Politique

Monsieur Mélenchon... On se détend !

Le sentiment d'info-chalon.com

Les images des perquisitions menées ce mardi chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de France Insoumise, diffusées par Jean-Luc Mélenchon lui-même et par les journalistes de Quotidien laissent un goût étrange. Fallait-il mener ses perquisitions dans le cadre des enquêtes ouvertes sur la question d'emplois présumés fictifs ? La question finalement serait de s'interroger sur le fait qu'un parti politique est-il au-dessus des lois de la République ? Sans doute qu'il y aura à dire dans la collecte et le traitement des données internes à un parti avec la main basse des noms et adresses des militants et sympathisants, sans doute que la procédure légale sera épluchée dans ses moindres détails et espérons pour les officiers de police judiciaire présents sur place ce jour là que tout eut été fait mené dans le respect strict des procédures en cours. 

Reste que les propos de jean-Luc Mélenchon ne sont pas sans nous rappeler ceux prononcés il y a quelques semaines par Marine Le Pen ou Jean-Marie Le Pen à l'occasion de différentes interventions de la justice. D'ailleurs dès ce mardi soir, Marine Le Pen s'est offusquée des procédés menés à l'égard de Jean Luc Mélenchon, alors même que c'est elle qui se trouve étroitement liée à la procédure en cours. Un vrai théatre de Guignol en quelque sorte. 

En attendant, rappelons que l’immunité parlementaire est consacrée à l’article 26 de la Constitution. On y lit qu’ « aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions » et qu’ « aucun membre du Parlement ne peut faire l’objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d’une arrestation ou de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté qu’avec l’autorisation du Bureau de l’assemblée dont il fait partie ». Une exception est faite en cas de  « crime ou délit flagrant ou de condamnation définitive ». Une immunité qui n'interdit pas pour autant des perquisitions à son domicile, autorisées par le juge des libertés... et ce d'autant plus que Jean-Luc Mélenchon n'est pas le responsable légal de France Insoumise. 

Jean-Luc Mélenchon a rappelé que ses comptes de campagne lors de l’élection présidentielle de 2017 avaient été validés. La fameuse Commission Nationale des Comptes de Campagne a d'ailleurs approuvé les comptes de tous les candidats y compris Emmanuel Macron. Pour autant, l'organe de contrôle des comptes de campagne a précisé la nature de dépenses considérées comme litigieuses.  Au printemps dernier, la Commission a signalé à la justice des prestations "intellectuelles" et "matérielles" facturées 440 000 euros par une association "L'ère du peuple" dirigée par actuellement par deux députés France Insoumise, ou encore des des prestations réalisées par Mediascop, la société de Sophia Chikirou, chargée de la communication du candidat durant la campagne, pour un coût de 1,61 million d’euros.

Compte tenu d'un certain nombre d'éléments, le Parquet de Paris a décidé l'ouverture d'une enquête préliminaire à la suite de ce signalement afin de procéder à des vérifications sur une éventuelle violation des règles sur le financement des campagnes électorales 

Les accusations de "police politique", "état dictatorial", "de museler l'opposition" peuvent dès lors apparaître comme à prendre avec beaucoup de distances dans un contexte où toute la lumière n'a pas encore été faite sur le financement de la campagne électorale. Pour autant, il est à préciser que la lumière devra être faite aussi tôt ou tard sur le financement de la campagne électorale des autres candidats et pas des moindres. 

Laurent Guillaumé

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