Politique de gauche

LEGISLATIVES (3ème circonscription) : Pierre Aceituno (France Insoumise) appelle les citoyens à reprendre le débat public

Nous l'avons vu, les 10 dernières années ont été celles de la post-politique : c'est à dire la décennie de la fin du politique dans les discours, et dans les décisions publiques.

 

Le résultat : l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence de la République.
Partout dans nos campagnes, des mairies ont tout fait pour dépolitiser la vie publique. "Moi je ne fais pas de politique" nous dit un maire, qui pourtant passe son temps à rappeler à tous et toutes que la vie, c'est le business, et qu'il faut des sous, que les projets soient rentables, qu'il faut couper dans les dépenses pour augmenter les marges, qu'il faut diminuer le nombre de fonctionnaires dans les services publics pour que ceux-ci coûtent moins cher. A tel point qu'on s'interroge : à quel moment ce monsieur va-t-il arrêter de faire de la politique et commencer à nous parler de la gestion de sa ville ?
Dans les familles, on préfère éviter les débats qui fâchent, à tel point qu'on ne parle jamais politique, paraît-il. Et pourtant au cours du repas de famille, on entend ici et là les petites remarques, disant que ceux qui nous gouvernent font n'importe quoi, qu'il faudrait quand même moins d'étrangers, que le coût du travail est trop élevé. A quel moment ceux qui s'interdisent de parler politique arrêtent-ils vraiment d'en parler ?
Au final, la distinction entre ce qui relève du politique et ce qui n'en relève pas est complètement brouillée. C'est par ce biais que l'on a pu faire rentrer dans nos têtes un vocabulaire tout neuf, une novlangue, soi-disant dépolitisée.
Parler des "charges sociales", c'est maintenant faire de l'économie et non pas de la politique. Parler de flexibilisation, c'est parler de l'ordre naturel des choses et non pas faire de la politique. Parler des coupes budgétaires, c'est maintenant gérer de manière réaliste les dépenses publiques.
Voilà comment on nous impose une vision du monde, un ordre des choses, qui semble aller de soi, mais qui n'a en réalité rien de naturel.
Quand avons nous oublié que quand l'on parle de charges sociales, on parle en réalité des cotisations qui nous protègent contre les risques de la vie ? Quand avons nous oublié que quand on parle de flexibilisation, on parle de faire disparaître un statut qui nous permet d'obtenir des crédits, d'acheter des maisons et de faire des projets de vie ? Quand avons nous oublié que faire des coupes budgétaires, c'est détruire des emplois et faire baisser la qualité de nos services publics ?
Voilà le monde qui nous est proposé, un monde sans alternative, et c'est dans celui-là que semblent vivre une grande partie de nos concitoyens. On a tellement dépolitisé la vie publique qu'on a fini par s'imposer à nous même un nouvel ordre, une vision politique unique.
Alors dans ce cadre, il n'y a pas de grand projet dans lequel chacun a sa place, dans lequel se retrouver, il y a juste un ordre des choses, inéluctable, à suivre. Et tous ceux qui n'en sont pas se voient traités d'irresponsables et relégués au ban de la société. C'est la mort du débat, la fin des idées, et le début d'un nouvel âge sombre qui a commencé, et qui se poursuit aujourd'hui. Quelle nation allons-nous bien pouvoir construire si la seule chose qui nous rassemble c'est la recherche de compétitivité-prix ?
C'est en réalité un problème de fond qui est posé : la novlangue, la réalpolitique, la pensée unique sur l'ordre économique nous amène à une situation dans laquelle n'apparaît aucune alternative, où la démocratie n'a pas lieu d'être parce qu'il n'y a pas lieu de penser à des chemins différents. Tout ceci contribue à nier la nécessité d'une républicaine, d'une pensée républicaine, d'alternatives au monde qui est.
Enfin, c'est notre capacité à être une nation, qui, dans ces conditions est remise en cause. Regardez autour de vous : nous sommes en train de nous déliter.
Voilà pourquoi il est urgent que chaque citoyen et chaque citoyenne se sente à nouveau légitime à reprendre le contrôle sur le débat public, et en premier lieu sur le vocabulaire autorisé, admis, compris. Nous devons nous réapproprier l'espace politique en repolitisant ce qui a été dépolitisé. Dans nos villes, dans nos villages, dans nos réunions de familles, nous devons ramener le débat politique au centre, pour que chacun se rappelle des enjeux et puisse se les approprier. Nous devons répondre fermement à ceux qui nous disent "pas de politique" : pas de politique, c'est la mort de la démocratie. Vous faites de la politique en disant celà et vous jouez le jeu de ceux qui nous tuent en tant que peuple à petit feu. Alors si, il y aura de la politique. Il faut dénoncer partout où nous le pouvons ces méthodes et la dépolitisation.
Voilà la première pierre à la reconstruction de l'édifice branlant qu'est notre nation. Par la suite, nous devrons prendre des villes, des villages, et les faire redevenir ce qu'ils ont malheureusement cessé d'être : les pilliers de la démocratie. C'est dans les communes que le débat doit avoir lieu, qu'il doit faire apparaître les conflits et les points de dissenssion. Les communes sont les socles du débat démocratique national. Si nous n'y ramenons pas de politique, celle ci finira par disparaître du débat national. Dans les entreprises et dans les ménages également, le débat doit revenir, et s'y réinstaller durablement.
Les premiers noyaux de la démocratie doivent redevenir le centre du débat politique.
Enfin, une fois que nous nous serons réappropriés l'espace politique, débutera véritablement la grande aventure qui animera notre siècle : celle de la construction d'un projet national, d'une épopée au centre de laquelle se trouve le peuple. Ce peuple, qui sera redevenu un animal politique, qui se sera réapproprié l'espace du débat démocratique pourra enfin sortir de l'ornière et faire nation : par le rebrassage, par la reconnaissance entre ses membres de droits et de devoirs nouveaux. Par l'écriture d'une nouvelle constitution, nous n'écrirons pas seulement un texte de loi, mais une carte, un guide, une feuille de route pour le siècle à venir. Et ce sera le point de départ pour un ensemble de projets de long terme : la planification écologique qui sera le coeur de notre stratégie industrielle, l'éradication de la pauvreté, la fin de la précarité et du chômage, voilà les objectifs nobles que nous devons poursuivre, et non pas la flexibilisation du marché du travail, la libération des banques ou encore la destruction du code du travail.
Nous commençons maintenant le travail pour l'intérêt général, avec ou sans ceux qui se sont accaparés le politique ces dix dernières années.
C'est nous, tous ensemble, qui devons faire ce travail collectif : alors allez-y les gens, rendez nous notre démocratie !
Enfin, je tiens à signaler la fermeture de TP2I à Demigny, dont le gerant a déjà par le passé fait mettre la clé sous la porte à une autre société. Pire encore, ce gérant se présente aux législatives sous l'étiquette PS-En Marche- Les Républicains (divers droite). Voilà le renouvellement promis, voilà les fermeurs d'usine qui prétendent avoir tout compris et pouvoir nous gouverner. Ce sont 19 emplois qui se dissolvent dans le vent des affaires. Que peut-on y faire ? Imposer un droit de préemption pour permettre aux salariés de reprendre les entreprises qu'une gestion calamiteuse aura mis en déroute.
Nous affichons tout notre soutien aux salariés de TP2I. Ne donnez pas de majorité aux fermeurs d'usine ou aux casseurs de code du travail.

Pierre ACEITUNO, candidat aux législatives dans la 3e circonscription.

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