Politique de gauche

Européennes : soirée de lancement de la campagne de Chalon l'Insoumise

Vendredi soir, le groupe d'action chalonnais de la France Insoumise lançait sa campagne aux élections européennes, l'occasion pour deux invités politiques de débattre avec le public sur des questions relatives aux services publics. Info-Chalon revient sur cette soirée.

Une réunion publique de lancement de la campagne aux élections européennes du 26 mai 2019, a été organisée par Chalon l'Insoumise, le groupe d'action chalonnais de la France Insoumise, ce vendredi 18 janvier à 20 heures. À cette occasion, Laurent Manse, porte-parole local du parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon, avait invité la candidate Anne-Sophie Pelletier ainsi que l'ex-socialiste et conseiller régional de Bourgogne-Franche Comté, Denis Lamard.

Le service public est la richesse de ceux qui n'en ont pas

Une cinquantaine de personnes, venant du Chalonnais et même d'ailleurs (Haut-Morvan, Mâconnais et Bassin Minier), se sont rendus au Studio 70, 3bis Rue de Lyon, à Chalon-sur-Saône à l'invitation de la branche locale de la France Insoumise. Il est à noter que ce parti a fini deuxième dans le Chalonnais aux dernières présidentielles. Une trés bonne occasion pour la militante syndicale qui fut  la porte parole de la grève (117 jours) de l'EHPAD des Opalines à Foucherans (Jura), de parler de l'impact de l'Union Européenne sur le service public. Elle était accompagnée de Denis Lamard, conseiller régional de Bourgogne Franche-Comté, ex-membre du Conseil national du PS et président des Amis de la Rose à Frangy-en-Bresse, Denis.  Suivant les exemples d'Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, ce Bressan, proche de Montebourg, avait décider de quitter le Parti socialiste, le 15 octobre 2018.

«On a en commun, une autre vision de l'Europe et il y a pour nous, transfuges socialistes, que cette liste possible, en espérant que vous, militants de la France Insoumise, vous voulez bien de nous. En tout cas, on a besoin de toi à Strasbourg!»dit M. Lamard en s'adressant à Anne-Sophie Pelletier, soulignant du même coup son ralliement à la France Insoumise.

«La suite, c'est les municipales!» rajoute l'ex-militant socialiste. 

La candidate est revenu sur le démantèlement progressif du service public français mené par le gouvernement Macron et ses ministres qui remettrait directement en cause les fondements mêmes de notre société. Anne-Sophie Pelletier estime que contrairement aux présidentielles et aux municipales, les européennes ne sont pas prises au sérieux par les électeurs. Il s'agit, pour elle, de rappeler que de nombreuses mesures sont prises par Bruxelles qui «n'agit pas dans l'intérêt des Français» et qu'au contraire «on doit tout faire pour péreniser et maintenir le service public qui est la richesse de ceux qui n'en ont pas», explique la candidate. 

Criant à l'injustice fiscale et la violence sociale que subissent les personnes les plus fragiles de notre société, elle  est revenue sur cette volonté du gouvernement de s’attaquer aux fonctionnaires, s’inscrivant, selon elle, dans une série de mesures absurdes engagées par le gouvernement : citons pêle-mêle, la réforme de la SNCF, hausse de la CSG pour les retraités, la loi Blanquer pour les lycéens sans parler des cadeaux pour les plus riches avec la suppression de l'ISF, et bien d’autres.

«On est fâchés, pas fachos!»

Revenant sur les Gilets jaunes, la candidate FI rappelle que «sur les rond-points, il y a aussi des Insoumis. (...) on est pas là pour récupérer des "parts de marché" comme d'autres, c'est pas notre fonctionnement! Depuis le début, on est en soutien des Gilets Jaunes par exemple avec les street-medics* » explique-t-elle. S'alignant sur les positions de Jean-Luc Mélenchon concernant le Grand Débat national dont fait la promotion le Président de la République, le surnommant «la Grande Débâcle», estimant ce dernier «cadré» et que «de toute façon, il ne reviendra pas sur son programme. Le peuple français ne se sent pas entendu. Macron n'a pas compris. Il est que le copiste de l'Union Européenne. (...) notre pays ne doit pas devenir une start-up nation!». 

Refusant que le débat ne sois centré sur leur seule personne,  les deux principaux intéressés ont invité les participants à la réunion publique à un débat participatif. Cela allait du cheminot parlant des réductions des horaires en gare ou la possible réouverture d'une ligne sur Saint-Marcel  où elle dira qu'«ils ont vendu la SNCF», le mouvement de grève de l'Hôpital William Morey de Chalon-sur-Saône auquel la candidate a souhaité apporter son soutien, en les félicitant car «c'est un vrai crève-cœur», la suppression des AVS, la privatisation de la santé, la disparition des services dans les communes rurales, la question du nucléaire a également été abordée. La France Insoumise étant pour la fermeture des centrales nucléaires et pour l'interdiction de la chasse. Anne-Sophie Pelletier rappelant au passage que le parti est le seul qui lutte contre la maltraitance sur les animaux et l'égalité homme/femme.

«On a dégradé le dialogue social» dit Denis Lamard, évoquant la privatisation rampante de tous les services publics. 

Moment plus poignant, la candidate n'a pas pu caché son émotion suite au témoignage d'un jeune Chalonnais autiste et transgenre en butte à de la discrimination, la violence physique et les moqueries, exemple frappant illustrant les difficultés d'intégration que rencontrent encore de nombreuses personnes LGBT aussi bien dans le Chalonnais que dans le monde.

Il a également été question du cas de Victorien, étudiant en faculté d'Histoire à l'Université de Dijon, qui doit comparaître le 12 mars au T.G.I de Dijon, une affaire dont nous vous reparlons dans nos colonnes. 

La candidate France Insoumise aux européennes, Anne-Sophie Pelletier, veut faire bouger les lignes, «l'Europe n'est pas immuable» dit-elle à ce propos, déterminée à «un vrai rapport de force face à » Strasbourg. Quoiqu'il en soit, au regard du vif débat engagé, les militants du Chalonnais sont prêts pour le 26 mai, refusant que le gouvernement continue son œuvres de destruction du service public.

* Ce sont des bénévoles, et pas tous des professionnels de santé, qui viennent en aide aux manifestants blessés lors des échaffourées avec les forces de l'ordre. Ces derniers temps, on les a beaucoup vus dans les grandes villes à l'occasion des différentes mobilisations des Gilets Jaunes. 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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