Politique

Raphaël Gauvain - député de la 5e circonscription de Saône et Loire - " Depuis un an, je ne peux pas faire 10 mètres dans Chalon sans que quelqu’un m’interpelle sur les futures échéances municipales. "

En cette rentrée scolaire qui se profile, le député de la circonscription Chalon-Montceau répond aux questions d'info-chalon.com.

Après un été compliqué autour du cas Benalla, la rentrée s’annonce dense en termes d’activités parlementaires. Vous pouvez nous en dire un peu plus sur la loi Pacte et la réforme parlementaire et quels impacts concrets pour les concitoyens ? 

PACTE doit donner aux entreprises les moyens de grandir et de créer des emplois. C’est le résultat de plus d’un an de consultation. Le projet de loi comporte au total 70 articles avec, parmi les mesures les plus emblématiques, la simplification de la vie de nos entreprises et la relance de la participation. 

Nous allons par exemple alléger les obligations liées aux seuils afin de créer un nouvel environnement juridique plus favorable au PME. Autre mesure concrète, la facilitation des accords d'intéressement. Aujourd'hui, si un chef d'entreprise veut verser 1000€ d'intéressement à ses salariés, cela lui revient à 1200€. En 2019, grâce à Pacte, quand il versera 1200€, le salarié touchera 1200€. Voilà une mesure concrète en faveur des entreprises, de leur salarié et du pouvoir d’achat. 

Concernant la réforme de nos institutions, il s’agit de rendre le Parlement plus fort et plus efficace. Nous allons ainsi revoir la procédure parlementaire instituée en 1958 pour l’adapter à notre temps (plus de pouvoir aux commissions, renforcement des pouvoirs d’analyse et de contrôle, délai d’examen plus raisonnable, encadrement des amendements). Pour être au cœur de la fabrique de la loi depuis un an, je peux vous assurer que cette réforme est indispensable.

Nous allons également baisser le nombre de parlementaires, et donc accroitre leur pouvoir. Parce que c’est la rareté qui fait la puissance. Les parlementaires sont aujourd’hui libérés de la pratique du cumul avec un exécutif local. Il dispose de plus de temps, et pourrons donc demain travailler sur des circonscriptions plus vastes. Nous devrions ainsi concrètement passer en Saône et Loire de 5 à 3 députés et de 3 à 2 sénateurs.  

Sur ce sujet, les oppositions sont de mauvaise foi. Pendant la campagne présidentielle, tous les candidats s’étaient engagés à faire cette réforme. En février dernier, le groupe Les Républicains a même déposé une proposition de loi pour abaisser d’un tiers le nombre des parlementaires. Et aujourd’hui, ils hurlent à l’abaissement du rôle du Parlement et au danger pour la démocratie. Ce n’est pas sérieux. 

Gauche comme droite ont dénoncé la gestion de la commission « d’enquête » de l’Assemblée Nationale. Avez-vous le sentiment que tout a été dit et fait ? 

Cette affaire Benalla relève de la manipulation. Je l’ai déjà dit, c’est beaucoup de bruit pour rien. Les auditions à l’Assemblée fin juillet ont permis de démontrer qu’il s'agit à l'évidence d'une dérive individuelle d'un collaborateur, et d'une défaillance des services de la Préfecture de Police de Paris. Il n'y a pas de police parallèle à l'Élysée. Pas de barbouzerie, pas d'homme politique engagé. Pas d'affaire d'État. 

Retour de l’inflation, création d’emplois pas forcément à la hauteur attendue, que répondez-vous aux acteurs économiques ? 

Nous engageons depuis un an des réformes structurelles importantes en matières économiques et sociales. Des réformes que les précédentes majorités, malgré des engagements électoraux clairs, ont été dans l’incapacité d’adopter. Regardez la SNCF, le Code du travail, l’apprentissage, la refonte de l’ISF et la fiscalité de l’investissement pour citer les plus importantes. Regardez le travail déjà accompli depuis un an. Cette année, outre la loi Pacte, nous allons aborder avec la même détermination les réformes de l’assurance chômage et des retraites. Avec un même objectif, valoriser le travail.

Parce que ce sont des réformes de fond, elles prennent nécessairement du temps pour produire pleinement leurs effets. Au minimum 18 à 36 mois, peut-être plus. Les acteurs économiques le savent. Tous ceux que je rencontre le reconnaissent et me le disent : il faut continuer. 

La France connait depuis quelques années la révolution technologique. Elle est confrontée à la mondialisation, au vieillissement. Des transformations en œuvre beaucoup plus profondes que la volonté de tel ou tel gouvernement. Il s’agit pour nous de réformer pour préparer notre pays à ces bouleversements. De le rendre plus fort dans un monde toujours plus dangereux et instable.

Elections européennes, sénatoriales puis municipales, êtes-vous sur les rangs ? 

Je suis aujourd’hui à 100% engagé dans mon mandat parlementaire et n’ai pas d’autres ambitions. Mon programme pour cette année est particulièrement chargé avec le suivi des lois antiterroriste et la mission que vient de me confier le Premier Ministre. Cela s’ajoute aux projets de loi sur lesquels le Groupe LaRem m’a demandé de travailler : loi Pacte, fraude fiscale, réforme constitutionnelle et loi Justice. 

Sur le terrain, je suis à l’écoute. Car pour bien légiférer, il faut partir du terrain. Mon agenda de permanence parlementaire itinérante et de rencontre avec les maires de la circonscription est quasiment bouclé jusqu’en décembre. Je vais également dans les prochaines semaines aller à la rencontre d’associations et d’entreprises sur les projets de loi en discussion. Avec la même méthode que celle adoptée au printemps dernier avec les professionnels de la Justice pour la venue de la Ministre (Nicole Belloubet). Pour mener ce travail indispensable sur le terrain, je suis épaulé par ma suppléante et une équipe de 3 collaborateurs, et je peux vous dire que ce n’est pas de trop.

Plus localement, selon plusieurs sources vous frappez à différentes portes, différents élus actuels toute sensibilité, anciens élus pour les prochaines municipales, LREM entend toujours ravir Chalon-sur-Saône à Gilles Platret ? 

Il y a surtout beaucoup d’élus qui viennent frapper à ma porte ! Depuis un an, je ne peux pas faire 10 mètres dans Chalon sans que quelqu’un m’interpelle sur les futures échéances municipales. 

Je ressens un fort besoin de renouvellement face à une arrogance et un sectarisme qui ne fait aujourd’hui que dresser les uns contre les autres. Il faut faire travailler ensemble des femmes et des hommes qui mettent l’intérêt de Chalon au-dessus de leurs propres intérêts et de leurs intérêts partisans. C’est ce projet de rassemblement que nous porterons demain avec les Marcheurs.

Propos recueillis par Laurent Guillaumé - Info-chalon.com

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