transfiguré dans son discours politique qui s'est exprimé ce jeudi à l'occasion d'un point presse sur la vie politique de son parti. Les explications d'info-chalon.com.

Depuis 2014, on l'avait connu plus incisif et mordant sur bien des sujets sociaux et sociétaux mais le résultat des élections européennes de sa famille politique et surtout les perspectives des prochaines échéances municipales ont l'air d'avoir modifié le discours. Ce jeudi soir, aux côtés du sénateur de Haute-Saône, Alain Joyandet, Gilles Platret a joué la carte de l'apaisement, bien loin de ses emportées lyriques bien connues de celles et ceux qui le suivent depuis quelques années. "Se faire entendre sur une voie médiane, raisonnable, réaliste, c'est très compliqué. Pendant longtemps les centristes ont eu du mal d'être autre chose qu'un bras de levier entre la gauche et la droite. Le paysage politique se crispe autour de leaders forts" a précisé Alain Joyandet en terme d'analyse de la situation politique du moment. Pour Gilles Platret, "il y a deux personnalités détestées par trois quarts de l'électorat. 75 % des Français n'aiment pas Monsieur Macron ni Madame Le Pen. Nous on en subit les dégâts collatéraux peut être qu'il n'y a pas eu de thèmes fédérateurs de notre part. Notre campagne a été satisfante intellectuellement. Elle a été motivante sur le plan militant mais quels sont les thèmes sur lesquels nous avons été identifiés dans cette campagne ? Ca a glissé sur nous ! 

"La politique c'est d'abord de l'incarnation"

"Le principal problème de la droite républicaine c'est que depuis 10 ans, elle passe son temps à se déchirer devant les médias. C'est l'image qu'on donne. Nous on a réussi localement à travailler avec Arnaud Danjean. Le chemin sera long et nécessaire. On n'a pas à se positionner mordicus sur tous les thèmes de société. Ca dépend d'abord de la conscience de chacun. Est-ce qu'il appartient à un parti politique de dire si Vincent Lambert doit mourir ou pas ? Je ne le pense pas. Est-ce que c'est aux partis de dire si des lesbiennes doivent avoir un enfant ? Je ne le pense pas. Peut-être qu'il faut qu'on soit un peu plus relax, tolérant vis à vis de sujets de société qui sont hyper clivants et qui ne doivent pas ressortir des partis politiques mais on doit s'affirmer davantage sur des thèmes qui touchent davantage le quotidien des gens. On trouble la conscience de gens qui ont aussi le droit.  Ce sont des questions d'intimité et ce n'est pas aux partis politiques de s'en emparer. Il faut une liberté de conscience. Je suis très prudent par rapport à ça. Je ne dis pas que Bellamy était ringard mais il faut qu'on soit un peu plus tolérant sur des questions de société qui touchent à l'intimité. Un parti politique n'a pas à avoir une ligne unique sur ces questions sinon je ne célébrerai pas les mariages pour tous. A un moment, il faut être tolérant". 

Des propos qu'on n'avait pas forcément eu l'habitude d'entendre de la part de Gilles Platret sur les questions de liberté de conscience et qui marquent une forme d'assouplissement dans ces positions.

 

Laurent Guillaumé 

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