Politique

A Chalon sur Saône, Dominique Perben et François Patriat main dans la main pour Emmanuel Macron

Les deux anciens ministres PS et RPR ont voulu incarner le rassemblement «dont la France a besoin» au Clos Bourguignon à Chalon sur Saône devant près de 200 personnes.

«Moi je veux une alternative, pas une alternance»… Avant même de rentrer dans la salle du Clos Bourguignon, à Chalon-sur-Saône, où 200 personnes se sont rassemblées pour son meeting commun avec Dominique Perben, François Patriat a donné le ton.


Engagé de la première heure avec Emmanuel Macron, le Sénateur de Côte-d’Or et ancien Président de la Région Bourgogne, répondait à une question sur le côté forcément surprenant, pour certains, de son affichage, dans une réunion publique de lui l’ancien Ministre socialiste avec Dominique Perben, l’ancien Ministre RPR.
François Patriat veut casser les codes, il faut casser les schémas politique qui prévalent depuis plusieurs décennies et dont ils estiment qu’ils ont échoué, à un moment de l’histoire «où la France a besoin plus de rassemblement que de division». François Patriat croit non seulement à un nouvel élan, mais il veut à son niveau l’incarner et c’est en ce sens pourquoi depuis plusieurs mois déjà il laboure la Bourgogne et la Franche-Comté pour les mettre «En Marche» derrière Emmanuel Macron. En ce sens, l’affichage sur une tribune, ce lundi à Chalon-sur-Saône était bien plus que symbolique.


Vendredi au Creusot, on avait vu Arnaud Montebourg faire «service minimum» avec Benoît Hamon. Trois jours plus tard à Chalon-sur-Saône, Dominique Perben a fait bien plus que le service minimum. Il a expliqué, détaillé, démontré pourquoi il a décidé de soutenir Emmanuel Macron.


«Cette élection, c’est notre dernière chance. Si Madame Le Pen est élue, on en prend pour 30 ans de difficultés. Il faut que chacune et chacun réfléchisse au vote qu’il va exprimer. Moi j’ai fait le choix du rassemblement, pour assurer le rebond dont le pays a besoin. Mais derrière cette conception assez grave, il y a aussi autre chose. C’est vrai que la personnalité d’Emmanuel Macron est emballante, car c’est un homme de culture», a lancé Dominique Perben, à l’heure de conclure.


«Macron c’est de l’enthousiasme et de l’espoir. La France tout à coup, avec un chef d’Etat de 40 ans, que les autres nous envient, c’est une chance de reconstruire l’Europe. On peut vivre ensemble une aventure assez exceptionnelle. Ce serait une formidable opportunité pour notre pays».


Des mots salués par des salves d’applaudissements dans une salle où seules deux fausses notes auront été entendues à l’heure de l’échange avec le public. Avec des attaques frontales autant contre l’ancien Maire de Chalon-sur-Saône que contre son ralliement à Macron au détriment de Fillon.

Alain BOLLERY

 

Dominique Perben : «Arrêtons le jeu qui bloque l’action politique»

«Merci à ceux qui sont sur le terrain et c’est courageux quand on construit une vie politique différente.
Avec François on a toujours apprécié de se rencontrer. Mais jusque là ce n’était pas sur les mêmes buts. Je veux remercier les élus locaux qui s’engagent.
Lorsqu’on est élu local, la plupart du temps on travaille avec tout le monde, notamment dans les intercommunalités et cela se passe plutôt bien. Avec Roger Leborne, qui était membre du PS et moi membre du RPR, on a mis en place l’intercommunalité sur Chalon. C’est tous ensembles que l’on a réalisé de grands équipements.
On voudrait nous faire croire qu’avec Emmanuel Macron c’est anormal alors qu’on le fait sur le terrain.
Si j’ai pris ma décision d’être ici, c’est après avoir longtemps réfléchi. Pendant un an et demi j’ai travaillé pour Alain Juppé, dont vous savez que je suis très proche. Je me suis posé des questions et aujourd’hui je soutiens Emmanuel Macron. Les Français sont profondément déçus de ce que j’appelle le «tic tac». Une fois avec Sarkozy, une fois avec Hollande et on est déçus.
En 2002, Chirac a été élu avec 80% des voix contre Le Pen. Mais son Gouvernement représentait 20% de l’électorat. Pareil pour Hollande.
Il faut reconstruire notre vie politique, pour que le prochain Président puisse construire une nouvelle majorité. Il est important que le rassemblement commence dès le premier tour, pour une vie politique différente, avec des femmes et des hommes qui veulent travailler ensemble pour le pays.
On voit bien comment François Fillon se replie sur une partie de la droite et ne sera pas en capacité de rassembler les Français. Il serait dans l’incapacité d’agir. C’est pour cela qu’il faut faire autrement.
Macron il est autrement, il est jeune, il veut faire différemment. J’ai regardé ses propositions. Au niveau du constat, il disait la même chose que moi. Ses propositions rejoignent les nôtres. Pourquoi faire semblant de s’opposer. Quand j’étais Garde des Sceaux, j’’ai fait les centres éducatifs fermés, qui était combattus par l’opposition qui aujourd’hui dit qu’il faut en faire plus.
Arrêtons le jeu qui bloque l’action politique. Ce n’est pas parce qu’on est dans l’opposition qu’il faut être contre et inversement.
Sur la sécurité, il a trois points. Le terrorisme : Oui il faut réorganiser le renseignement territorial. Sarkozy et Fillon ont eu tort de supprimer les renseignements généraux. Il faut recréer un enseignement territorial. Il faut améliorer la coordination du renseignement, mieux l’organiser pour que les renseignements soient interprétés plus vite. Faire aussi travailler de façon plus efficace Police et Gendarmerie. Ce que Macron propose me parait particulièrement pertinent.
En matière de sécurité, les propositions d’Emmanuel vont dans la bonne direction. Oui il faut 10.000 policiers supplémentaires. Macron propose 15.000 places en prison, Juppé en proposait 10.000.
Quand un tribunal décide d’une peine, elle doit être exécutée, alor qu’ujourd’hui on a un juge d’application des peines qui les réduit. Cela répondra à l’attente des forces de l’ordre.
Il faut aussi rétablir la justice du quotidien, car souvent en matière économique, sociale, prudhommale les décisions trainent.
Les propositions d’Emmanuel Macron vont dans le bon sens.
Ma carrière politique est derrière moi, mais je veux aussi parler avec l’expérience qui peut rendre intelligent et lucide au bout d’un moment.
Ce qui me frappe chez lui, c’est sa capacité de réflexion. Mais au-delà de son intelligence il y a autre chose. Il a une vision, car c’est un homme de philosophie, car il a une réflexion ; C’est un homme son temps. Il faut que le Président de la République soit profondément imprégné de la vie d’aujourd’hui pour mieux préparer l’avenir. Tout change, même si nous avosn envie de rester dans le pays où nous sommes.  Il est imprégné de cela. C’est un homme cœur, de vision et de conviction.
Oui la France est un grand pays. Mais il doute et c’est ce doute qui nous mine. Emmanuel Macron veut éliminer les clivages inutiles. Des campagnes sont construites que comme cela et c’est détestable. A Chalon j’essayais de gérer avec ceux qui le voulaient bien. On se respectait et c’est cela qui est important. Ce souci de rassembler la nation est important.
Je suis gaulliste et dans mon bureau à Paris j’ai sa photo. De Gaulle a dit que la France ce n’est pas la droite, pas la gauche, mais la France c’est tous ensemble.
Si on se retrouve avec François, cela correspond au génie français. 2017 on est à un moment crucial, qui peut être difficile, tragique. La France mérite d’être rassemblée par quelqu’un qui peut le faire. Avec une vision résolument tournée vers l’avenir. Le premier tour va beaucoup compter».

François Patriat : «Tout peut sortir : Le meilleur mais aussi le pire»

«Vous voyez ici deux élus que l’on n’a pas eu l’habitude de voir en tribune, mais on travaillait ensemble. Merci à toi Dominique, car sinon le TGV Est n’aurait pas vu le jour. J’ai toujours travaillé dans le respect.
Ce soir on ne va pas perdre notre temps à critiquer nos concurrents.
Ici à Chalon, les affrontements sont derrière nous. C’est la première fois qu’on le fait en duo. J’ai été élu Président de la Région pendant 12 ans. Moi je ne suis pas là pour planifier mon avenir. Je ne suis candidat à rien. Non je ne suis pas candidat à être Ministre.
En Côte-d’Or les gens disent il est sympa mais il est de gauche. Ceux de gauche disent que je suis de droite. Moi ce que je regarde c’est que l’on a progressé. J’ai travaillé avec des gens plus à gauche que moi, ce n’était pas difficile.
Je dis ce soir Gravité, car jamais une élection n’a été aussi indécise quant à l’enjeu. Car tout peut sortir. Le meilleur, mais aussi le pire. Personne ne peut dire qui sera élu demain. Ce n’est pas parce qu’on sera deuxième au 1er tour, qu’on sera élu demain. Nous sommes en marche, dans une campagne de conviction. L’évidence est là.
Je ne crois pas qu’il y aura un match à quatre. Il y aura un match à trois. Moi je suis trop habitué aux sondages. Souvenons nous de 2002. J’ai dit à Emmanuel la semaine dernière que le scrutin sera serré.
C’est mon deuxième anniversaire que je vis avec Macron… A Beaune, chez Atol, tout le monde était venu pour Adriana Karembeu. J’ai vu ce jour là, que sur les objets connectés, Emmanuel Macron avait une vision.
A la différence des autres candidats, Emmanuel voit le monde tel qu’il est avec les solutions telles qu’elles doivent être. Les autres campagnes, sont avec les mêmes réflexes, le même entre soi.
Emmanuel Macron voit le monde avec les défis importants. Il porte en lui les sujets régaliens car il a une vision, d’une France réunie autour de son idéal.
A l’Université des réformateurs, il a détaillé tous les défis en expliquant pourquoi il faut réformer. Pour venir avec lui, j’ai décidé de ne pas me représenter à la Région. Le 6 avril, j’étais le seul élu présent à Amiens.
Est-ce que vous connaissez dans l’histoire un mouvement de 230.000 personnes. On n’a pas l’argent des partis politiques. Il n’y a pas de grands donateurs. 97% des gens ont donné entre 30 et 50 euros.
Dominique Perben a fait référence au Général De Gaulle. Emmanuel Macron a eu raison de dire «est ce qu’on se demande si je vais passer une bonne journée de droite ou de gauche. Non les gens veulent passer une bonne journée. Que l’on crée des emplois, de la richesse, que l’on protège les gens, que l’on libère les énergies.
On lui reproche la jeunesse. On nous dit que c’est une bulle. On nous dit qu’il est à la solde des riches. Où est l’espace de la réussite dans notre pays ?
Une des grandes forces d’Emmanuel Macron c’est qu’il sait gérer le temps. Son programme n’est ni provocateur ni emballant. Moi un programme qui change les choses, qui est révolutionnaire et que l’on ne peut pas tenir financièrement, ce n’est pas un programme.
Le sien tient dans six grands chantiers.
Emmanuel Macron dit libérer et protéger. Libérer les énergies pour avoir plus de souplesse dans le code du travail, en enlevant 6% de charges pour le rendre plus compétitif. Mais aussi protéger avec des droits supplémentaires pour le chômage. Est-ce que c’est révolutionnaire de le permettre pour les artisans.
Quand le Général De Gaulle a créé la retraite a 65 ans, l’espérance de vie était de 62 ans.
Il dit qu’il va supprimer les 70 régimes spéciaux. Personne n’a jamais pu le faire.
Le programme est pérenne.
Les rencontres d’Emmanuel Macron en Allemagne et en Angleterre ont montré qu’il a une stature internationale.
J’ai été étonné que le Maire de Dijon laisse croire que l’on est toujours dans le passé. Penser que l’on pourra trouver des accords d’appareils, c’est passer par pertes et profits tout ce que l’on a fait depuis deux ans.
Non il ne peut pas y avoir des accords programmatiques. Emmanuel Macron, tout le monde croit et dit qu’il n’aura pas de majorité. J’ai entendu cela en 1981. J’ai vu arriver les instituteurs et professeurs avec des barbes. On nous dit «vous aurez besoin de nous».
Emmanuel Macron, c’est Kennedy. Mais le soir de son élection, avec un Président de 39 ans, qui ne sera pas dans l’entre soi des partis politiques classiques, alors je suis sûr que ce jour là il dira j’ai un projet, un programme. Si Macron est élu, je vous le dis, il aura une majorité.
Je ne crois pas aux hommes providentiels, mais aux hommes hors du commun».

Un chalonnais :
«De nombres chalonnais, Monsieur Perben, sont étonnés de vous voir auprès de Macron.
Votre candidat est une marionnette aux mains des lobbys financiers.  Vous avez contribué à l’assassinat politique de Fillon, avec la presse de gauche».
Réponse de Dominique Perben :
«Je suis surpris de votre médiocrité. J’étais élu d’une excellente circonscription, mais j’ai décidé de mettre un nouveau cap à ma vie. Oui j’ai été garde des sceaux et des parlementaires de droite et de gauche considèrent plutôt bien mon bilan.
La façon dont François Fillon met en cause la justice est inadmissible, pour une histoire irréaliste. Il met en cause l’honneur des magistrats. Un homme politique qui n’a plus de mandat est quelqu’un qui doit réfléchir. Je n’ai pas décidé cela en trois jours. J’ai été 40 ans dans la vie politique et il y a des choses que je n’admets pas. J’ai vu en 2002 comment on s’est enlisé dans l’action. Chirac il avait une base de 20%. Son erreur a été de ne pas ouvrir le jeu, pour construire une majorité plus puissante.
Je souhaite que mon choix soit partagé. On doit bien comprendre que si on n’a pas fait les réformes, ce n’est pas parce qu’on avait des programmes trop timides. 500.000 fonctionnaires en moins il ne pourra pas le faire.
Le seul qui est capable de faire une grande majorité nouvelle c’est Macron. Regardez, il y a des choses que l’on peut trouver dans plusieurs programmes. Les Chalonnais se souviennent que je n’ai jamais créé des antagonismes dans la population chalonnaise.
Réponse de François Patriat :
Je ne me suis pas permis des attaques. François Fillon a gagné la Primaire sur un programme qu’il est en train de raboter, morceau par morceau. Il ne pourra pas l’appliquer.
Monsieur vous ignorez les 100.000 marcheurs, les 100.000 français qui ont permis.
J’ai été élu la même année que François Fillon. Quand j’ai été élu, j’ai arrêté mon métier. En 1981 je n’ai engagé ni femme, ni ma fille. On m’a proposé des cadeaux, je ne les ai jamais acceptés. Faire confiance à quelqu’un qui vous dit je gagne 25.000 boules et je n’arrive pas à économiser, je ne peux pas…»

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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