Pour Sylvie Trapon, un mandat plus serein à Rully

Sylvie Trapon est restée elle-même : une femme d’action, naturelle et efficace, qui a beaucoup appris de l’art de l’écoute et des bénéfices de la patience. Une patience obstinée, qui ne lâche rien aux aléas des projets fixés.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous présenter au mandat de maire ?

Je ne peux pas passer sous silence mon arrivée imprévue aux fonctions de maire en 2015, à la suite de la démission surprise de Marc Sonnet, 15 mois après avoir été élu maire. Ça a été un épisode douloureux : j’étais 1re adjointe et rien ne m’avait préparée à prendre ces fonctions au pied levé. J’avais mes enfants à la maison, mon travail… On peut dire que ça s’est imposé à moi et je vous assure qu’il a fallu du temps pour l’intégrer.

Il n’y a pas de comparaison possible avec ce mandat, qui se passe naturellement. Les enfants sont grands et je m’y suis préparée.

Ce qui m’a poussée à me présenter ? La passion, toute l’énergie que nous avons déployée pour mettre en place les projets pour Rully. Et l’équipe soudée qui m’entoure. On ne part jamais seule.

 
Quelle est votre idée sur le rôle de maire ?

En premier lieu, il faut être un initiateur de projets réalistes. Réalistes en termes financiers bien sûr, et en termes de réponse à un réel besoin. En cela, il ne faut jamais se couper des demandes des habitants et s’assurer qu’elles sont pertinentes. Et apprendre, aussi, à prendre son temps et à s’adapter à la lenteur administrative d’une mairie. Ce que j’ai dû faire puisque ce n’était pas dans mon tempérament.

Par ailleurs, le maire est un réconciliateur, il doit savoir apaiser les tensions. Les problèmes de voisinage font majoritairement l’objet de plaintes. On constate la difficulté croissante des gens à vivre ensemble. Autrefois, on se parlait sans doute davantage, on dialoguait pour résoudre les problèmes. Aujourd’hui, on sent que les relations humaines reposent sur des bases fragiles. On n’échange plus, on va directement en référer au maire. Alors je les écoute, et je dois parfois leur rappeler que « la fée Mairie ne peut pas tout »…

En ce qui concerne les tensions, je crois qu’être une femme maire est un atout. On ne parle pas à une femme avec l’agressivité que certains se permettent face à un homme. Ça désamorce les conflits.

L’équipe municipale, renouvelée à 50 % ?

En effet, et ce qui est motivant, c’est que j’ai choisi ces nouveaux élus. Ce sont des énergies nouvelles, qui nous portent et nous bousculent parfois, pour le meilleur. Notre plus jeune conseillère, Lucie, est à l’école de gendarmerie. Anaïs, elle, a une autre approche dans la communication. Mais les forces vives du conseil reposent surtout sur les jeunes retraités : ils sont encore dans l’action et leur nouvelle disponibilité est précieuse.

Je suis très reconnaissante au noyau dur des élus du mandat précédent qui poursuivent avec moi. Je sais que je peux compter sur chacun d’eux. Et c’est bien l’état d’esprit de ce mandat : je délègue parce que j’ai confiance dans leur travail et pour eux, c’est l’assurance de s’investir pleinement. C’est pourquoi j’ai nommé un conseiller délégué à chacun des 5 adjoints.

Rully compte 1 500 habitants. Afin qu’il ait un interlocuteur « privilégié », chaque quartier a son référent parmi les élus, et son numéro de portable. C’est une manière de rendre plus personnelle l’écoute des Ruyllotins.

Quels sont les atouts de Rully ?

Il y en a beaucoup ! Et d’abord, l’environnement est magnifique : c’est un village doté d’un riche patrimoine architectural, niché au cœur des vignobles.

Au-delà des belles demeures en pierre, on ne peut oublier le château médiéval, dont l’histoire est très fortement liée à celle de Rully. Il se visite toute l’année grâce au travail de ses propriétaires, Claire et Raoul de Ternay, descendant de la famille de Montessus. Nous avons aussi le château Saint-Michel, plus récent.

Rully compte un grand nombre de familles de vignerons. C’est le berceau du Crémant de Bourgogne : nous avons deux fleurons de cette appellation.

Le canal du centre amène son lot de touristes et la proximité de Chagny, à 2 km, offre tous les services à proximité.

Quelles sont les actions prioritaires de la municipalité ?

La richesse patrimoniale de Rully est considérable, mais nombre de bâtiments anciens n’ont pas connu de rénovation depuis plus de 50 ans. Nous avons donc commencé, sous le mandat précédent, une planification des rénovations en 3 phases. Ce sont des travaux coûteux, mais nécessaires.

L’ancienne salle des fêtes, située au centre de la commune, requalifiée en salle des associations, sera rénovée. Cette ancienne halle est très utilisée aujourd’hui, mais ses normes sont obsolètes. C’est donc une priorité.

Puis nous lancerons la rénovation de la bibliothèque — dont je salue l’engagement des bénévoles — en ajoutant peut-être un service médiathèque puis nous poursuivrons la rénovation des logements municipaux en vue de la location.

Par ailleurs, nous conservons le projet de construire une résidence Sénior avec le partenaire national MARPA. Nous souhaitons qu’il y ait une salle commune pour se retrouver autour d’activités et, si cela est réalisable, une microcrèche pour favoriser le lien intergénérationnel. Rully compte entre 200 et 300 habitants de plus de 70 ans. Beaucoup souhaiteront rester dans leur village, c’est pourquoi ce genre de structure est un réel besoin. Créer un espace numérique pour accompagner les gens dans leurs démarches administratives est également à l’étude.

Pour les enfants, nous allons créer un petit parc juste à côté de l’école, avec des jeux dédiés aux petits accompagnés d’un adulte.

Quant aux ados, il faut aussi leur proposer des activités et des lieux pour se retrouver, surtout à la campagne. Il y a 2 ans, nous avons fait un skate parc et je crois qu’il est apprécié. Nous réfléchissons à étoffer l’offre de l’espace sportif, pourquoi pas par un city stade multisports.

Nous ne voulons laisser aucune génération de côté.

Qu’attendez-vous de l’intercommunalité et du rôle du Grand Chalon pour votre commune ?

Je n’ai jamais connu Rully en dehors de l’intercommunalité et j’avoue que j’ai peine à le concevoir : on ne peut pas gérer une commune en autarcie. L’appui juridique, administratif et financier est des leviers qui nous incitent à investir, donc à créer des emplois locaux.

Je suis vice-présidente du numérique au Grand Chalon et je constate que le président, Sébastien Martin, a vraiment le sens de l’intérêt général et le souci de trouver des solutions aux communes rurales.

Propos recueillis par Nathalie DUNAND
[email protected]

 

 

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